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DUBAI : Alioune CISS : « L’avenir des douanes repose…

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DUBAI : Alioune CISS : « L’avenir des douanes repose sur l’Intelligence Artificielle agentique »

Pour le PDG de Webb Fontaine, l’IA agentique révolutionne les douanes en renforçant l’autonomie des États et l’efficacité des contrôles.

Dans une tribune publiée ce mercredi, Alioune Ciss, Directeur Général de Webb Fontaine, analyse la mutation profonde qui s’opère au sein des administrations douanières. Selon lui, après une première phase de numérisation désormais largement achevée, le secteur entre dans une ère bien plus déterminante : celle du passage des systèmes simplement automatisés aux systèmes « agentiques », pilotés par l’Intelligence Artificielle. Une transition qui promet de transformer radicalement les opérations, la réactivité et la souveraineté des États en matière de commerce international.

Un enjeu de souveraineté et de réactivité

Le principal goulot d’étranglement des systèmes douaniers traditionnels réside, selon Alioune Ciss, dans le « fossé de traduction ».

Jusqu’à présent, chaque modification d’un tarif ou introduction d’un nouvel indicateur de risque nécessitait une intervention manuelle d’ingénieurs pour traduire des textes juridiques en code informatique.

« Ce processus est lent, coûteux et crée un décalage dangereux entre l’intention réglementaire et la réalité opérationnelle », souligne-t-il.

L’avènement des grands modèles de langage (LLM) vient combler ce fossé. Un analyste peut désormais décrire une modification en langage naturel, et le système est capable d’interpréter l’instruction, de générer la logique correspondante et de l’appliquer quasi instantanément après validation humaine. Ce changement de paradigme réduit la dépendance aux cycles de développement logiciels et redonne le pouvoir aux experts des politiques commerciales et douanières.

S’adapter en temps réel à la volatilité réglementaire

L’environnement du commerce mondial est en perpétuelle évolution. Pour Alioune Ciss, un système douanier qui requiert des mois de redéveloppement pour intégrer de nouvelles normes est, par définition, obsolète. La véritable révolution technologique se situe dans l’architecture « no-code » qui sous-tend ces nouveaux systèmes d’IA. En dissociant la logique métier du code logiciel figé, les administrations douanières acquièrent une flexibilité inédite, comparée par l’expert à des briques « Lego ».

« Les équipes opérationnelles peuvent concevoir et déployer directement des applications, garantissant que le système évolue aussi rapidement que le commerce mondial lui-même », explique le directeur général de Webb Fontaine (www.WebbFontaine.com).

L’IA, un levier pour la souveraineté nationale

L’un des apports majeurs de l’IA agentique est le renversement de la dépendance technologique. Alioune Ciss rappelle que pendant longtemps, les plateformes numériques commerciales ont confiné les États dans des environnements où les fournisseurs privés détenaient les « clés » du code. Cette dynamique est en train de s’inverser.

« Un système de gestion douanière est un actif stratégique national, car il fournit des informations essentielles sur les flux économiques et l’exposition aux risques », insiste-t-il.

En adoptant des systèmes nativement conçus pour l’IA, les gouvernements reprennent le contrôle total de la logique d’interprétation de leurs données. Cela garantit non seulement une résilience à long terme, mais aussi un niveau de confiance que les anciens systèmes fermés ne pouvaient offrir.

Vers une gestion des risques intelligente et ciblée

Au-delà de la simple configuration, l’IA transforme également en profondeur les mécanismes de contrôle. Les plateformes nouvelle génération excellent dans la gestion intelligente des risques. Les LLM peuvent analyser simultanément des données structurées, comme les déclarations en douane, et des données non structurées, telles que les factures ou les manifestes de transport. Cette capacité leur permet de détecter des incohérences subtiles, invisibles pour les algorithmes traditionnels. Ces systèmes développent des modèles de risque dynamiques qui s’affinent en continu grâce à l’analyse des historiques de conformité.

Le résultat est tangible : une « voie verte » réellement accélérée pour les opérateurs fiables et une « voie rouge », pour les contrôles approfondis, beaucoup plus précise et ciblée.

« Nous ne cherchons plus le risque à l’aveugle, nous utilisons une intelligence collective pour l’identifier », affirme Alioune Ciss.

Webb Fontaine Zerø : une conception native pour l’IA

Pour le dirigeant, il est illusoire de penser que les systèmes hérités, construits sur des bases de code rigides, peuvent être simplement « améliorés » par l’ajout d’un chatbot.

« Pour exploiter pleinement l’IA agentique, l’architecture doit être conçue nativement pour l’IA, et non simplement complétée par de l’IA », prévient-il.

C’est la philosophie qui sous-tend la nouvelle génération de technologie développée par son entreprise, baptisée « Webb Fontaine Zerø ».

Ce concept intègre les LLM à chaque niveau des opérations douanières, permettant aux utilisateurs de concevoir et déployer des applications en interagissant directement avec des agents d’IA, sans l’intervention d’un développeur. En conclusion, Alioune Ciss estime que l’écart se creusera rapidement entre les administrations pionnières et les autres. Celles qui adopteront l’IA agentique bénéficieront de dédouanements plus rapides, d’une meilleure protection de leurs recettes et d’une autonomie opérationnelle renforcée.

Les plateformes douanières de demain ne seront plus de simples outils de traitement : elles deviendront de véritables organismes vivants, capables d’apprendre et de s’adapter en permanence.