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HYERES : Claire TINGAUD, itinéraire d’une artiste à la fibr…

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HYERES : Claire TINGAUD, itinéraire d’une artiste à la fibre humaine et singulière

Claire Tingaud est une artiste plasticienne qui tisse des liens entre textile, territoire et sensations. À travers ses œuvres, elle explore l’invisible, le sensible et la mémoire des lieux.

Un parcours riche et varié

Après avoir obtenu son baccalauréat, Claire Tingaud intègre une mise à niveau en arts appliqués, suivie d’une année de préparation aux métiers du spectacle. Elle poursuit ensuite une formation préparant au Diplôme National des Métiers d’Arts, spécialité tissage, qu’elle obtient avec les félicitations du jury. En 2017, elle décroche une Licence Professionnelle Art-Artisanat-Design. Dès son plus jeune âge, elle montre une forte appétence pour le textile.

Une artiste en mouvement

Claire Tingaud a toujours été en mouvement, ses parents déménageant fréquemment pour leur travail. Cette itinérance a façonné sa personnalité et son approche artistique. « Depuis que je suis née, j’ai toujours été en itinérance. Mes parents exerçaient un métier qui nécessitait de déménager très souvent. Le mouvement et la découverte de nouveaux lieux font partie de moi », explique-t-elle. Cette mobilité constante nourrit son travail artistique, souvent réalisé en résidence sur différents territoires.

Une sensibilité exacerbée

L’artiste cherche à rendre compte d’une atmosphère à travers ses œuvres. « J’essaie à travers mon travail artistique de rendre compte d’une atmosphère. Dans un lieu, j’ai cette impression d’être imprégnée par tous les sens, la vue, l’ouïe, l’odorat, les matériaux autour de moi », confie-t-elle. Elle utilise la technique textile pour assembler les matières, créant des pièces souvent suspendues, ce qui renforce le rapport à l’espace et à l’atmosphère.

Des œuvres inspirées par les Salins

Pendant quatre semaines, Claire Tingaud a travaillé au cœur des Salins, utilisant des matériaux glanés sur place. Elle a réalisé des tissages avec de la bâche géotextile, des cordes en coton écru et du pare-vapeur. « L’aspect ‘travail humain’ était présent à travers les bâtiments, les outils, nombreux en métal rouillés, oxydés enterrés dans le sable et aussi stockés dans les ateliers des ouvriers », raconte-t-elle. L’environnement végétal l’a aussi inspirée, notamment la canne de Provence qui pousse librement sur le site.
Elle a également écrit un texte avec la vase des Salins, retranscrit sur des bandes de tissus patinées avec des outils rouillés.
Par ailleurs, elle a retissé une photographie argentique en noir et blanc représentant la surface des Salins, intégrée à ses œuvres comme un matériau à part entière.

Une immersion totale

L’artiste a tout créé sur place, en immersion. « J’ai écrit un texte dans les Salins que j’ai retranscrit sur des bandes de tissus provenant des ateliers des ouvriers des Salins. Je les ai trempées avec les outils rouillés afin de patiner le tissu, ce qui permet de fixer les pigments », détaille-t-elle. Cette immersion lui permet de capter l’essence des lieux et de la retranscrire dans ses œuvres.

Propos recueillis par Laurette PARAY – Photo Philippe OLIVIER.