HYERES : Une 3ème place pour Mikael MERGUI et Corentin DOUG…
Partager :

HYERES : Une 3ème place pour Mikael MERGUI et Corentin DOUGUET à la MedMax Occitanie Saïdia Resorts
Mikael Mergui, skipper professionnel hyérois, a participé avec son co-skipper, Corentin Douguet, skipper professionnel nantais, à la première édition de la course MedMax Occitanie Saïdia Resorts.
Originaire de Hyères, Mikael Mergui, 43 ans, est skipper professionnel depuis plus de 20 ans. Passionné de voile depuis l’enfance, il a toujours aimé naviguer sur les bateaux, il pratique la voile en compétition de haut niveau et participe à de nombreuses courses, notamment avec le Class 40 Centrakor.

Mikael Mergui répond aux questions de la Gazette du Var.
Le plaisir de la compétition
Mikael Mergui : En vieillissant, j’ai pris plaisir à faire de la compétition de haut niveau et de la course au large. Je propose également mon expertise à des personnes possédant des bateaux et qui souhaitent les préparer pour faire de la course, de la régate ou de la grande croisière. Depuis deux ans, j’ai monté mon propre projet et je suis le skipper du bateau basé à Hyères.

Centrakor : votre sponsor
MM : J’ai la chance d’avoir trouvé un partenaire, le sponsor, pour mener mon projet de course au large dans la catégorie des Class 40. Depuis 2 ans ½, je participe à toutes les courses de courses au large avec le Class 40 Centrakor, comme la Route du Rhum, La Transat Jacques Vabre et le circuit du Trophée Méditerranéen.
Votre co-skipper, un des meilleurs skippers
MM : Corentin Douguet a été mon co-skipper sur cette course, la MedMax. C’était la première fois que nous naviguions ensemble. D’habitude, nous sommes plutôt concurrents. Corentin est un expert en stratégie et météorologie, il est régulièrement demandé sur les Ultime, pour coacher les skippers en Imoca. Il a gagné la Mini Transat et termine 3ème à la dernière Route du Rhum, ce n’est pas rien.
Nous avons d’ailleurs gagné le Prologue avant le départ pour la MedMax c’était un tout nouveau format : des Run de vitesse en 1 contre 1, on est très fiers d’avoir gagné, d’autant plus devant les italiens de Pirelli.
Retour sur la course
MM : Nous terminons 3ème après 4j 20H 10min de course.
C’était une épreuve très intense du début à la fin. Nous perdons la 2ème place à quelques heures de l’arrivée car une pièce qui tient une voile a cassé.
Nous sommes très fiers, Corentin et moi, car nous naviguions ensemble pour la première fois. En face de nous, de très grosses pointures, beaucoup de rebondissements et de changements de leader. Parfois, nous étions 12ème, 5ème ou 1er… Nous sommes passés par plusieurs états…Beaucoup de changements de vent, de transitions. Corentin et moi devions être hyper réactifs. Nous n’avons pas beaucoup dormi, peu mangé et c’était une course très physique. Une des spécificités de notre métier est de s’adapter à la météo, aux parcours qui changent.

Première édition pour cette course en méditerranée
MM : Nous sommes très heureux et très fiers d’avoir pu être au départ de cette première édition MedMax très prometteuse en méditerranée, joyau méritant d’être davantage mis en avant.
En Méditerranée, la course au large n’est pas vraiment ancrée dans la culture locale, malgré le fait de vivre dans l’une des plus belles rades du monde. Ayant navigué aux quatre coins du globe, je peux affirmer, sans chauvinisme, que c’est chez nous que c’est le mieux. Pourtant, pour nous, les Méditerranéens, participer à ces courses est un vrai défi : il faut convaincre des sponsors qui ignorent souvent que nous savons aussi bien naviguer au large. Il n’y a pas de départs chez nous et le grand public n’est pas forcément sensibilisé à ce type d’événement. En plus, il faut acheminer le bateau en Atlantique pour le départ, ce qui implique une logistique conséquente.
Un départ à Port-Camargue
MM : Que cet événement ait eu lieu à Port-Camargue, nous attendions tous cela depuis très longtemps. Kito de Pavant est le référent de la course en méditerranée. Il a décidé de monter ce projet et cette course.
Même les équipages bretons qui sont habitués à naviguer là-haut, descendent en méditerranée avec grand plaisir pour justement faire découvrir à leur partenaire d’autres venues et d’autres moyens de les faire naviguer sur leur machine. Pour une première, le plateau était riche avec 16 Class 40, 9 Ocean Fifty, un plateau de haut vol.
L’objectif a été atteint ?
MM : L’objectif était d’arriver entre le vendredi et le samedi. Le parcours a été réduit. Kito de Pavant souhaitait que tous les concurrents soient présents le dimanche pour la remise des prix et faire découvrir à la population marocaine ces bateaux incroyables ! Le pari est réussi !
La Méditerranée est un terrain de jeu incroyable, mais les phénomènes météo y sont extrêmement changeants. La réalité sur l’eau ne colle pas toujours aux modèles que nous utilisons sur nos logiciels météorologiques. Il est facile de se retrouver « empétolé », coincé dans une bulle sans vent, pendant que tes adversaires déboulent à quelques centaines de mètres. C’est très frustrant ! Nous sommes donc vraiment heureux de cette 3ème place pour notre première participation. Je ne m’étais pas fixé de scénario précis, car je sais qu’en Méditerranée, tout est possible. Les positions évoluent sans cesse. Notre objectif principal était de bien naviguer et d’éviter des choix tactiques risqués qui pourraient bloquer notre course. Nous avons essayé de rester simples dans notre approche et avons été proches du leader tout au long de la course. Naviguer chez nous, c’est ça l’intérêt, la Méditerranée est fantastique.

Une préparation intensive
MM : En amont toute la saison, j’ai participé aux trois premières courses du Championnat de Méditerranée. Mon classement actuel est 1er du Championnat de Méditerranée. Mon équipe et moi avons gagné les trois épreuves du début de saison Porquerolle’s race ; La Paprec 600 et la Massilia Cup Trophée Barcelona. La MedMax est la 4ème course. Il reste la Rolex Middle Sea Race qui est la dernière épreuve du Championnat de Méditerranée (8 épreuves en tout, les 5 meilleures sont retenues).
La dernière épreuve, la Rolex Middle Sea, au départ de Malte, est une course en équipage avec Richard Robini, co-équipier avec qui j’ai fait le début de saison et Ludovic Méchin qui a fait la Transat Jacques Vabre avec moi l’an dernier.
Mikael Mergui et toute son équipe vont continuer de nous faire rêver sur les prochaines courses.
Vous pouvez suivre le navigateur hyérois sur Instagram et Facebook.
Propos recueillis par Laurette Paray
Photos Mikael Mergui
