JOHANNESBURG : NJ AYUK : « La politique climatique doit ref…
Partager :

JOHANNESBURG : NJ AYUK : « La politique climatique doit refléter notre droit au développement »
La Chambre africaine de l’énergie intervient dans une affaire climatique pour défendre le droit du continent à exploiter ses ressources énergétiques.
La Chambre africaine de l’énergie (AEC) (www.EnergyChamber.org) a officiellement déposé ce mercredi une demande d’admission en tant qu’*amicus curiae* (ami de la cour) dans une procédure consultative historique devant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. Cette démarche stratégique vise à garantir que les priorités de développement du continent soient entendues dans une affaire aux implications considérables pour l’avenir énergétique et économique de l’Afrique.
Un avis consultatif aux enjeux majeurs
L’affaire, initiée par l’Union panafricaine des avocats, a pour objectif de clarifier les obligations juridiques qui incombent aux États africains en matière de lutte contre le changement climatique, au regard des traités régionaux sur les droits de l’homme. La demande invite la Cour à se prononcer sur des questions cruciales telles que les devoirs des États pour contrer les impacts climatiques, protéger les populations vulnérables, mettre en œuvre des mesures d’atténuation et d’adaptation, et assurer la responsabilité dans les décisions de politique énergétique. Si cette initiative met en lumière la vulnérabilité de l’Afrique face à la crise climatique, l’AEC s’inquiète de la manière dont ces obligations pourraient être interprétées et appliquées, notamment en ce qui concerne le développement des ressources énergétiques, l’industrialisation et la croissance économique.
La crainte d’un « litige climatique » anti-développement
Pour la Chambre africaine de l’énergie, les enjeux sont considérables. L’organisation exprime une préoccupation croissante face à la multiplication des litiges et des actions de plaidoyer liés au climat qui, selon elle, sont souvent financés ou guidés par des ONG étrangères et cherchent à bloquer des projets énergétiques vitaux pour le continent. L’AEC cite plusieurs exemples récents, comme les poursuites judiciaires contestant le financement de l’oléoduc d’Afrique de l’Est, l’exploitation gazière de TotalEnergies au Mozambique, ou encore les contentieux agressifs visant l’exploration pétrolière et gazière en Afrique du Sud. Face à cette tendance, la Chambre estime que les voix africaines doivent impérativement mener le débat.
« Nous aurions préféré un dialogue mené par les Africains sur cette question », a déclaré NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC. « L’Afrique ne doit pas être un acteur passif dans les décisions qui façonnent son avenir énergétique. Notre requête garantit que les voix des pays africains, de leurs industries et de leurs citoyens soient entendues. La politique climatique doit refléter non seulement les priorités environnementales, mais aussi le droit fondamental au développement et à l’accès à l’énergie ».
Le paradoxe africain : faibles émissions, précarité énergétique massive
L’AEC rappelle que l’Afrique ne représente qu’une faible part des émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais qu’elle demeure la région du monde souffrant de la plus grande précarité énergétique. Plus de 600 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’électricité, et des centaines de millions d’autres ne disposent pas de solutions de cuisson propre. Dans ce contexte, la Chambre soutient que les ressources pétrolières et gazières du continent continueront de jouer un rôle essentiel pour permettre l’industrialisation, la création d’emplois et la résilience économique. Par sa soumission à la Cour, l’AEC entend fournir des informations sectorielles spécifiques sur l’intersection complexe entre le changement climatique, les droits de l’homme et le développement énergétique, en plaidant pour une transition équilibrée et inclusive qui intègre les hydrocarbures aux côtés des énergies renouvelables.
Reprendre le contrôle du narratif énergétique
Cet avis consultatif s’inscrit dans une tendance mondiale de judiciarisation des questions climatiques, ce qui renforce, selon l’AEC, la nécessité pour les institutions africaines de s’engager activement dans l’élaboration de leurs propres cadres juridiques. Pour l’organisation, il est essentiel que les perspectives et les priorités africaines soient au cœur de ces débats pour aboutir à des résultats justes et alignés sur les ambitions du continent.
« Les décisions prises aujourd’hui façonneront l’avenir énergétique de l’Afrique pour des générations. L’Afrique mérite un cadre qui protège son droit au développement, garantisse l’accès à l’énergie et relève les défis climatiques de manière juste et pragmatique – sans influence indue d’acteurs étrangers ou d’ONG », a conclu M. Ayuk. L’engagement de la Chambre marque le début d’un effort plus large pour aligner les parties prenantes et préserver le droit de l’Afrique à développer ses ressources de manière responsable.


