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CHERBOURG : Luke BERRY : « Revenir à ce qui nous anime le plus : la confrontation sportive »

Après son chavirage, Luke Berry renoue avec la compétition sur la Drheam Cup, étape cruciale dans sa préparation pour la Route du Rhum.

Le cauchemar est terminé. L’océan l’appelle à nouveau. Après des semaines d’un combat acharné à terre pour remettre son trimaran en état suite à un violent chavirage en Méditerranée fin avril, le skipper Luke Berry s’apprête à replonger dans l’arène. Ce samedi 11 juillet, il s’élancera de Cherbourg pour la Drheam Cup, une épreuve redoutable de 1 000 milles qui sonne comme une véritable résurrection. Plus qu’une course, c’est une reconquête : son premier affrontement depuis la Transat Café L’Or 2025 et, surtout, son baptême du feu en solitaire à la barre de son surpuissant Ocean Fifty. Une répétition générale capitale avant le monument de la course au large, la mythique Route du Rhum.

Le retour du guerrier des mers

La tension, l’adrénaline, le goût du sel et de l’effort… Des sensations que le navigateur attendait avec une impatience brûlante, après des mois passés à superviser un chantier titanesque. Le soulagement est palpable, l’envie de larguer les amarres est immense. Le skipper ne cache pas son émotion à l’idée de retrouver enfin son élément, la compétition pure.

« Il y a encore quelques semaines, la possibilité de s’engager sur la Drheam Cup n’était pas du tout une évidence », rappelle d’emblée Luke Berry.

« Après le chavirage, nous avons réussi à remettre rapidement le bateau en état, à le ramener à Saint-Malo et à honorer toutes nos sorties partenaires. Aujourd’hui, nous pouvons enfin reprendre le chemin de la compétition. J’ai hâte de retrouver la navigation engagée, de remettre ma casquette de skipper et mon ciré. Depuis plusieurs mois, notre quotidien était avant tout consacré à la gestion de projet. Aujourd’hui, nous revenons enfin à ce qui nous anime le plus : la confrontation sportive au large. »

Entre excitation et lucidité

Cette Drheam Cup 2026 est un carrefour d’émotions pour le marin. C’est le grand retour, mais aussi le grand saut dans l’inconnu. Naviguer en solitaire sur un multicoque aussi exigeant est un défi immense, un test ultime pour l’homme et la machine. L’excitation de la régate se mêle à une appréhension légitime, d’autant que les conditions météo s’annoncent musclées.

« Naviguer en Ocean Fifty est déjà exigeant en équipage ; en solitaire, c’est encore un autre niveau. La météo annoncée semble plutôt tonique, donc il faudra être vigilant dès le début », prévient-il.

Pourtant, une pointe de frustration teinte ce retour. Le bateau, sauvé des eaux, n’est pas encore la machine de guerre qu’il devrait être. Avec un mât de prêt et une garde-robe de voiles inadaptée, le skipper sait qu’il ne pourra pas se battre à armes égales. Une réalité qu’il accepte avec la philosophie des grands marins, transformant l’épreuve en un défi mental.

« Le bateau n’est pas encore à 100 % de son potentiel. […] Cela impacte forcément les performances et, aujourd’hui, je ne peux pas courir à armes égales avec les autres concurrents. J’aurais évidemment préféré arriver avec un trimaran totalement opérationnel et davantage d’entraînement. Mais cela fait aussi partie du métier : accepter la situation, composer avec ce que l’on a et donner le meilleur malgré tout. »

Un objectif clair : la qualification

Sans pression de résultat, Luke Berry aborde cette course avec une mission précise : valider sa qualification pour la Route du Rhum. L’objectif n’est pas la victoire, mais la reconstruction. Reprendre confiance, retrouver les automatismes, et se mesurer à toute la flotte des Ocean Fifty, qui sera présente au départ. Le parcours de 1 000 milles entre Cherbourg et Lorient, via la mer d’Irlande et le golfe de Gascogne, sera un juge de paix impitoyable et un terrain de jeu parfait pour se jauger.

Le programme à venir est déjà tracé. Après la course, un chantier estival permettra d’installer enfin le nouveau mât en août. Suivront deux mois d’entraînements intensifs pour que le skipper et son bateau fusionnent à nouveau, prêts à affronter les tempêtes de l’Atlantique.

Un départ avancé sous haute tension

Pour pimenter ce retour, la direction de course a décidé d’avancer le départ de 24 heures en raison de conditions très difficiles attendues en Manche. Le coup de canon retentira donc ce samedi 11 juillet à 11h00 précises. Une entrée en matière immédiate et brutale, comme pour signifier à Luke Berry que la trêve est bien terminée. Le guerrier est de retour aux affaires.

via PA Sport (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).