CARNOULES : Citoyenneté – Une première cérémonie de n…
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CARNOULES : Citoyenneté – Une première cérémonie de naturalisation historique dans l’ancienne cave coopérative
À Carnoules, 50 nouveaux Français ont reçu leur décret de naturalisation lors d’une cérémonie empreinte d’histoire et de symboles républicains.
C’est une grande première pour la commune. Jamais auparavant Carnoules n’avait accueilli une cérémonie de naturalisation de cette ampleur. Le 26 janvier dernier, dans l’enceinte rénovée de l’ancienne cave coopérative « La Laborieuse », Christophe Mandon, maire de Carnoules, et la sous-préfète de l’arrondissement de Brignoles, ont présidé cet événement solennel marquant l’entrée dans la communauté nationale de cinquante résidents du Var.
Un lieu chargé de mémoire ouvrière et républicaine
Le choix du lieu ne devait rien au hasard. Transformée en espace culturel et médiathèque, cette ancienne cave est un témoin direct de l’histoire locale.
« C’est un honneur de vous accueillir dans cet espace communal, ancienne cave coopérative issue de la révolte vigneronne de 1907 », a souligné Christophe Mandon.
Le maire a invité l’assistance à découvrir le rez-de-chaussée resté « dans son jus » pour conserver l’âme agricole du site.
Pour la représentante de l’État, ce bâtiment raconte une histoire qui résonne avec le parcours des nouveaux citoyens : « une histoire de migration, de travail, de solidarité et de République ».
La sous-préfète a rappelé que la terre viticole varoise a été façonnée par des générations de travailleurs venus d’Italie, d’Espagne et d’ailleurs.
« En devenant Français aujourd’hui, vous vous inscrivez dans cette longue lignée de femmes et d’hommes qui, par leur effort et leur amour du pays, ont bâti la France », a-t-elle affirmé.
Carnoules, terre de résistance
Les discours ont largement puisé dans le riche passé de la commune pour illustrer les valeurs de liberté et de résistance. Le maire a évoqué la mémoire de deux Carnoulais partis soutenir la guerre d’indépendance des États-Unis avant la Révolution française, ramenant avec eux l’idéal de liberté.
Il a également rappelé l’opposition farouche de la ville au coup d’État du 2 décembre 1851 de Louis-Napoléon Bonaparte : « Carnoules était la frontière contre l’occupant […] tous les lavoirs et les fontaines de la commune portent la date de 1851 ».
La sous-préfète a rebondi sur cet héritage politique, notant une ironie de l’histoire particulièrement pertinente pour l’occasion. Elle a souligné qu’en 1850, l’administration avait ordonné la fermeture des cercles républicains locaux, notamment parce qu’on leur reprochait « de recevoir des étrangers ». « C’est de cet héritage et des évolutions qui ont suivi dont vous devenez aussi aujourd’hui les dépositaires », a-t-elle déclaré aux récipiendaires.
Une diversité qui enrichit la Nation
Au total, ce sont 33 femmes et 17 hommes, originaires de 22 pays différents (Algérie, Mexique, Allemagne, Royaume-Uni, Russie, Pérou, etc.), qui ont officiellement acquis la nationalité française. Ils résident dans diverses communes du département, telles que Le Luc, Gonfaron, Pignans, ou encore Le Cannet-des-Maures.
Christophe Mandon a tenu à partager sa propre histoire familiale pour accueillir ses nouveaux compatriotes : « Mon nom c’est Cortès. Chacun comprendra que je suis issu de cette histoire puisque mes grands-parents et ma mère ont été naturalisés français en 1962 ».
Il a conclu son intervention par un appel vibrant : « Puisque vous êtes Français, soyez-en fiers et sachez en être dignes ».
L’aboutissement d’un parcours d’intégration
La cérémonie, ponctuée par la projection d’un film sur les droits et devoirs du citoyen, a rappelé les piliers de la République : liberté, égalité, fraternité et laïcité. « La France vous a choisi », a martelé la sous-préfète, insistant sur le fait que cette naturalisation n’est pas une simple formalité administrative, mais « une promesse d’avenir » et une « responsabilité partagée ».
Après la remise individuelle des décrets aux habitants venus de communes comme Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, La Seyne-sur-Mer ou Puget-Ville, l’assemblée s’est levée pour entonner la Marseillaise, scellant ainsi leur appartenance à la communauté nationale. La journée s’est achevée par un moment de convivialité, permettant aux nouveaux citoyens d’échanger avec les élus locaux et les représentants des forces de sécurité présents pour l’occasion.
Photo Alain BLANCHOT.