Passer au contenu principal

LA FARLEDE : Jean-Marc MONTAGNAC : « L’heure n’…

Partager :

LA FARLEDE : Jean-Marc MONTAGNAC : « L’heure n’est plus aux constats mais à l’action »

Face à la hausse du carburant, les transporteurs de la région PACA prévoient des actions graduelles dès le 1er avril contre l’inertie de l’État.

Le cri d’alarme est désormais un cri de guerre économique. À Toulon, au siège de l’OTRE PACA, comme dans l’ensemble des structures représentatives de la filière en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le ton a changé. Ce vendredi 27 mars 2026, la FNTR Sud Provence-Alpes-Corse, la FNTR Alpes-Maritimes et Var et l’OTRE PACA sortent du silence pour dénoncer une situation devenue intenable pour des milliers d’entreprises locales. Face à ce qu’ils qualifient d’inaction persistante du Gouvernement, les transporteurs routiers s’organisent pour passer à l’offensive.

Une profession au bord de la rupture économique

Depuis plusieurs semaines, les signaux d’alerte se multiplient sans trouver d’écho auprès des pouvoirs publics. Pour les professionnels du secteur, le transport routier ne peut être considéré comme une variable d’ajustement. « C’est l’ossature de l’économie. Sans lui, les chaînes d’approvisionnement s’arrêtent, les entreprises ralentissent, le pays se grippe », rappellent les organisations syndicales. La réalité du terrain est aujourd’hui marquée par une explosion généralisée des coûts d’exploitation qui menace la survie même des transporteurs.

Le carburant reste le principal moteur de cette crise, mais il n’est pas le seul. C’est l’ensemble des charges qui suit une courbe ascendante vertigineuse : le prix des pneumatiques, l’AdBlue, les pièces de rechange et l’entretien général des flottes. Chaque kilomètre parcouru aggrave une équation financière qui, pour beaucoup de petites et moyennes entreprises de la région, n’a plus de solution viable. Pour la profession, attendre n’est plus une option stratégique, mais une véritable condamnation à court terme.

L’insuffisance des réponses gouvernementales

Le ressentiment des transporteurs est d’autant plus vif que les réponses apportées jusqu’ici par l’État sont jugées déconnectées des réalités opérationnelles. Les dispositifs de reports de charges sociales et fiscales sont particulièrement critiqués. Loin de résoudre le problème de fond, ces mesures ne feraient que repousser des échéances inéluctables, tout en alourdissant l’endettement des sociétés déjà fragilisées par les crises successives.

L’incompréhension est également nourrie par la comparaison avec les pays voisins.

« Pendant que nos voisins européens agissent vite et fort, la France tergiverse. Elle abandonne les siens à une concurrence faussée sur leur propre territoire ! », fustigent les représentants du secteur.

Cette inertie est perçue comme un danger immédiat pour la compétitivité française, plaçant les entreprises locales dans une situation d’infériorité face à des transporteurs étrangers bénéficiant de soutiens nationaux plus robustes.

Quatre leviers d’urgence pour sauver le transport routier

Pour sortir de l’impasse, l’OTRE PACA (http://www.otrepaca.fr) et la FNTR (https://www.fntr.fr/paca) exigent des décisions concrètes et immédiates.

Leur plateforme de revendications s’articule autour de quatre mesures jugées vitales pour la préservation des emplois et de l’activité sur le territoire :

  1. La mise en place d’une aide forfaitaire directe par véhicule, dont le mécanisme doit être simple et la distribution rapide.
  2. Une instruction claire donnée aux établissements bancaires pour suspendre les échéances de prêts et de crédit-bail.
  3. L’application d’une remise immédiate et ciblée sur les prix du carburant à la pompe ou à la cuve.
  4. Une augmentation immédiate du remboursement de la TIPCE pendant toute la durée de la crise énergétique.

« Ces mesures sont vitales. Pour nos entreprises. Pour nos emplois. Pour notre territoire », martèlent les signataires du communiqué commun.

Vers une montée en puissance de la mobilisation dès le 1er avril

Face à ce qu’ils considèrent comme une fin de non-recevoir tacite, les transporteurs de la région Sud ont décidé de changer de méthode. Si le dialogue reste officiellement ouvert, la menace de blocages ou d’opérations coup-de-poing se précise. Différentes modalités d’actions graduelles sont actuellement à l’étude, avec un début de mobilisation programmé pour le 1er avril.

Les responsables syndicaux, notamment Jean-Marc Montagnac pour l’OTRE PACA, Nathalie Lutman pour la FNTR Sud et Vincent Parinaud pour la FNTR Alpes-Maritimes & Var, appellent l’ensemble des professionnels à se tenir prêts. « L’heure est aux décisions, plus aux discours », concluent-ils.

Les transporteurs souhaitant rejoindre le mouvement sont invités à s’inscrire via les portails officiels des organisations, notamment sur le site de la FNTR Alpes-Maritimes (https://www.fntr.fr/alpes-maritimes).

L’OTRE (https://www.otre.org/) rappelle que la solidarité de la filière sera la clé du rapport de force engagé avec les autorités nationales.

Photo PRESSE AGENCE – LA GAZETTE DU VAR.