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PARIS : Max BAUER : « On est en train de casser ceux qui no…

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PARIS : Max BAUER : « On est en train de casser ceux qui nous nourrissent ! »

Réagissant aux comptes agricoles 2025, Max Bauer dénonce un système à bout de souffle, marqué par un décrochage économique et une détresse humaine.

Les chiffres publiés le 7 juillet dernier par la Commission des comptes de l’agriculture de la Nation (CCAN) et l’INSEE sont venus confirmer une réalité que le monde agricole vit au quotidien : celle d’un modèle économique et social qui ne tient plus. Pour Max Bauer, qui a réagi vivement à cette publication, ces comptes ne sont pas une simple photographie statistique, mais le symptôme d’une crise profonde et d’un « décrochage organisé ».

« Ce n’est pas une mauvaise passe. C’est un décrochage organisé », affirme-t-il.

Un paradoxe économique destructeur

Loin de traduire une amélioration, les hausses de prix constatées dans certaines filières sont, selon lui, le signal d’un affaiblissement structurel de l’appareil productif français.

« Si les prix montent dans certaines filières, c’est parce que la production baisse. Parce que des agriculteurs arrêtent. Parce que d’autres réduisent. Voilà la réalité ! », analyse Max Bauer.

Il met en lumière une absurdité économique devenue la norme pour la profession : plus un agriculteur produit, moins il gagne. Cette situation a conduit l’agriculture à être, selon ses termes, « la seule grande activité économique encore en dessous de son niveau de 2010 ».

« Produire plus, c’est gagner moins. Travailler davantage, c’est s’appauvrir. Quel autre secteur accepterait une telle absurdité ? », interroge-t-il.

L’épuisement humain derrière les chiffres

Au-delà de l’analyse économique, Max Bauer insiste sur le coût humain de cette situation, une réalité invisible dans les bilans comptables. Il décrit un monde agricole au bord de la rupture, miné par l’épuisement physique et psychologique.

« Le plus grave, c’est ce qui ne se voit pas dans les comptes. C’est l’état de celles et ceux qui tiennent encore. Une fatigue profonde. Une usure morale. Une pression permanente », détaille-t-il.

Ce mal-être se traduit par un sentiment d’isolement et d’incompréhension face à des contraintes réglementaires et administratives toujours plus lourdes, en décalage complet avec une rentabilité en chute libre.

« Psychologiquement, beaucoup sont à bout. Le doute s’installe, la solitude aussi. Le sentiment de ne plus être compris, de ne plus être soutenu, de devoir se justifier en permanence. »

Un modèle au bord de l’implosion

Pour Max Bauer, le système actuel ne survit que par l’abnégation d’agriculteurs qui travaillent « au-delà du raisonnable ». Il dénonce une accumulation d’exigences normatives et de contrôles qui s’accompagnent d’une baisse continue des revenus, de la visibilité et de la considération.

« On demande toujours plus à ceux qui ont déjà tout donné », déplore-t-il.

Il conclut par une mise en garde sévère, estimant que la France prend le risque de perdre sa souveraineté alimentaire en organisant sciemment « l’abandon » de ses producteurs.

« À force d’ignorer cette réalité, on ne prépare pas l’avenir. On organise l’abandon. Et quand il n’y aura plus assez d’agriculteurs pour produire, il sera trop tard pour s’indigner ! », prévient-il.

via Presse Agence.