DIGNE LES BAINS : Benjamin DUPONT : « Repousser ses limites…
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DIGNE LES BAINS : Benjamin DUPONT : « Repousser ses limites pour démontrer la singularité de la découpe »
La plus jeune équipe du concours a hissé les couleurs de la région à la 6e place du Concours National de Boucherie au Salon de l’Agriculture.
C’est au cœur de l’effervescence du Salon International de l’Agriculture, porte de Versailles à Paris, que s’est joué l’un des moments forts de la profession lundi 23 février 2026. Sur le ring porcin du Hall 1, la 7e édition du Concours National de Boucherie Inter-Régions a rassemblé l’élite de l’apprentissage et de l’artisanat français. Parmi les onze équipes en lice, la formation de Provence-Alpes-Côte d’Azur s’est distinguée par sa précocité et sa détermination, décrochant une honorable 6e place au niveau national.
Organisé par la Confédération Française de la Boucherie, Boucherie-Charcuterie, Traiteurs (CFBCT), cet événement est bien plus qu’une simple compétition : il est la vitrine d’un savoir-faire d’exception, celui de la « découpe bouchère à la française », inscrit depuis 2024 au Patrimoine culturel immatériel français.
La jeunesse au pouvoir
L’équipe régionale a marqué les esprits par sa moyenne d’âge, la plus basse du concours, témoignant de la vitalité de la formation dans le Sud. Le trio était emmené par son capitaine Benjamin Dupont, 19 ans seulement mais déjà un artisan confirmé exerçant à L’Étal des Trois Vallées à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence). Ce jeune talent, Meilleur Apprenti de France et engagé dans les compétitions WorldSkills, incarne cette nouvelle génération ambitieuse.
À ses côtés, la relève était assurée par Enzo Ambrosino, 17 ans, jeune boucher à la Boucherie Oh La Vache ! à Cannes (Alpes-Maritimes), et Clémence Vellutini, 23 ans, apprentie à la Boucherie Chez Fred à Avignon (Vaucluse). La présence de Clémence au sein de l’équipe illustre également la féminisation croissante d’un métier qui a su évoluer pour s’ouvrir à tous les talents.
Une épreuve d’endurance et de précision
Durant quatre heures d’une intensité rare, les candidats ont dû faire preuve d’une maîtrise technique absolue. Sous le regard exigeant d’un jury composé notamment de Meilleurs Ouvriers de France (MOF) comme Stéphane Millour et Thierry Morin, ainsi que Franck Toncanier, professionnel de Digne-les-Bains, l’équipe a travaillé cinq espèces animales : l’agneau, le bœuf, le veau, le porc et la volaille.
Le cahier des charges imposait de respecter les règles de l’art à la lettre : désosser, parer, ficeler et présenter des pièces destinées à la vente. Paupiettes, côtes de bœuf, carrés de porc ou encore noisettes d’agneau devaient être dressés avec une régularité millimétrée sur le plateau final. Au-delà de la technique pure, c’est la gestion du stress, la coordination de l’équipe et la créativité dans la présentation qui ont été évaluées.
L’excellence comme moteur
Pour le capitaine de l’équipe, cette 6e place est une étape dans un parcours tourné vers l’excellence. « Chaque compétition de boucherie est l’occasion de repousser ses limites et de donner le meilleur de soi-même pour démontrer la singularité de la découpe bouchère à la française », a déclaré Benjamin Dupont, artisan boucher à Digne-les-Bains.
Cette vision rejoint celle de Jean-François Guihard, Président de la CFBCT, pour qui ce concours « représente une formidable opportunité de valoriser notre métier, d’inspirer et de susciter des vocations ». Dans un contexte où le recrutement reste un enjeu majeur, la performance de ces jeunes professionnels démontre que la filière attire des profils passionnés, prêts à perpétuer des gestes séculaires tout en les adaptant aux exigences modernes.
Un patrimoine vivant
L’édition 2026 revêtait une dimension symbolique particulière. En mettant à l’honneur la découpe bouchère, le concours a célébré un patrimoine culturel immatériel qui structure l’identité gastronomique française. Ce savoir-faire, qui passe par une connaissance anatomique fine de l’animal pour valoriser chaque muscle, est le garant de la qualité que l’on retrouve chez les 18 000 artisans bouchers de France.
Si la victoire finale a échappé aux représentants de la région, Benjamin, Enzo et Clémence ont prouvé que la transmission du savoir-faire entre les générations est assurée. Leur parcours au Salon de l’Agriculture rappelle que derrière chaque étal, qu’il soit à Cannes, Avignon ou Digne-les-Bains, se cachent des années d’apprentissage et une passion intacte pour le produit.