LA CRAU : Bernard DERRO : « Je veux recréer le lien avec le…
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LA CRAU : Bernard DERRO : « Je veux recréer le lien avec les habitants »
Devant ses soutiens, Bernard DERRO, tête de liste soutenue par le RN, a dévoilé ses priorités pour un « changement urgent » à La Crau.
C’est dans une salle comble que Bernard DERRO, tête de liste pour les élections municipales à La Crau, a tenu sa première réunion publique, entouré de plusieurs figures locales et départementales du Rassemblement National. Devant un public conquis, le candidat a plaidé pour un « changement urgent », tant au niveau local que national, en dénonçant la gestion actuelle et en présentant un programme axé sur la sécurité, les transports et le pouvoir d’achat.

Un « changement urgent » face aux « dynasties locales ».
Introduit par le député de la circonscription, le premier intervenant a immédiatement placé l’enjeu au-delà des simples frontières communales.
« Le changement, si on veut du changement au niveau national, il faut qu’il commence au niveau local », a-t-il lancé, après avoir dressé un bilan très critique de la politique du gouvernement.
« Sur aucun sujet, ça ne marche pas », a-t-il martelé, citant les défaillances de l’Éducation nationale, du système de santé avec « 30 000 lits d’hôpitaux qui ont été supprimés en sept ans », et de la sécurité.
Il a ensuite fustigé les « dynasties » politiques locales, citant les maires de La Londe-les-Maures, de La Garde et de La Crau.
« Ici, il y a des dynasties », a-t-il affirmé, soulignant que le père du maire actuel de La Crau avait également dirigé la commune pendant près de 30 ans.
C’est dans ce contexte qu’il a salué le courage de Bernard DERRO pour avoir réussi à « monter une liste en quelques semaines ».
Un « Craurois de souche » contre la « monarchie ».
Se présentant comme un « Craurois de souche » né à La Moutonne, Bernard DERRO, 47 ans, artisan, marié et père de deux enfants, a axé son propos sur la nécessité de restaurer le dialogue avec les habitants.
« J’ai vu beaucoup de choses changer dans ma vie, c’était un petit village, on est maintenant presque 20 000 habitants. La seule chose que j’ai pas vraiment vu changer, c’est notre maire », a-t-il ironisé.
Il a dénoncé ce qu’il qualifie de « monarchie » : « On s’est mis dans la tête qu’il savait lui ce que voulaient les Craurois, et de faire ce que lui avait envie ».
Face à ce constat d’une ville aux « 45 quartiers » où les habitants se sentent « mis de côté, un peu isolés », le candidat a promis de « recréer ce lien » en instaurant notamment des élus délégués par quartier.

Sécurité, transports et pouvoir d’achat : les trois axes de campagne.
Bernard DERRO a détaillé trois priorités. En matière de sécurité, il a pointé les « 250 cambriolages par an » et l’inefficacité des caméras de surveillance, « sur les ronds-points » mais pas à l’entrée des quartiers.
Il propose de reconstruire un poste de police municipale moderne et de réaffecter les agents à des missions de terrain plutôt qu’au seul contrôle du stationnement.
Concernant les transports, il a déploré « qu’une seule ligne » pour une commune très étendue, rendant les déplacements difficiles, notamment pour les lycéens. Il souhaite mettre en place un système de bus à la demande et ouvrir des mairies annexes, dont une à La Moutonne.
Enfin, sur le pouvoir d’achat, le candidat a proposé de créer une mutuelle communale et de négocier des contrats groupés pour l’énergie, afin de « faire baisser la facture ».
Il s’est également engagé à réduire les frais de représentation du maire, chiffrés à 9 600 euros par an.
Un enjeu métropolitain et national.
Présent pour soutenir le candidat, Frank Giletti, député et délégué départemental du RN, a rappelé l’importance stratégique de cette élection.
« La Crau fait partie de TPM [Toulon Provence Méditerranée]. On a une chance historique, dans trois semaines, c’est que cette grande métropole puisse basculer entre nos mains », a-t-il déclaré, soulignant que « chaque voix, chaque siège » comptera.
Le principal adversaire, selon Bernard DERRO, reste l’abstention, qui a atteint 60,5 % en 2020 à La Crau. Mobiliser les électeurs est donc l’objectif numéro un de ces trois dernières semaines de campagne.
Le témoignage d’un artisan « honteux d’être Français ».
Un artisan présent dans la salle a pris la parole pour livrer un témoignage poignant, illustrant le ras-le-bol ambiant.
« Moi, j’ai 62 ans, j’ai de plus en plus honte d’être Français avec un gouvernement macroniste et tout ce qu’on subit. J’envisage réellement de partir de France, de partir de mon pays, parce que je ne supporte plus tout ce qui se passe », a-t-il confié, dénonçant la pression fiscale : « un artisan donne, sur un euro gagné, 50 centimes à l’État, pour faire ce qu’ils en font, c’est-à-dire que tous les services publics sont en train de tomber ». Pour lui, la solution passe par des audits et une gestion « en bon père de famille », tout en s’attaquant à une « corruption systémique ».
Un discours qui a trouvé un large écho dans l’assistance.
Photos Alain BLANCHOT – PRESSE AGENCE – LA GAZETTE DU VAR.