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HYERES : Max BAUER : « Le « prêt flash carburant », c’est le crédit des absurdités »

Face à la flambée des prix, le « prêt flash carburant » du gouvernement divise, Max Bauer dénonçant un système qui finance les taxes de l’État.

Le gouvernement français a récemment mis en place une nouvelle mesure de soutien pour les entreprises les plus affectées par la hausse des coûts de l’énergie : le « prêt flash carburant ». Opéré par Bpifrance, ce dispositif a été conçu pour apporter une bouffée d’oxygène à la trésorerie des très petites, petites et moyennes entreprises (TPE-PME) des secteurs particulièrement dépendants des hydrocarbures, comme les transports, l’agriculture et la pêche. Dans un contexte international marqué par de fortes tensions géopolitiques au Moyen-Orient, cette initiative vise à éviter une cascade de défaillances.

Concrètement, les entreprises dont les dépenses en carburant représentent au moins 5 % de leur chiffre d’affaires peuvent solliciter un prêt allant de 5 000 à 50 000 euros. Les conditions se veulent attractives : un taux d’intérêt fixé à 3,80 %, une durée de remboursement de 36 mois incluant une période de différé de 12 mois, et surtout, un déblocage des fonds promis sous sept jours. Pourtant, cette main tendue par l’exécutif ne fait pas l’unanimité et suscite des critiques acerbes sur la logique économique qui la sous-tend.

Un dispositif jugé absurde et contre-productif

Pour Max Bauer, la mesure est un non-sens économique et politique. Il dénonce une mécanique qu’il qualifie de « crédit des absurdités », où l’État endosse le rôle de banquier pour permettre aux entreprises de payer les taxes qu’il perçoit lui-même.

« L’État vous prête de l’argent pour qu’on lui paye des taxes… Voilà sans doute le résumé le plus juste d’un système qui tourne à vide », lance-t-il, considérant le dispositif comme une solution de façade qui ne s’attaque pas à la racine du problème.

Son analyse est sans concession : « Le « prêt flash carburant » est vendu comme une mesure de soutien, un geste politique pour faire face à la hausse du prix du litre. En réalité, c’est une rustine posée sur un pneu déjà crevé. Car que fait le gouvernement ? Il vous avance des euros pour que vous puissiez continuer à payer… les taxes qu’il a lui-même instaurées. Une boucle parfaite, presque poétique dans son absurdité. Chaque plein devient une équation comptable où se mêlent TVA, TICPE, et maintenant un crédit public ».

L’État, banquier de sa propre fiscalité

Selon Max Bauer, cette approche transforme fondamentalement la relation entre l’État et les contribuables, créant une situation paradoxale.

« L’État se transforme en banquier de sa propre fiscalité, prêtant aux citoyens de quoi financer le monstre fiscal qu’il a créé. Le tout en s’affichant généreux, protecteur, moderne : « regardez, on pense à votre pouvoir d’achat ». Mais à quoi bon faire semblant de soulager un mal dont on est soi-même la cause ? », interroge-t-il.

Il y voit le symptôme d’une tendance politique plus large, celle de préférer l’endettement à la réforme structurelle.

« Ce dispositif révèle une idée devenue banale dans la politique contemporaine : on ne corrige plus les problèmes, on les finance à crédit. Plutôt que de repenser le poids des taxes sur l’énergie, on invente un mécanisme de dettes déguisé en aide. Comme si le citoyen devait remercier l’État de lui prêter de quoi supporter la pression de son propre système fiscal ».

L’ironie finale, pour Max Bauer, est que le carburant, essence même de l’activité économique de nombreux secteurs, devient ainsi l’aliment principal d’une machine fiscale qui s’auto-entretient.

« Le carburant n’est plus seulement ce qui fait tourner nos moteurs, c’est aussi ce qui alimente, au sens le plus littéral, le moteur de la fiscalité française », conclut-il.

Le débat sur la pertinence et l’efficacité de cette mesure ne fait que commencer.

via Press Agence.