GENEVE : Les nations ambitieuses restent fermes et rejetten…
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GENEVE : Les nations ambitieuses restent fermes et rejettent un traité sur les plastiques affaibli, soutenu par les pétro-États
Les négociations pour un Traité mondial sur les plastiques se sont achevées sans accord.
Les pays ambitieux – représentant une large majorité lors des réunions – refusent d’accepter un texte affaibli qui aurait entériné la crise mondiale du plastique. Selon l’Environmental Justice Foundation (EJF), les nations ont travaillé jusqu’à la dernière minute pour obtenir un traité solide, mais les blocages causés par un petit groupe puissant de pays producteurs de pétrole et de plastique, soutenus par un nombre record de lobbyistes des énergies fossiles, ont empêché toute avancée significative sur le sujet.
Le dernier texte, présenté par le président ce matin, ne s’attaquait pas aux causes profondes de la pollution plastique. Il ne contenait aucune mesure de réduction de la production de plastique, aucun contrôle strict sur les substances chimiques dangereuses dans les plastiques, ni aucune garantie de mise en place de systèmes de réutilisation, de recharge et de réparation exempts de substances toxiques. Sans mesures visant la production, ni objectifs contraignants, le traité aurait été incapable de protéger les populations et la planète.
La grande majorité des nations présentes à Genève ont plaidé pour des solutions concrètes à la crise des plastiques.
- 57 pays ont réclamé des systèmes de réutilisation, de recharge et de réparation exempts de substances toxiques ;
- 89 ont exigé une réduction de la production de plastique ;
- 120 ont soutenu des contrôles stricts sur les produits chimiques ;
- 120 ont appuyé le recours au vote lors de la Conférence des Parties pour sortir des blocages ;
- 130 ont défendu l’inclusion d’un article dédié à la santé.
Des petits États insulaires en développement aux pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et d’Europe, tous étaient venus prêts à adopter un traité fondé sur la science, la justice et doté d’un caractère contraignant, refusant tout accord qui ne serait pas à la hauteur de l’urgence à protéger les populations et la planète.
Salisa Traipiptisirwat, responsable de campagne senior chez EJF et coordinatrice des projets sur les plastiques en Asie du Sud-Est, a déclaré : « Bien que ces négociations se soient achevées sans traité, cela reste mieux qu’un accord faible. Les pays ambitieux sont restés fermes face aux pétro-États et aux acteurs de mauvaise foi déterminés à faire échouer toute avancée significative. Ce n’est pas le résultat que nous espérions, mais cela nous permet de nous regrouper et de poursuivre notre travail en vue d’un traité ambitieux, véritablement destiné à protéger les populations et la planète ».
EJF appelle tous les dirigeants, en particulier au sein de l’UE et du Royaume-Uni, à faire preuve de leadership fort dans la prochaine phase, en rassemblant cette majorité autour de l’exigence d’un traité qui :
- Réduit la production de plastique conformément aux données scientifiques sur les limites planétaires ;
- Rend obligatoire le développement et la préservation de systèmes de réutilisation, de recharge et de réparation exempts de substances toxiques, tout en intégrant les savoirs autochtones, afin de garantir la protection de la santé humaine ;
- Contrôle les additifs chimiques tout au long du cycle de vie des plastiques ;
- Inscrit dans le traité des objectifs mondiaux contraignants et des jalons mesurables ;
- Garantit une participation équitable des communautés en première ligne, des peuples autochtones et de la société civile.
Steve Trent, directeur général et fondateur de l’EJF, a déclaré : « La communauté internationale exige des actions bien plus fortes que celles proposées dans le texte présenté par le président aux délégués aux premières heures ce matin. »
« Soyons clairs : cet échec ne reflète pas la vision, l’ambition et les efforts de la grande majorité des nations présentes à Genève, venues pour agir. Il est le fait d’un petit groupe puissant de pays producteurs de pétrole et de plastique, soutenus par une armée de lobbyistes de l’industrie, mettant les profits à court terme avant la santé et le bien-être de notre communauté mondiale. Ce groupe minoritaire a bloqué les objectifs contraignants, refusé de réduire la production de plastique et profité des négociations pour saper l’ambition dont notre monde a désespérément besoin. Mais ne nous y trompons pas : un traité aussi faible n’est pas une option, d’autres voies sont possibles ».
« Nous appelons, nous exigeons, de nouvelles négociations, dirigées avec l’énergie et la vision qui reflètent l’ambition des petits États insulaires, en développement, de la majorité des nations africaines, des États asiatiques qui ont constamment réclamé plus et mieux ; qui répond à l’ambition élevée de l’Amérique latine ; et qui reflète l’appel à l’action en Europe, au sein de l’UE, et dans l’écrasante majorité des nations du monde. L’heure est à la direction, au multilatéralisme et à l’action. Nous appelons les États à redoubler d’efforts pour exiger, puis mettre en œuvre, un traité juridiquement contraignant sur les plastiques, adapté à ses objectifs et capable de répondre efficacement à la crise des plastiques ».
À propos d’EJF
Notre travail en faveur de la justice environnementale vise à protéger le climat mondial, les océans, les forêts, les zones humides, la faune et la flore et à défendre le droit fondamental de l’homme à un environnement naturel sûr, en reconnaissant que tous les autres droits en dépendent. EJF travaille au niveau international pour informer les politiques et conduire des réformes systémiques et durables afin de protéger notre environnement et de défendre les droits de l’homme. Nous enquêtons sur les abus, les dénonçons et soutenons les défenseurs de l’environnement, les peuples autochtones, les communautés et les journalistes indépendants en première ligne face à l’injustice environnementale. Nos campagnes visent à garantir un avenir pacifique, équitable et durable. Nos enquêteurs, chercheurs, cinéastes et militants travaillent avec des partenaires locaux et des défenseurs de l’environnement dans le monde entier.
Pour plus d’informations, veuillez contacter media@ejfoundation.org.


