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JOHANNESBURG : NJ AYUK : « Nous refusons de participer à ce…

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JOHANNESBURG : NJ AYUK : « Nous refusons de participer à cette réunion anti-africaine à Londres »

L’industrie pétrolière africaine, soutenue par ses ministres, maintient son boycott du Sommet de l’énergie à Londres sur fond d’accusations de discrimination.

La tension monte autour du prochain Sommet africain de l’énergie prévu à Londres. Le secteur pétrolier du continent, emmené par la Chambre africaine de l’énergie (AEC) (https://EnergyChamber.org), confirme la poursuite d’un boycott à grande échelle de l’événement. En cause, le refus des organisateurs, Frontier Energy Network, de revoir ce que l’AEC qualifie de « politique discriminatoire » à l’encontre des professionnels noirs et de mépris pour le développement du potentiel local. Plusieurs délégations, dont celle de l’industrie pétrolière du Mozambique et des ministres de l’Organisation des producteurs africains de pétrole, ont déjà annulé leur participation.

Un boycott pour dénoncer la discrimination

Le président exécutif de l’AEC, NJ Ayuk, se montre particulièrement ferme face à la position de Frontier, dirigée par Daniel Davidson. Il dénonce une exclusion systémique des voix africaines et des politiques de recrutement jugées discriminatoires. « Notre discours et nos voix comptent. Toute entreprise qui souhaite opérer sur le continent avec une mentalité d’exclusion des Africains est vouée à l’échec. C’est pourquoi les Africains boudent l’Africa Energies Summit 2026 et je me réjouis que les ministres du pétrole à qui j’ai parlé nous aient soutenus en refusant de participer à cette réunion anti-africaine à Londres », a déclaré NJ Ayuk. « Nous remercions les ministres africains pour leur leadership dans la lutte contre ce comportement injuste. »

Le « potentiel local », un enjeu stratégique et économique

Au-delà de la controverse, cet incident met en lumière une priorité absolue pour le continent : le développement du « potentiel local ». Il s’agit d’intégrer et de promouvoir les compétences, les entreprises et la main-d’œuvre locales dans les grands projets énergétiques. De nombreuses initiatives illustrent déjà cette dynamique. En République du Congo, la société Wing Wah investit dans un centre de formation pour qualifier la main-d’œuvre congolaise. La Namibie a récemment approuvé une politique de potentiel local pour ses opérations pétrolières en amont.

L’Oléoduc d’Afrique de l’Est, piloté par TotalEnergies et la China National Offshore Oil Corporation, a fait de ce principe un pilier de son développement, axé sur la formation, l’achat de biens et services locaux et le transfert de technologie. Cette tendance se confirme avec le rachat d’actifs de majors internationales par des entrepreneurs africains, comme l’acquisition par Oando d’un bloc en Angola ou la reprise des actifs de Shell au Nigeria par Renaissance Africa Energy Holdings.

Des projets gaziers exemplaires

Le secteur émergent du gaz naturel est en première ligne. En Tanzanie, le projet de GNL à 42 milliards de dollars d’Equinor intègre des plans de potentiel local en collaboration avec les autorités. Au Sénégal et en Mauritanie, le projet Greater Tortue Ahemyim a déjà permis d’engager plus de 300 entreprises locales et de créer 3 000 emplois. Le Mozambique suit la même voie, avec des projets comme Mozambique LNG qui prévoit de dépenser 4,5 milliards de dollars auprès de prestataires mozambicains. Enfin, l’Afrique du Sud vient de présenter une nouvelle réglementation qui renforce la participation locale obligatoire.

Un appel à la responsabilité de toute l’industrie

NJ Ayuk salue l’engagement des grandes compagnies internationales dans cette démarche. « Les compagnies pétrolières internationales telles qu’ExxonMobil, Chevron, bp et Eni ont été parmi les plus grands défenseurs du potentiel local et des STEM en Afrique. Imaginez si, après tout le travail qu’elles ont accompli, les organisateurs de conférences envoyaient le message que l’industrie n’a pas de place for certaines personnes en raison de la couleur de leur peau ? », s’interroge-t-il, avant d’adresser une critique aux sociétés sismiques. « Elles ont un bilan désastreux en matière d’embauche et de promotion des Africains. J’espère qu’elles changeront ».

L’AEC appelle les producteurs historiques comme l’Angola et le Nigeria à continuer de montrer l’exemple, tout en incitant les marchés émergents tels que la Namibie ou le Libéria à intégrer ces principes dès le départ pour ne pas « partir du mauvais pied ». « Nous ne pouvons pas cesser notre soutien indéfectible à l’industrie pétrolière. Nous devons être à 100 % en faveur du pétrole et du potentiel local », a conclu NJ Ayuk.