CANNES : Patrimoine – La tour-monastère de l’îl…
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CANNES : Patrimoine – La tour-monastère de l’île Saint-Honorat inaugurée après 6,3 millions d’euros de travaux
Après un chantier colossal de 6,3 M€ débuté en 2020, la tour-monastère de l’île Saint-Honorat, joyau médiéval face à Cannes, est inaugurée ce jour.
Face à la baie de Cannes, l’île Saint-Honorat a célébré ce lundi 22 juin 2026 l’inauguration de sa tour-monastère fortifiée, à l’issue d’un chantier de restauration d’envergure. En présence de Jacques Witkowski, Préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, et des acteurs du projet, l’événement a marqué la renaissance d’un monument classé dès 1840 et considéré comme un berceau du monachisme occidental.
Seize siècles après l’installation de la première communauté monastique par Saint Honorat au début du 5ème siècle, ce lieu emblématique, à la fois spirituel et patrimonial, s’offre une nouvelle jeunesse tout en conservant les marques de son histoire millénaire.
Un chantier hors-norme à 6,3 millions d’euros
Lancée en 2020, l’opération de sauvetage visait à consolider un édifice dont la construction a débuté à la fin du 11ème siècle. Le coût total du projet s’élève à 6,3 millions d’euros, un investissement à la hauteur des enjeux logistiques et techniques posés par un chantier en milieu insulaire, où chaque matériau et équipement doit être acheminé par la mer.
L’État a joué un rôle moteur dans ce financement, apportant plus de trois millions d’euros, soit la moitié de la dépense totale. Cet engagement a été canalisé via la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) et les crédits du plan de relance, témoignant d’une volonté forte de préserver ce patrimoine national.
L’alliance du public et du mécénat privé
La réussite de ce projet repose sur une mobilisation collective. Aux côtés de l’État, des partenaires privés de premier plan ont apporté leur soutien. La Fondation du Patrimoine a été un acteur clé dans la coordination et la levée de fonds, tout comme la Fondation TotalEnergies, réaffirmant son engagement dans la préservation des trésors patrimoniaux français. Cette synergie entre fonds publics et mécénat d’entreprise s’est avérée décisive pour mener à bien une restauration aussi complexe.
Restaurer pour transmettre, connaître et oser
Le parti-pris de la restauration, menée par l’architecte en chef des monuments historiques, n’a pas été de figer le monument dans un état originel idéalisé. L’objectif était triple. Il s’agissait d’abord de transmettre : la tour conserve son aspect de « ruine habitée », mais elle est désormais protégée des intempéries par une couverture contemporaine discrète qui met les voûtes et les structures hors d’eau et hors d’air.
Ensuite, le chantier a permis de connaître : le suivi archéologique a renouvelé en profondeur la compréhension des origines du site. Enfin, le projet a su oser le dialogue avec le présent : la chapelle Sainte-Croix, de nouveau consacrée, accueille onze vitraux et une tapisserie, ultime œuvre de l’artiste Vera Molnar. Deux cloches ont également retrouvé leur place et leur voix dans le clocher.
Objectif UNESCO, malgré un obstacle à Sainte-Marguerite
Cette inauguration n’est qu’une étape. L’État a déjà étendu la protection au titre des monuments historiques à l’ensemble de l’île depuis septembre 2025. Désormais, tous les regards sont tournés vers la candidature de « Saint-Honorat, l’île monastique de Lérins » à l’inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO.
Cette ambition, portée par l’abbaye de Lérins et la ville de Cannes, est soutenue activement par le gouvernement. Cependant, un obstacle de taille demeure : la présence d’un chantier jugé irrégulier sur l’île voisine de Sainte-Marguerite. Les autorités ont souligné que la régularisation de cette situation est un prérequis indispensable pour donner toutes ses chances au dossier de reconnaissance universelle des îles de Lérins.
via Presse Agence.
