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CAVALAIRE-SUR-MER : Commémoration du 80ème anniversaire de…

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CAVALAIRE-SUR-MER : Commémoration du 80ème anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945

Devant le monument aux morts de l’esplanade de Lattre de Tassigny, le maire Philippe Leonelli a rappelé l’ampleur du sacrifice consenti pour la liberté et le devoir de transmission qui en découle.

Ce jeudi 8 mai 2025 au matin, plusieurs dizaines de porte-drapeaux, d’anciens combattants, d’élus et de citoyens se sont rassemblés sous un soleil printanier devant le monument aux morts de l’esplanade de Lattre de Tassigny.

La cérémonie, conduite par l’adjoint Philippe Vandevelde, marquait le 80ème anniversaire de la reddition allemande et rendait hommage à « la victoire des Nations Unies et la victoire de la France », selon les mots du général de Gaulle cités par le maire Philippe Leonelli.

Dans un discours empreint d’émotion, l’édile a rappelé que « plus de 50 millions d’êtres humains ont péri pendant cette terrible guerre », sans compter les 35 millions de blessés et les millions de disparus . Égrenant les dates de libération des camps d’extermination – Auschwitz-Birkenau, Buchenwald, Bergen-Belsen ou encore Dachau – il a souligné que « la libération du camp de Mauthausen, le 5 mai 1945, mit définitivement fin à l’univers concentrationnaire », principal instrument de terreur nazi.

Philippe Leonelli a aussi salué le courage des survivants qui ont accepté de témoigner « après des années de silence » pour que l’indicible soit enfin nommé, reprenant la fameuse phrase de Simone Veil : « Si nous n’en avons pas parlé, c’est parce qu’on n’a pas voulu nous entendre ».

Ce silence, a-t-il poursuivi, « est aussi un langage et une arme » qu’il faut savoir entendre pour « construire le désir de mémoire ».

Devant les enfants des écoles venus déposer des bouquets tricolores, le maire a insisté sur la nécessaire vigilance face à la résurgence des idéologies de haine : « Souvenons-nous de tous ces disparus (…), de celles et ceux qui se sont murés dans le silence, mais souvenons-nous aussi de celles et ceux qui n’ont jamais parlé ».

Citant le résistant Pierre Brossolette – « Ce que nos morts attendent de nous, ce n’est pas un sanglot mais un élan » – il a appelé la jeune génération à « continuer de raconter l’horreur pour que jamais plus cela ne se reproduise ».

La cérémonie s’est achevée par une minute de silence, la Marseillaise interprétée par l’harmonie municipale et le triple cri final du maire : « Vive la Paix, vive la République et vive la France » !

Photos Ville de Cavalaire-sur-Mer.

En présence de :

Philippe Vandevelde, adjoint aux cérémonies patriotiques et maître de cérémonie,

Les élus,

Les présidents d’associations d’anciens combattants,

Les représentants des associations mémorielles,

Les porte-drapeaux.

A NOTER…

L’intervention de Philippe Leonelli : 

« La guerre est gagnée ! Voici la Victoire ! C’est la Victoire des Nations unies et c’est la Victoire de la France ! ». 

C’est dans ces termes que le Général de Gaulle annonçait, dans son discours radiodiffusé du 8 mai 1945, la capitulation de l’ennemi allemand devant les armées de l’Ouest et de l’Est.

Il y a donc précisément 80 ans, l’Allemagne hitlérienne s’inclinait. Le 8 mai, à minuit, l’effroyable guerre qui ravageait depuis six ans l’Europe prenait fin. La liberté triomphait enfin d’une idéologie nourrie de haine et de terreur.

Quelques semaines, quelques mois auparavant, les camps d’Auschwitz Birkenau (27 janvier 1945), Buchenwald (5 avril 1945), Bergsen-Belsen (15 avril 1945), Ravensbrück (28 avril 1945) et Dachau (29 avril 1945) avaient été libérés par les forces alliées. Mais c’est la libération du camp de Mauthausen, le 5 mai 1945, qui mit définitivement fin à l’univers concentrationnaire, principal instrument de terreur de la domination nazie.

Lorsque les survivants des camps furent libérés, à la joie se mêla l’immense tristesse de n’avoir pu sauver à temps d’innombrables victimes, tous ces déportés qui succombèrent aux maladies, à l’épuisement physique, à la famine et au désespoir, ou bien qui furent assassinées par leurs bourreaux jusqu’au dernier instant.

Le 8 mai 1945, c’est la fin de la peur, l’avènement de l’espoir, la victoire.

Le 8 mai marque la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, l’une des périodes les plus sombres de notre histoire. Ce second conflit représente un traumatisme sans précédent pour le monde car il est avant tout marqué par une véritable hécatombe démographique plus de 50 millions d’êtres humains ont péri pendant cette terrible guerre. Ce sont les victimes militaires des combats, les pertes civiles dans les bombardements et, bien sûr, les victimes du génocide. A ces sinistres chiffres doivent encore s’ajouter 35 millions de blessés et plus de 3 millions de disparus.

Pourtant, le retour des survivants, de quelque pays qu’ils soient fut extrêmement difficile et douloureux.

Car, comme l’écrivit si bien Simone Veil, des années plus tard, et alors qu’elle commençait tout juste à témoigner :

 « Si nous n’en avons pas parlé, c’est parce qu’on n’a pas voulu nous entendre ».

En effet, ce qu’expliquait les survivants était tellement impossible à croire que beaucoup de déportés choisirent finalement le silence. Mais paradoxalement, ce silence autour des disparus a construit de nombreux survivants, telle Evelyne Guzy, journaliste. Elle raconte : « On ne parlait pas du tout de la Shoah dans ma famille. Les choses n’étaient jamais évoquées… ça m’a construit. Je pense que quelque part, le silence est aussi un langage. Et le silence est aussi une arme », souligne-t-elle.

*****

Je crois que nous devons un profond respect et une profonde reconnaissance à toutes celles et ceux qui ont parlé. La profonde conscience aussi, comme l’a dit Simone Veil, qu’on n’était pas toujours prêts à les écouter, et souvent même pas du tout, mais que parfois, par le silence, des choses pouvaient se transmettre et en tous cas le désir de savoir, le désir de mémoire…

Depuis nous savons. Pas tout, mais nous savons. Les témoignages sont entrés dans le giron de l’Histoire. On pourrait presque dire avec un grand H, mais ce qui est spécifique avec ce mot en français, c’est qu’on peut y rajouter une histoire, et donc le côté humain, avec toujours plus de témoignages pour comprendre cette période. Alors, ici même devant ce monument aux morts où nous nous inclinons en hommage aux millions de victimes de cette folie destructrice organisée, programmée et exécutée au nom d’une idéologie barbare,

Souvenons-nous de tous ces disparus, souvenons-nous aussi de toutes celles et ceux qui se sont murés dans le silence avant de porter leurs témoignages à la face du monde, mais souvenons-nous aussi de celles et ceux qui n’ont jamais parlé.

Souvenons-nous enfin que cette victoire qui représente le fruit de l’effort, du courage et du sacrifice de toutes celles et ceux qui n’ont jamais désespéré.

A l’instar du Général de Gaulle, tous ont eu foi en notre pays, en sa capacité à mener le juste combat contre tout ce que le 20ème siècle connaissait de plus absurde, de plus monstrueux, de plus innommable. Grâce à ces hommes et à ces femmes, différents par leurs origines, leurs histoires, leurs parcours, mais réunis par un idéal commun, la France a pu, après la guerre, retrouver pleinement son rang dans le concert des nations.

Tout cela nous confère le devoir de célébrer la date du 8 mai 1945. Nous devons le faire par fidélité envers la mémoire de celles et ceux qui ont perdu la vie dans ces combats pour notre liberté. Nous devons le faire par fidélité à la mémoire de celles et ceux qui ont péri dans les prisons et dans les camps, mais aussi à celles et ceux qui ont accepté de témoigner après des années de silence pour que l’on n’oublie pas. Il est plus que jamais utile aujourd’hui de réfléchir à cette pensée du résistant Pierre Brossolette : « Ce que nos morts attendent de nous, ce n’est pas un sanglot mais un élan… ».

Et j’ajouterais : « ce que nos morts attendent de nous, c’est que nous continuions de raconter l’horreur et l’indicible pour que jamais plus cela ne se reproduise ».

Souvenons-nous aujourd’hui, demain et toujours ce que signifie ce 8 mai 1945. Vive la Paix, Vive la République et Vive la France !