DAKAR : Répression universitaire – Un étudiant tué lo…
Partager :
DAKAR : Répression universitaire – Un étudiant tué lors d’une intervention policière sur le campus
L’organisation AfricTivistes condamne la répression policière à l’université de Dakar, qui a causé la mort d’un étudiant et de nombreuses arrestations.
L’organisation citoyenne AfricTivistes a fermement condamné l’intervention des forces de l’ordre sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) au Sénégal, survenue le lundi 9 février 2026. Cette opération, menée dans un climat de contestation estudiantine, s’est soldée par la mort d’un étudiant, plusieurs blessés et plus d’une centaine d’interpellations, suscitant une vive indignation.
Un étudiant tué, des dizaines d’arrestations
Selon le communiqué d’AfricTivistes, les Forces de défense et de sécurité (FDS) sont intervenues sur le campus en faisant un usage massif de gaz lacrymogènes dans plusieurs pavillons. Cette action a créé « un climat de peur, de chaos et de désarroi », forçant les étudiants à se confiner dans leurs chambres.
Le drame a culminé dans la soirée avec le décès d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de médecine dentaire. D’après le président de l’amicale des étudiants en médecine, le jeune homme aurait succombé à des violences subies de la part des forces de l’ordre à l’intérieur même de sa chambre. Au-delà de cette tragédie, le bilan fait état de plusieurs blessés et de plus de 105 étudiants interpellés. Ces derniers sont poursuivis pour des motifs tels que « participation à une manifestation non autorisée », « trouble à l’ordre public » et « destruction de biens publics ».
Une violation des franchises universitaires
En tant que partenaire des universités sénégalaises, l’organisation AfricTivistes (https://africtivistes.org) a dénoncé une « répression disproportionnée et inacceptable ». Elle rappelle que l’université doit rester un lieu de savoir et de débat, où la violence n’a pas sa place. « Recourir à la force au sein de l’université contre des étudiants, même dans un contexte de contestation, est une violation grave des franchises universitaires, des droits humains et des libertés académiques », souligne le communiqué.
Pour l’organisation, la répression n’est jamais une solution face aux revendications sociales et académiques, et elle comporte au contraire le risque d’une « escalade irréversible de la violence ». Elle invite les autorités à privilégier la responsabilité et la concertation pour gérer les crises universitaires et protéger la jeunesse.
Appel à la responsabilité et à la justice
Face à la gravité des faits, AfricTivistes lance un appel solennel aux autorités sénégalaises et formule plusieurs exigences claires. L’organisation demande la libération sans délai de tous les étudiants interpellés et exhorte les pouvoirs publics à :
– Situer les responsabilités pour rendre justice à l’étudiant décédé Abdoulaye Ba et aux nombreux blessés.
– Clarifier rapidement les circonstances exactes qui ont mené à ces violences.
– Garantir le respect absolu de l’intégrité physique et morale des étudiants et faire preuve de retenue lors de toute intervention future sur les campus.
– Prioriser le dialogue et les mécanismes pacifiques de résolution des conflits à la place de la répression.
– S’engager à protéger et renforcer les libertés académiques et citoyennes, considérées comme le fondement de toute démocratie.
« La démocratie se mesure aussi à la manière dont un État protège, écoute et respecte sa jeunesse », conclut le communiqué. AfricTivistes s’est inclinée respectueusement devant la mémoire d’Abdoulaye Ba, adressant ses pensées solidaires à sa famille, ses proches et à l’ensemble de la communauté universitaire endeuillée.