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KRIBI : Léandre Bassolé : « Changer de paradigme pour passer à une culture de résultats »

À Kribi, ville portuaire du sud du Cameroun, le gouvernement et la Banque africaine de développement ont validé un plan d’action pour redresser la performance des projets.

Un vent de changement souffle sur la coopération entre le Cameroun et le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD). Au terme de la 55ᵉ revue de leur portefeuille commun, qui s’est tenue du 23 au 26 février 2026 à Kribi, les deux partenaires ont adopté un plan d’action conjoint visant à insuffler une nouvelle dynamique dans l’exécution des projets financés par l’institution panafricaine. Cette revue, qualifiée de « moment clé du dialogue stratégique », marque une volonté de rupture avec les méthodes passées pour accélérer la mise en œuvre des opérations et maximiser leur impact sur les populations.

Un impératif politique et social

L’enjeu derrière cette initiative est de taille, comme l’a rappelé Bouba Haman, préfet du département de l’Océan, qui représentait le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire. Il a souligné l’urgence de passer à la vitesse supérieure pour répondre aux attentes des citoyens. « Ces travaux visent un objectif politique et social majeur : améliorer le taux d’absorption des financements. Chaque projet qui prend du retard est un service public dont les populations sont privées. Nous avons le devoir de gérer ces ressources avec la plus grande transparence et une rigueur budgétaire sans faille », a-t-il signifié à l’ouverture des travaux, souhaitant que cet exercice stratégique devienne plus régulier.

« Changer de paradigme » : vers une culture du résultat

Abondant dans le même sens, le directeur général du Groupe de la Banque pour l’Afrique centrale a appelé à une transformation profonde des mentalités et des processus. Pour Léandre Bassolé, il est temps de dépasser la simple logique administrative pour se concentrer sur les objectifs finaux. « Nous sommes ici pour regarder la réalité en face, sans complaisance, mais aussi sans esprit de reproche, avec un seul objectif : améliorer durablement la performance de nos projets et programmes », a-t-il déclaré.

Il a ensuite détaillé sa vision d’une nouvelle approche. « Changer de paradigme signifie passer d’une logique de procédures à une culture de résultats ; d’une gestion fragmentée à une responsabilité clairement assumée ; et d’un suivi ponctuel à un pilotage rigoureux et continu de la performance », a poursuivi M. Bassolé.

Des mesures concrètes pour renforcer la performance

Le plan d’action validé se veut pragmatique et orienté vers des solutions concrètes. Il met un accent particulier sur le renforcement de la redevabilité à tous les niveaux. Des contrats de performance seront désormais instaurés entre les coordonnateurs des projets, les ministères sectoriels et le ministère de l’Économie (MINEPAT). Le suivi sera également intensifié avec la tenue de revues sectorielles mensuelles destinées à anticiper et résoudre les blocages, notamment dans les procédures d’acquisition et de décaissement des fonds.

Parmi les actions prioritaires identifiées figurent le traitement urgent des projets signés mais n’ayant reçu aucun décaissement depuis plus de quinze mois, ainsi qu’un suivi rigoureux des opérations en alerte de clôture. Les décisions concernant d’éventuelles extensions ou annulations partielles de financements devront être prises plus rapidement. Enfin, un renforcement des capacités des unités de gestion de projets est prévu, axé sur les règles et procédures de la Banque, notamment en matière de sauvegardes environnementales et sociales et de gestion financière.

Les deux parties ont réaffirmé leur engagement commun à faire de ce portefeuille un levier efficace de transformation économique, avec pour finalité une amélioration tangible et mesurable des conditions de vie des populations camerounaises.

Le Groupe de la Banque africaine de développement (www.AfDB.org) est la principale institution de financement du développement en Afrique. Il est représenté dans 41 pays africains et contribue au développement économique et au progrès social de ses 54 États membres régionaux.