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LA GARDE : Victoire du 8 mai 1945 – Un devoir de mémoire face à la « normalisation du mal »

À La Garde, près de Toulon, la commémoration du 8 mai 1945 a été l’occasion d’un vibrant plaidoyer pour la paix et la démocratie.

La ville de La Garde célèbre ce vendredi 8 mai 2026 le 81ème anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie. Au-delà du traditionnel recueillement en présence des élus, des anciens combattants et des corps constitués, la cérémonie a été marquée par un discours officiel puissant, liant le souvenir du conflit à la vigilance requise face aux menaces contemporaines.

Une victoire née de la nuit et de l’espérance

Le discours a d’emblée rappelé la portée de cet événement historique, qualifié non seulement de victoire, mais aussi de « cicatrice dans notre mémoire collective ». L’orateur a évoqué les six années de guerre totale qui ont plongé le monde dans l’abîme, la débâcle française de 1940 et la collaboration du régime de Vichy. Face à cette « faillite profonde et humiliante », l’espoir fut incarné par la figure du Général de Gaulle et son appel du 18 juin.

« Peu entendu lors de sa diffusion sur les ondes de la BBC, son discours deviendra le symbole de la France libre et de la Résistance », a-t-il été rappelé, soulignant que cet esprit fut le moteur d’une longue et douloureuse reconquête. « Considéré au départ comme un fol espoir, il gagna chaque jour en vigueur, accompagnant les forces françaises libres et alliées dans le désert brûlant de Bir Hakeim, sur les versants du Monte Cassino, sur les plages de Normandie et de Provence ».

« Plus jamais cela » : la genèse de l’Europe

La victoire de 1945, acquise au prix de millions de morts et de destructions sans précédent, a donné naissance à une conviction fondatrice : « plus jamais cela ». C’est sur ce postulat qu’a été bâti le projet européen, une ambition qualifiée de « presque irréelle à l’époque ».

« C’est sur les cendres de cette guerre qu’a germé un projet immense, audacieux […] celui d’une Europe unie. Une Europe non pas des conquêtes, mais de la paix », a insisté l’élu. L’espoir européen imaginé par Robert Schuman est ainsi présenté comme « l’un des héritages les plus précieux de 1945 », un rappel que l’humanité peut se relever et construire, même après avoir connu l’abîme.

Un avertissement face à la « banalisation du mal »

Le discours a ensuite pris une tournure résolument contemporaine, analysant la Seconde Guerre mondiale comme la conséquence d’une « dérive idéologique profonde » et d’un « renoncement progressif à la raison ». Citant la philosophe Hannah Arendt et son concept de « banalisation du mal », l’orateur a mis en garde contre les processus qui amènent des hommes ordinaires à accepter l’inacceptable.

Pour illustrer ce glissement, le discours a longuement repris le célèbre poème du pasteur Martin Niemöller, rescapé des camps de concentration :

« Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste. Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste. Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester ».

Faisant un parallèle direct avec notre époque, le discours a établi un lien entre le passé et le présent : « la banalisation s’appelle aujourd’hui normalisation et dédiabolisation ». Face au retour de la guerre en Ukraine, à l’« outrageance trumpienne et les discours populistes », l’histoire se doit d’être un avertissement. « A chaque fois que la démocratie s’effrite, de nouveaux artisans du chaos émergent. […] Lorsque les nations commencent à se haïr, le tonnerre de la guerre ne gronde jamais loin ».

De la mémoire à l’action locale

En conclusion, l’élu a souligné la responsabilité collective de défendre les valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité, sauvées au prix du sang. Cet engagement se traduit localement par l’implication de la commune dans le projet des « routes varoises de la liberté », mené en collaboration avec les associations patriotiques, les anciens combattants, mais aussi le conseil municipal des jeunes et les établissements scolaires.

« Être héritier, ce n’est pas seulement recevoir. C’est aussi transmettre. Transmettre la mémoire, transmettre les valeurs, transmettre cette exigence morale qui nous oblige », a-t-il conclu, appelant à construire un avenir digne du combat mené pour la liberté.

via Press Agence.