Passer au contenu principal

HYÈRES : « Le moustique tigre a profondément modifié notre…

Partager :

HYÈRES : « Le moustique tigre a profondément modifié notre quotidien »

Alors que la saison des moustiques bat son plein dans le Var, une pharmacienne de Hyères, détaille les espèces présentes et les seules solutions réellement efficaces.

Avec l’arrivée des beaux jours, un fléau saisonnier s’installe durablement dans le Var. De mai à septembre, le département devient un terrain de prédilection pour les moustiques, dont la prolifération transforme le quotidien des habitants et des touristes. Si plusieurs espèces coexistent, l’une d’entre elles, particulièrement agressive, a colonisé l’espace urbain : le moustique tigre. Marion Cros, pharmacienne à Hyères, dresse un état des lieux de cette nuisance et évalue les stratégies de protection, distinguant les méthodes efficaces des solutions illusoires.

Le moustique tigre, nouvelle terreur des villes

L’ennemi numéro un est désormais bien identifié. Il a supplanté ses congénères dans les villes et les zones pavillonnaires.

« Les principales espèces présentes dans le Var sont le moustique tigre (Aedes albopictus), une espèce désormais dominante. C’est un petit moustique noir rayé de blanc. Il pond dans les coupelles, gouttières et petits réservoirs d’eau stagnante. Il est aussi très agressif envers l’humain. Ses horaires sont principalement le jour, tôt le matin et surtout entre 17h et 21h », explique la pharmacienne.

À côté de cette nouvelle menace diurne, les espèces plus traditionnelles continuent de sévir. Le moustique commun (Culex pipiens) reste fidèle à sa réputation nocturne, avec un pic d’activité entre 22h et 2h du matin, se développant dans les eaux stagnantes riches en matière organique. Les zones humides littorales abritent quant à elles les moustiques des marais (Ochlerotatus caspius), particulièrement virulents au crépuscule après les épisodes pluvieux. Enfin, plus discrets, les anophèles peuplent les milieux forestiers humides, principalement la nuit.

Un Var propice à la prolifération

Plusieurs facteurs expliquent pourquoi le Var est devenu un territoire si favorable au développement de ces insectes. La pharmacienne détaille les conditions idéales qui favorisent leur multiplication.

« Le climat méditerranéen chaud et humide prolonge leur période d’activité. De plus, les jardins, piscines et coupelles offrent des milliers de micro-réservoirs d’eau. Enfin, le réchauffement climatique accélère les cycles de reproduction », analyse-t-elle.

Cette combinaison d’éléments climatiques et d’aménagements humains crée un écosystème parfait pour le moustique tigre, qui n’a besoin que de très petites quantités d’eau pour pondre ses œufs.

Répulsifs : démêler le vrai du faux

Face à cette invasion, les rayons des pharmacies et supermarchés regorgent de produits promettant la tranquillité. Mais sont-ils tous efficaces ?

« Tous les produits anti-moustiques ne se valent pas. Les études scientifiques distinguent clairement les solutions réellement efficaces des gadgets marketing », prévient la jeune femme.

Les répulsifs cutanés les plus performants contiennent des molécules à l’efficacité prouvée. Les produits à base d’IR3535 ou de DEET offrent une très bonne protection, pouvant durer de 4 à 8 heures. Des alternatives comme la marque Bodyguard, utilisant également l’IR3535, assurent une bonne protection de 3 à 6 heures. En revanche, les sprays aux huiles essentielles (citronnelle, géranium) présentent une efficacité jugée modérée et surtout très variable, avec une courte durée d’action allant de 1 à 3 heures seulement.

Au-delà des sprays, les protections complémentaires

La lutte ne se limite pas aux produits à appliquer sur la peau. D’autres dispositifs peuvent apporter une aide précieuse. Les prises électriques restent une solution pertinente pour protéger une pièce fermée des moustiques nocturnes. En extérieur, les spirales fumigènes offrent une protection correcte pour une terrasse, bien que leur efficacité soit considérablement réduite par le vent. Les diffuseurs nomades, quant à eux, peuvent créer une bulle de protection locale efficace.

Cependant, la spécialiste met en garde contre certaines solutions très populaires mais inopérantes : « Les bracelets et ultrasons sont très peu efficaces selon les études indépendantes ».

Face à un ennemi qui a totalement redéfini les règles du jeu, la stratégie doit être globale.

« Le moustique tigre a profondément modifié le quotidien dans le sud de la France : la nuisance n’est plus seulement nocturne mais quasiment permanente autour des habitations. Face à lui, les solutions les plus efficaces restent les répulsifs cutanés validés scientifiquement, la suppression systématique des eaux stagnantes, et les protections physiques comme les moustiquaires », conclut la pharmacienne.

Photo Philippe OLIVIER (PRESSE AGENCE – LA GAZETTE DU VAR) via Press Agence.