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DRAGUIGNAN : Projet de prison au Muy – Les élus de la…

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DRAGUIGNAN : Projet de prison au Muy – Les élus de la Dracénie s’opposent à l’État et choisissent l’emploi

Les élus de la Dracénie s’opposent à un projet de seconde prison au Muy, défendant un pôle économique jugé vital pour le territoire.

Le bras de fer est engagé entre l’État et les élus locaux. Réuni hier en conseil d’agglomération, Dracénie Provence Verdon agglomération (DPVa) a adopté à l’unanimité une motion réaffirmant son opposition ferme à l’implantation d’un second centre pénitentiaire sur son territoire, sur la commune du Muy. Les élus dénoncent un projet qui sacrifierait l’une des dernières grandes réserves foncières économiques du Var au détriment d’un projet de développement jugé indispensable pour l’avenir de la Dracénie.

Un foncier stratégique pour des milliers d’emplois

Au cœur du litige se trouve le site dit « Arc Sud », une zone de 75 hectares au Muy, idéalement positionnée à la croisée des autoroutes A8, RDN7 et du réseau ferroviaire. Pour les élus, ce terrain représente une opportunité unique de développement économique à l’échelle régionale. Ils y projettent la création d’un pôle d’excellence capable de générer entre 3 000 et 4 000 emplois directs, majoritairement qualifiés.

Cette ambition s’appuie sur des investissements déjà consentis. Une convention avec l’Établissement Public Foncier Provence-Alpes-Côte d’Azur (EPF PACA) a mobilisé près de 5 millions d’euros pour la maîtrise foncière du secteur. Selon les projections de l’agglomération, le développement économique du site pourrait générer 1,5 million d’euros de recettes fiscales annuelles, un gain jugé crucial pour un territoire aux finances fragiles.

La filière Défense, un atout majeur du territoire

La vision économique pour l’Arc Sud est précise. Une étude stratégique, confiée à risingSUD, l’agence de développement de la Région Sud, a confirmé le fort potentiel du territoire pour structurer une filière spécialisée dans la Défense et la Sécurité. La Dracénie dispose d’atouts rares : la présence des Écoles Militaires de Draguignan (EMD), pôle majeur de formation de l’armée de Terre, et la proximité immédiate du camp de Canjuers, le plus grand terrain d’entraînement d’Europe occidentale (35 000 ha).

Avec plus de 9 300 militaires et personnels civils répartis sur 14 sites, cet écosystème offre un terrain propice au développement d’activités à forte valeur ajoutée : cybersécurité, robotique, simulation, maintenance spécialisée ou encore développement technologique. Un tel projet s’inscrirait en pleine cohérence avec les objectifs nationaux de réindustrialisation et de souveraineté stratégique.

Un enjeu social contre la précarité

La bataille pour le site du Muy est aussi sociale. La Dracénie fait face à des indicateurs socio-économiques préoccupants : un taux de chômage de 9,3 % (contre 7,2 % au niveau national), un revenu disponible moyen inférieur à la moyenne départementale et un taux de pauvreté de 18,1 % (contre 15,6 % dans le Var).

Face à ce constat, les élus affirment que leur responsabilité est de créer des emplois qualifiés pour retenir les jeunes sur le territoire. L’agglomération a d’ailleurs pris la compétence de l’enseignement supérieur en 2021 et porte le projet de campus « Gillet » à Draguignan pour adapter les formations aux besoins locaux.

« Lorsqu’un territoire ne crée pas suffisamment d’emplois qualifiés, il voit partir sa jeunesse, ses compétences et ses forces vives », alerte le communiqué de l’agglomération présidée par Claude Alemagna.

L’hypothèse d’une « double peine »

Les élus considèrent que le projet pénitentiaire constituerait une « double peine ». La première serait la perte d’une opportunité économique majeure. La seconde serait la charge financière induite par la prison. L’agglomération souligne que les coûts liés à la création des infrastructures nécessaires (voiries, réseaux, extension d’écoles, crèches) n’ont pas été évalués par l’État.

Plus inquiétant, une étude commanditée par la commune du Muy auprès de Veolia conclut que le projet n’est pas compatible avec les capacités actuelles des réseaux d’eau et d’assainissement, ce qui nécessiterait une coûteuse extension de la station d’épuration à la charge de l’intercommunalité.

Tout en reconnaissant le besoin national de places de prison, les élus, soutenus par le MEDEF et l’Union Patronale du Var, appellent à une meilleure équité territoriale, rappelant que la Dracénie accueille déjà la maison d’arrêt de Draguignan. « La Dracénie a déjà pris sa part dans l’effort national de justice. Aujourd’hui, elle doit pouvoir consacrer ses dernières réserves foncières stratégiques à ce dont elle a le plus besoin : l’emploi, la formation de sa jeunesse, l’innovation, la réindustrialisation et le développement économique », concluent-ils.

Plus d’informations sont disponibles sur le site de l’agglomération : https://www.dracenie.com

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).