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KINGSTON (Jamaïque) : Aucune exploitation minière en eaux profondes n’est approuvée, malgré les efforts continus pour démarrer une industrie en faillite
La réunion du Conseil de l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) s’est conclue sans décision d’adopter un code minier, réaffirmant que l’exploitation minière ne devrait pas commencer sans réglementation en place.
Contexte de la réunion
Le Conseil de l’AIFM a conclu sa réunion ce matin (21 juillet 2025) sans décision d’adopter un code minier. Il a également initié une enquête sur les actions des filiales de The Metals Company concernant leur demande d’exploitation minière en eaux profondes sous les États-Unis.
Réactions des experts
Sofia Tsenikli, directrice de campagne de la Coalition pour la conservation des fonds marins (CCFM), a déclaré : « L’exploitation minière en eaux profondes s’est déjà révélée être une industrie voyou et toxique, et se précipiter pour exploiter l’océan représente un raccourci vers le désastre. Au lieu de dépenser du temps et de l’argent pour réglementer cette activité hautement dommageable et spéculative, les États doivent urgemment mettre en place un moratoire sur l’extraction et prioriser la recherche scientifique qui peut vraiment nous bénéficier tous. En protégeant les fonds marins – le patrimoine commun de l’humanité – les États peuvent sauvegarder les dernières zones intactes de notre planète et les droits de nos enfants et petits-enfants à vivre sur une planète saine ».
Complexité des enjeux réglementaires
Les discussions des deux dernières semaines ont mis en lumière l’ampleur et la complexité des problèmes réglementaires non résolus et des questions en suspens que la communauté internationale doit aborder, plaçant de nouveaux obstacles devant l’industrie de l’exploitation minière en eaux profondes. Le Conseil a identifié quatre thèmes englobant d’autres questions nécessitant une résolution : les questions environnementales, financières, réglementaires, procédurales et institutionnelles, ainsi que les questions de gouvernance.
Pressions et enquêtes
Pendant ce temps, les gouvernements de l’AIFM sont sous une pression croissante de la part de The Metals Company (TMC), qui continue de poursuivre un plan controversé pour exploiter les eaux internationales de manière unilatérale via les États-Unis, une démarche largement condamnée par les États membres de l’AIFM. En réponse, le Conseil a initié une enquête pour déterminer si les contractants miniers, y compris TMC, respectent leurs obligations légales en vertu de leurs accords existants avec l’AIFM et la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM).
Réactions des experts juridiques
Duncan Currie, conseiller juridique, a déclaré : « Ces étapes juridiques ne sont que les premières pour traiter le chaos causé par les efforts de TMC pour contourner l’AIFM. Un moratoire mondial offre la clarté et la sécurité dont notre océan et notre communauté mondiale ont désespérément besoin. Il renforce le multilatéralisme, aide à prévenir les actions unilatérales, sauvegarde les fonds marins de la destruction et crée un espace pour mener plus de recherches scientifiques nécessaires à une prise de décision éclairée pour le bénéfice de tous. Un moratoire représente un engagement fort en faveur de la précaution, de la prise de décision fondée sur des preuves, de l’équité et de la protection de l’environnement ».
Réactions politiques
Matthew Gianni, co-fondateur et conseiller politique de la CCFM, a déclaré : « L’AIFM a accepté d’initier une enquête et il doit être clair maintenant pour TMC et ses filiales qu’elles courent un risque significatif de perdre leurs contrats d’exploration. L’AIFM est obligée d’agir pour le bénéfice de l’humanité dans son ensemble – le Principe du patrimoine commun – et non pour le bénéfice des entreprises prêtes à saper le droit international pour réaliser un profit au détriment de la santé de notre océan ».
Soutien international
La réunion du Conseil a eu lieu quelques semaines après la 3e Conférence des Nations Unies sur les océans (CNUO) à Nice, où des chefs d’État, des ministres et des leaders du monde entier ont mis en garde contre l’ouverture des fonds marins à l’exploitation minière et ont réaffirmé la nécessité d’un moratoire. Trente-sept gouvernements soutiennent désormais un moratoire, une pause préventive ou une interdiction. Cette semaine, 40 institutions financières, représentant plus de 3,8 billions d’euros d’actifs combinés, ont réaffirmé que l’exploitation minière en eaux profondes ne devrait pas aller de l’avant tant que les risques ne sont pas pleinement compris et que les alternatives ne sont pas entièrement explorées.
Appel à l’action
La CCFM appelle les États membres de l’AIFM à porter cet élan de la CNUO à la réunion de l’Assemblée de la semaine prochaine et à faire avancer un moratoire qui protège l’océan et renforce le multilatéralisme.


