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GRASSE : Filière parfum – Un laboratoire mutualisé po…

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GRASSE : Filière parfum – Un laboratoire mutualisé pour sanctuariser les savoir-faire d’exception

L’association Les Fleurs d’Exception du Pays de Grasse a inauguré hier un laboratoire, fruit de vingt ans de travail pour sauver la filière.

Vingt ans jour pour jour après sa création, l’association Les Fleurs d’Exception du Pays de Grasse a célébré son anniversaire ce lundi 15 juin 2026 en inaugurant son laboratoire de transformation végétale à Mouans-Sartoux. Cet outil mutualisé, destiné à tous les producteurs locaux, vient couronner deux décennies d’un combat acharné pour la sauvegarde et la valorisation d’un patrimoine mondialement reconnu. Lors de son discours, le Préfet a salué « vingt ans de fidélité à une terre, à des fleurs et à des savoir-faire ».

Vingt ans pour sauver un patrimoine menacé

En 2006, lorsque l’association a vu le jour, la situation était critique. Pression foncière, concurrence internationale et vieillissement des exploitants menaçaient de faire disparaître les cultures florales emblématiques du territoire. Le Préfet a rappelé ce contexte difficile :

« Tout semblait conspirer à faire de la fleur de Grasse un souvenir, une légende que l’on raconterait aux visiteurs des musées de la parfumerie ».

Refusant cette fatalité, une poignée de producteurs s’est unie pour inverser la tendance. En vingt ans, l’association a accompagné la création ou la réorientation de vingt-quatre exploitations agricoles, toutes engagées dans une démarche biologique. Son action a été déterminante dans l’inscription des savoir-faire liés au parfum en Pays de Grasse au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO en 2018, ainsi que dans l’obtention d’une indication géographique protégeant l’Absolue du Pays de Grasse.

« Il signifie que, bon an mal an, plus d’une fois par an, une famille, un projet de vie, un avenir agricole se sont enracinés ici grâce à vous », a souligné le représentant de l’État.

Un outil mutualisé au service des producteurs

Le nouveau laboratoire, dont la première pierre avait été posée le 16 septembre 2024, incarne cette réussite collective. Conçu comme un outil mutualisé et éco-construit, il a une ambition claire, rappelée par le Préfet :

« Permettre à tous les agriculteurs du territoire de transformer eux-mêmes, par distillation et par séchage, leurs productions biologiques ».

Au-delà de sa fonction première, ce lieu se veut un véritable pôle de coopération. Il servira de centre de formation par la pratique, de lieu d’ateliers et de partage d’expériences, et d’espace pour des partenariats de recherche. Labellisé « Manufacture de proximité » par l’État dans le cadre du plan France Relance, il est pensé comme un tiers-lieu dynamique, ouvert au public lors d’événements spécifiques.

Un soutien constant de l’État

Cette réalisation n’aurait pu voir le jour sans un appui constant des pouvoirs publics. Le Préfet a détaillé l’engagement financier de l’État : 354 000 euros consacrés entre 2022 et 2025, via une subvention d’investissement de 304 000 euros et une aide au fonctionnement de 50 000 euros. Il a également salué la maturité économique de l’association, qui a su diversifier ses revenus tout en gardant la gouvernance entre les mains des producteurs.

« C’est la marque d’une structure mûre, qui ne conçoit pas la subvention comme une rente mais comme un levier », a-t-il affirmé.

Des défis à relever pour l’avenir

Si l’heure était à la célébration, l’avenir comporte son lot de défis. La filière doit notamment gérer la transition de son indication géographique vers un nouveau cadre européen, désormais sous l’égide de l’INAO (Institut national de l’origine et de la qualité). Un autre enjeu majeur est la sauvegarde de l’inscription à l’UNESCO, un titre qui n’est jamais définitivement acquis.

« Cette reconnaissance n’est pas un titre acquis une fois pour toutes : elle se mérite, elle se vérifie, elle se cultive – comme une fleur, précisément », a prévenu le Préfet.

La formation reste la clé de voûte de cette pérennité, à l’image de la session qui a permis ce printemps à douze stagiaires de se former aux métiers de la filière. Pour le Préfet, l’histoire de l’association est « celle d’un territoire qui a choisi de croire en lui-même », et une illustration de ce que la République peut accomplir lorsqu’elle fait confiance à ses territoires.

« Que les fleurs du Pays de Grasse continuent, longtemps encore, de porter au monde le parfum de la France ! », a-t-il conclu.

via Presse Agence.