GRENOBLE : Guillaume LISSY : « Nous ne pouvons pas accepter…
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GRENOBLE : Guillaume LISSY : « Nous ne pouvons pas accepter ces renoncements »
Après l’abandon du projet de reprise Exalia pour le site Vencorex, la Métropole de Grenoble réaffirme sa mobilisation pour la réindustrialisation.
Grenoble Alpes Métropole a pris acte, ce mardi, avec une « profonde déception » de l’abandon du projet de reprise Exalia, qui devait sauver une partie de la plateforme chimique Vencorex à Pont-de-Claix et la transformer en un pôle de référence de la chimie verte. Pour la collectivité, cet échec symbolise les difficultés persistantes à concrétiser une ambition de réindustrialisation forte, malgré son statut de priorité nationale.
Depuis le début de la procédure de liquidation de Vencorex, qui menaçait 450 salariés et plus de 120 ans d’histoire industrielle, la Métropole s’était mobilisée. Elle voit dans l’échec d’Exalia « l’abandon d’une activité stratégique pour le pays entier ».
Un projet stratégique avorté
Porté par d’anciens salariés, notamment Séverine Dejoux et Olivier Six, le projet Exalia visait à produire du chlore et de la soude à partir du sel de la mine de Hauterives (Drôme), située à 80 km du site. Cette activité est considérée comme essentielle pour des secteurs clés tels que la défense nationale, l’industrie, l’agroalimentaire et le traitement de l’eau.
Le plan prévoyait la création de 70 emplois directs et immédiats, avec une perspective de 200 emplois supplémentaires à moyen terme. Convaincue de la viabilité du projet, Grenoble Alpes Métropole avait marqué son soutien en votant une avance remboursable de 3 millions d’euros en novembre 2025.
Des conséquences lourdes pour le territoire et la souveraineté nationale
Selon la Métropole, l’arrêt du projet Exalia entraîne des conséquences graves. Il met en péril l’avenir de Chlor’Alpes, l’exploitant de la mine de sel, ainsi que le saumoduc reliant la mine à la plateforme. Près de 70 % des surfaces du site se retrouvent sans perspective de reprise, faisant craindre un démantèlement progressif.
D’importants coûts de dépollution et de démantèlement pourraient peser durablement sur les acteurs concernés et, à terme, sur la collectivité. L’enjeu de souveraineté est également majeur : sans cette reprise, les stocks actuels de sel ne permettraient d’assurer qu’environ deux ans de production pour des applications stratégiques, notamment militaires, créant une dépendance vis-à-vis de l’étranger. La sécurité du site, classé Seveso, demeure une préoccupation centrale.
La Métropole s’engage dans un « pacte de réindustrialisation »
Malgré ce revers, Grenoble Alpes Métropole (www.grenoblealpesmetropole.fr) affirme sa détermination à défendre l’industrie et l’emploi. La collectivité s’engage à travailler avec l’État dans le cadre d’un « pacte local de réindustrialisation », annoncé par le Ministre chargé de l’Industrie.
Ce pacte, piloté par les services de l’État en collaboration avec la Métropole, les communes, la Région et de potentiels investisseurs, vise à construire un nouvel avenir pour cette plateforme stratégique. La Métropole a tenu à saluer l’engagement de tous les acteurs mobilisés, dont les porteurs du projet Exalia, les services de l’État et les élus locaux comme Christophe Ferrari, maire de Pont-de-Claix.
« Nous ne voulons pas nous résigner à voir disparaître des savoir-faire industriels stratégiques et des centaines d’emplois qualifiés qui font l’histoire et la richesse de notre territoire. La Métropole, aux côtés de la ville de Pont-de-Claix reste mobilisée pour défendre un tissu économique indispensable y compris à l’échelle nationale. À l’heure où beaucoup parlent de réindustrialisation et de souveraineté industrielle nous ne pouvons pas accepter ces renoncements. Nous devons, au contraire, permettre une reconquête industrielle réussie, portée collectivement par l’État, les collectivités et les acteurs économiques », a affirmé Guillaume Lissy, Président de Grenoble Alpes Métropole.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

