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DIGNE LES BAINS : Benjamin DUPONT : « Chaque compétition es…

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DIGNE LES BAINS : Benjamin DUPONT : « Chaque compétition est l’occasion de repousser ses limites »

Trois jeunes talents de la région Sud se préparent à défendre l’excellence de la boucherie artisanale lors du Salon International de l’Agriculture.

Le compte à rebours est lancé pour l’événement phare de la profession. Le lundi 23 février 2026, l’effervescence du Salon International de l’Agriculture (SIA) atteindra son comble dans le Hall 1, sur le ring porcin, à l’occasion de la 7ème édition du Concours National de Boucherie Inter-Régions. Organisé par la Confédération Française de la Boucherie, Boucherie-Charcuterie, Traiteurs (CFBCT), ce rendez-vous est devenu une vitrine incontournable du savoir-faire artisanal tricolore.

Cette année, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) aligne une équipe particulièrement prometteuse, mêlant jeunesse et haute technicité. Sous les regards de milliers de visiteurs, ils devront démontrer que la boucherie est bien plus qu’un métier : un art de la précision et du goût.

Une équipe régionale jeune et ambitieuse

Pour cette édition 2026, la sélection régionale mise sur des profils compétitifs issus de trois départements différents, illustrant la richesse du terroir du Sud. Le capitaine de l’équipe, Benjamin Dupont, bien que âgé de seulement 19 ans, officie déjà en tant qu’artisan boucher à « L’Étal des Trois Vallées » à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence). Figure de proue de cette formation, il incarne la passion précoce et l’exigence.

« Chaque compétition de boucherie est l’occasion de repousser ses limites et de donner le meilleur de soi-même pour démontrer la singularité de la découpe bouchère à la française », a déclaré Benjamin Dupont.

À ses côtés, la relève est assurée par Enzo Ambrosino, 17 ans, jeune boucher en poste à la « Boucherie Oh La Vache ! » à Cannes (Alpes-Maritimes). Le trio est complété par Clémence Vellutini, 23 ans, apprentie à la « Boucherie Chez Fred » à Avignon (Vaucluse). Cette composition respecte scrupuleusement la règle du concours qui impose la présence d’un artisan confirmé, d’un jeune professionnel et d’un apprenti, avec l’obligation de compter au moins une femme dans les rangs. Une mixité qui reflète la féminisation croissante et bienvenue de la profession.

Quatre heures pour sublimer cinq espèces

Le défi qui attend les 33 candidats, répartis en onze équipes régionales, est de taille. Durant une épreuve technique de quatre heures, ils devront transformer des carcasses brutes en pièces prêtes à la vente, travaillant cinq espèces emblématiques : l’agneau, le bœuf, le veau, le porc et la volaille.

L’objectif n’est pas seulement de découper, mais de sublimer la matière première. Les jurés scruteront la régularité des morceaux, la netteté des coupes, l’optimisation de la carcasse (désossage, parage, épluchage) et l’harmonie finale de la présentation sur plateau. Paupiettes, côtes de bœuf, carrés de porc ou noisettes d’agneau devront être réalisés dans les règles de l’art, sous la pression du chronomètre et des encouragements du public.

Ce marathon technique exige une coordination parfaite entre les trois coéquipiers. Comme le souligne Jean-François Guihard, Président de la CFBCT : « Ce concours réunit chaque année des professionnels et apprentis passionnés venus de toute la France pour donner le meilleur d’eux-mêmes, et démontrer la précision exigeante des gestes qui font la renommée de la boucherie française ».

La découpe à la française : un patrimoine immatériel

L’édition 2026 revêt une dimension symbolique particulière. Elle met à l’honneur la « découpe bouchère à la française », un savoir-faire inscrit depuis 2024 au Patrimoine Culturel Immatériel français. Contrairement à d’autres traditions anglo-saxonnes, la méthode française se caractérise par une connaissance anatomique fine de l’animal, permettant de séparer chaque muscle pour valoriser l’intégralité de la viande et proposer des morceaux adaptés à des cuissons spécifiques.

Cette reconnaissance officielle place les artisans bouchers comme les gardiens d’une tradition gastronomique et comme des maillons essentiels de la filière élevage. « Alors que les 18 000 artisans bouchers français entretiennent des liens étroits avec leurs éleveurs, le concours national de boucherie inter-régions trouve naturellement sa place au cœur du Salon International de l’Agriculture », rappelle Jean-François Guihard.

Un jury d’exception pour une compétition de haut vol

Pour départager les équipes, un jury prestigieux a été réuni, co-présidé par Eric Lebœuf, Président de la Classe des Meilleurs Ouvriers de France (MOF), et Pascal Clavel, Président de la Commission Formation de la CFBCT. Ils seront épaulés par d’autres MOF et professionnels reconnus, dont Franck Toncanier, lui-même boucher à Digne-les-Bains, qui apportera son expertise locale au panel national.

Les critères d’évaluation porteront autant sur la maîtrise technique (le geste juste, le respect du produit) que sur la créativité de l’étal. Au-delà de la compétition, l’événement vise à susciter des vocations auprès des jeunes générations et à montrer au grand public la réalité d’un métier moderne, qui allie respect de la tradition et innovation culinaire.

Rendez-vous est donc pris le lundi 23 février, de 9h à 13h, pour soutenir l’équipe de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur dans cette quête de l’excellence.