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EYGUIÈRES : Gestion municipale – La Chambre régionale des comptes pointe de graves irrégularités

La gestion d’Eyguières (13) est épinglée par la CRC pour ses irrégularités, sa masse salariale et un projet aéroportuaire avorté.

La Chambre régionale des comptes (CRC) Provence-Alpes-Côte d’Azur a rendu public, ce jeudi 9 avril 2026, un rapport sévère sur la gestion de la commune d’Eyguières pour les exercices débutant en 2018. Le document, qui examine les comptes et le pilotage de cette commune de près de 7 000 habitants située entre la plaine de la Crau et le massif des Alpilles, met en lumière une situation financière dégradée, des recrutements douteux et de nombreuses irrégularités dans la commande publique, sous la mandature du maire Henri Pons.

Un projet stratégique avorté, des finances sous tension

Afin de maintenir son offre de services malgré un développement démographique maîtrisé, la municipalité a engagé un programme d’investissement d’envergure depuis 2018. Faute de marges de manœuvre suffisantes, ces dépenses ont été financées en puisant massivement dans la trésorerie de la commune, fragilisant sa situation financière.

La stratégie de la collectivité reposait entièrement sur le développement et l’exploitation de l’aérodrome de Salon – Eyguières. Ce projet devait être mené par une société d’économie mixte à opération unique (SEMOP) dont la commune est actionnaire. Cependant, le rapport de la CRC révèle que cette ambition s’est soldée par un échec cuisant. Après une phase de préparation qualifiée de « coûteuse », le projet a été brutalement stoppé par l’annulation du contrat de concession par le tribunal administratif le 17 janvier 2025. Cet abandon laisse la commune sans les recettes espérées et avec des dépenses déjà engagées.

Des dérives dans la gestion des ressources humaines

Le rapport est particulièrement critique sur la gestion du personnel. Les magistrats financiers constatent une augmentation de la masse salariale, et ce, malgré une réduction du nombre d’agents titulaires.

Cette hausse s’explique par une augmentation du nombre d’agents contractuels et par des « recrutements onéreux ».

Plus grave, la chambre relève des manquements susceptibles d’entraîner des risques juridiques.

Elle pointe notamment « l’existence de liens de parenté entre le maire et des membres de son cabinet », soulevant la question de potentiels conflits d’intérêts.

La gestion des ressources humaines est également jugée « défaillante » en ce qui concerne le recours aux agents vacataires, qui ne respecterait pas toujours le cadre légal, ainsi que sur la rémunération des heures supplémentaires.

La commande publique et la gouvernance en question

L’organisation des achats publics fait également l’objet de vives critiques.

Le rapport fait état de « nombreuses irrégularités » qui doivent être corrigées.

À titre d’exemple, des prestations de conseil juridique et des achats informatiques auraient été attribués en dehors des règles de la commande publique, contournant les procédures de mise en concurrence.

Sur le plan de la gouvernance, la CRC note que les élus du conseil municipal ne recevraient pas systématiquement la note explicative de synthèse obligatoire accompagnant les affaires soumises à délibération, ce qui nuit à la bonne information des conseillers et à la transparence des décisions. Face à ce constat, la Chambre régionale des comptes formule trois recommandations principales : mettre un terme à l’emploi irrégulier d’agents vacataires, respecter les règles de déport des élus en situation de conflit d’intérêts et encadrer formellement le paiement des heures supplémentaires.

Le rapport d’observations, ainsi que la réponse apportée par le maire d’Eyguières, Henri Pons, sont consultables à : https://www.ccomptes.fr/fr/publications/commune-deyguieres-bouches-du-rhone-2

via Press Agence.