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CHÂTELLERAULT : Recyclage textile – Plaxtil et Essaim…

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CHÂTELLERAULT : Recyclage textile – Plaxtil et Essaimons bâtissent une filière d’avenir

À Châtellerault, le duo d’entreprises Plaxtil et Essaimons allie technologie de pointe et insertion pour répondre au défi des déchets textiles.

Face à une montagne de 12,6 millions de tonnes de déchets textiles générés chaque année par l’Union européenne, dont à peine 1 % est réellement recyclé, un modèle innovant émerge dans la Vienne. Le groupe châtelleraudais Plaxtil Essaimons se positionne comme un acteur clé pour structurer une filière de régénération textile 100 % française, en combinant performance industrielle et impact social. Après une année 2025 marquée par des succès structurants, le groupe aborde 2026 avec une ambition décuplée.

Un modèle hybride alliant technologie et solidarité.

Le projet, né de la vision de l’ingénieur Olivier Civil, repose sur la complémentarité de deux entités. D’un côté, Plaxtil (https://www.plaxtil.com) constitue le pilier technologique. La start-up a développé un procédé permettant de transformer les fibres textiles usagées en un polymère hybride recyclable, offrant une alternative durable aux plastiques d’origine fossile. De l’autre, sa filiale Essaimons (https://www.essaimons.com), dirigée par Charlotte Caillet et labellisée Économie Sociale et Solidaire (ESS), incarne la dimension humaine du projet. Elle assure les opérations de tri, de délissage et de préparation de la matière tout en proposant des parcours de formation et d’insertion à des personnes éloignées de l’emploi.

Ce positionnement unique, ni collecteur traditionnel ni industriel textile historique, confère au groupe une agilité stratégique. Il se présente comme le « maillon manquant » entre les acteurs de la collecte issus de l’ESS et les futurs industriels du recyclage chimique, anticipant les besoins d’une filière en pleine mutation.

Cinq succès majeurs en 2025.

L’année 2025 a été celle de la concrétisation pour le groupe, avec cinq avancées majeures qui confirment la pertinence de son modèle. En premier lieu, Essaimons a été désignée « Top Entreprise de la Vienne 2025 » par La Nouvelle République le 18 décembre dernier, une reconnaissance qui souligne son rôle central dans l’économie circulaire locale.

Sur le plan industriel, le groupe a franchi un cap décisif avec l’installation de la première ligne de tri optique de textiles en France. Cette technologie de pointe, soutenue par l’éco-organisme ReFashion dans le cadre du programme ECO TEX LOOP, permet une reconnaissance automatisée des fibres et des couleurs. Ce tri de haute précision est essentiel pour orienter efficacement les matières vers les bons procédés de recyclage et ouvrir la voie à une industrialisation à grande échelle.

Le volet humain n’est pas en reste. Le lancement en octobre 2025 du programme « Essaimons Formation » a reçu le soutien financier de la DREETS Nouvelle-Aquitaine. Ce parcours certifiant, reconnu par le système Open Badge, vise à professionnaliser les métiers du tri et de la valorisation textile, garantissant une montée en compétences en parallèle de la montée en puissance industrielle.

La confiance des institutions a été renouvelée avec l’octroi d’une subvention européenne FEDER par la Région Nouvelle-Aquitaine pour déployer le programme ECO TEX LOOP en 2026 et 2027. Enfin, l’année s’est conclue sur une ouverture internationale : Plaxtil a rejoint le programme transfrontalier Circular TexEFA, qui fédère des partenaires français, espagnols et andorrans (ESTIA, CETIA, KOOPERA, etc.) pour améliorer la circularité textile à l’échelle européenne.

Une ambition claire pour 2026 et au-delà.

Fort de ces réussites, Plaxtil Essaimons aborde 2026 comme une année de déploiement accéléré. La stratégie s’articule autour de trois axes : industrialiser les capacités de tri et de régénération, structurer les filières de formation et d’insertion, et coopérer au niveau européen pour mutualiser les savoir-faire.

L’objectif à long terme est ambitieux : le groupe vise à opérer 100 000 tonnes de déchets textiles d’ici 2032. En régénérant à la fois la matière, les compétences et les territoires, le modèle de Châtellerault pourrait bien s’imposer comme une référence pour l’avenir du recyclage en Europe.