CANNES : Le tourisme ne se décrète pas, il s’organise
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CANNES : Le tourisme ne se décrète pas, il s’organise
Gilles Cima, Adjoint au Maire de Cannes, Président de la fédération UDI des Alpes-Maritimes et Secrétaire national UDI au Tourisme.
La France est la première destination touristique mondiale avec 102 millions de visiteurs internationaux en 2025, et le tourisme reste l’un des rares postes excédentaires de notre balance des paiements. Ce rang, nous l’entretenons mal.
L’Espagne accueille moins de visiteurs que nous, mais encaisse 105 milliards d’euros de recettes internationales quand nous en déclarons 77,5. Le nombre de visiteurs ne dit donc rien de l’essentiel, qui reste la dépense engagée sur place.
À Cannes, nous ne séparons pas le tourisme d’affaires du tourisme de loisirs, nous entretenons le premier comme le corollaire du second. La notoriété que construisent le loisir et les activités de plaisance, l’événementiel la transforme en activité économique toute l’année. Le Palais des Festivals et des Congrès affiche 320 jours d’occupation, ce qui en fait le premier palais d’Europe. Derrière ce chiffre, il y a une stratégie minutieuse. Le congressiste dépense davantage que la moyenne des 760 euros par séjour, et il vient en février comme en novembre, ce qui permet à l’hôtellerie, à la restauration et au commerce de tenir toute l’année.
Cette montée en puissance vaut pour toute la Côte d’Azur, mais elle bute sur des blocages que nous ne pouvons plus reléguer au second plan. Les bouchons sur l’autoroute et la saturation de la circulation pèsent sur l’attractivité autant que sur la vie des habitants. La pollution aussi, alors que les transports concentrent les trois quarts des émissions du secteur touristique. La sécurité, enfin, à laquelle nous consacrons un réseau de 1 000 caméras qui place Cannes parmi les villes les mieux équipées de France.
Par ailleurs, une nouvelle clientèle s’installe durablement venue d’Europe du Nord. Ses attentes ne sont pas celles des visiteurs sud-européens ou américains que nous avions l’habitude d’avoir. Avant de venir, elle regarde la qualité de l’eau de mer avant les prix, évalue nos stations de traitement des eaux, la modernité de notre hôpital, notre capacité à accueillir les familles. Elle veut des animations pour les enfants et une vie nocturne assumée, ce que Cannes organise avec entre autres les plages électros, le bal des fous…
Comme vous le constatez, ajuster une offre à des attentes suppose de connaître son territoire, ses flux, ses saisons et ses habitants. C’est le métier des élus locaux et personne ne le fera à leur place. Encore faut-il que la bureaucratie parisienne cesse de confondre le contrôle avec la stratégie. Il serait temps que l’État donne durablement les moyens pour développer le tourisme et gagner en recettes internationales.
SOURCE : UDI – Les infos de la semaine.

