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HYERES : Fabien PIERSANTI : « Nous ne sommes pas des béto…

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HYERES : Fabien PIERSANTI : « Nous ne sommes pas des bétonneurs du paysage » !

54 ans, père de 3 enfants, Fabien Piersanti, désormais président de la Fédération du BTP du Var en succédant à Jean-Jacques Castillon, dirige le Groupe Piersanti, basé à Bormes-les-Mimosas.

Selon Fabien Piersanti, trois facteurs expliquent la situation difficile du BTP : « Une crise du logement neuf, le non-résidentiel dont les indicateurs ne sont pas bons, un marché de la rénovation qui marque le pas, sans compter une activité de travaux publics qui, bien qu’épargnée pour le moment, va pâtir de la dégradation du secteur du bâtiment et reste très dépendante de la commande publique et de ses cycles, notamment les élections ».

DE MAUVAIS ARBITRAGES

Il s’interroge : « Comment en sommes-nous arrivés là ? La dégradation du marché du crédit, l’inflation des prix immobiliers et un moindre soutien public au logement.

Sur ce dernier point, nous avons un grave problème avec la politique actuelle du logement. Les arbitrages, qui ont été faits dans le cadre de la loi de finances 2024, sont un échec sur toute la ligne. Dans le neuf, si rien n’est fait, seulement 240 000 logements seront produits en France alors que les besoins sont estimés à 500 000 logements chaque année. 240 000 logements, c’est bien moins que le plus bas niveau historique de 1992 et c’est ce que la France produisait dans les années 50 avec 25 millions d’habitants en moins.

Sur la rénovation énergétique, la fin de l’accompagnement pour les travaux isolés et l’obligation de réaliser des bouquets de travaux avec le dispositif « Mon Accompagnateur Rénov » sont un échec patent ».

Des choix politiques et financiers d’autant plus incompréhensibles que le logement est contributeur net de 50 milliards d’€ par an au budget de la Nation malgré l’idée reçue persistante d’un logement sous perfusion des aides de l’État.

LE BTP, C’EST LA SOLUTION !

« Sans fanfaronnade, pour sombre qu’il soit, ce contexte économique n’est pas de nature à m’impressionner même si j’aurais préféré arriver avec tous les signaux au vert.
Je suis de ceux qui pensent que les crises sont des moments de modification des repères et de remise en question qui rendent les changements et les opportunités possibles.

Les situations, surtout les plus difficiles, il faut les affronter, conscient de ses forces et de ses faiblesses et faire preuve de courage. J’y vois là les vertus cardinales du chef d’entreprise. Les challenges et le combat sont indissociables de sa vie et ils sont inhérents à la vie en général, dès lors que l’on porte un projet », analyse le responsable fédéral.

Pour Fabrice Piersanti, il faut valoriser les métiers et les savoir-faire du BTP : « Nous vivons tous dans un environnement façonné par la main des bâtisseurs que nous sommes. Depuis la reconstruction de Notre Dame jusqu’à la mise à 2 fois 3 voies de l’A57 en sortie Est de Toulon, tous nos ouvrages sont des prototypes, des exemplaires uniques dont nous devons être fiers.
Certains voudraient nous réduire à des bétonneurs de paysages et saccageurs de nature. Ils ne savent pas de quoi ils parlent. Moi aussi, j’aime la nature et les paysages naturels dans lesquels je vis et je tiens à la planète. Je n’ai pas le sentiment d’être en contradiction avec ces valeurs dans mon métier.

Le BTP est souvent montré du doigt mais il n’est pas le problème. Au contraire, avec ses métiers qui sont au cœur de la transition écologique de notre économie, il est la solution » !

Photo Philippe OLIVIER.