CANNES : Jean MACH : « L’IA doit permettre à plus de…
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CANNES : Jean MACH : « L’IA doit permettre à plus de films d’exister »
Présent à Cannes, le producteur Jean Mach défend le « cinéma augmenté », une approche utilisant l’IA pour aider les jeunes talents à produire leurs films.
Alors que le Festival de Cannes 2026 fait la part belle aux débats sur l’intelligence artificielle et son impact sur le septième art, une vision pragmatique et constructive émerge. Loin des craintes de remplacement des créateurs, le producteur et réalisateur Jean Mach, membre de la SACD et de l’Académie des César, propose une voie alternative : utiliser l’IA comme un levier pour la diversité et l’émergence de nouveaux talents. Présent sur la Croisette, il défend un concept qu’il nomme le « cinéma augmenté », une méthode destinée à ouvrir les portes d’une industrie souvent inaccessible.
Un « cinéma augmenté » au service des talents
Le constat de départ est simple : de nombreux projets cinématographiques ambitieux ne voient jamais le jour, faute de financements, de réseaux ou de délais de production compatibles avec les exigences du marché. « L’enjeu n’est pas de remplacer le cinéma traditionnel, mais d’ajouter une nouvelle voie de production », explique en substance Jean Mach. Son approche vise à permettre à des films restés dans les tiroirs de voir enfin le jour et à donner une chance à de jeunes réalisateurs, scénaristes ou acteurs encore inconnus.
Pour concrétiser cette vision, le studio Inevitable (https://inevitable.click), qu’il a cofondé, a développé une technologie de production spécifique. L’objectif affiché est de pouvoir réaliser un film de haute qualité cinématographique en seulement quatre mois, pour un budget avoisinant les 250 000 euros. Une telle optimisation des coûts et des délais pourrait radicalement transformer les conditions d’accès à la production, notamment pour le cinéma indépendant. Une vidéo de présentation (https://www.youtube.com/watch?v=rdiaHQhtgdA) illustre d’ailleurs ce processus novateur.
L’humain au cœur du processus créatif
Contrairement à l’idée répandue d’une IA générant des séquences à partir de simples instructions textuelles (« prompts »), la méthode d’Inevitable préserve une chaîne de création classique. La vision du réalisateur reste la pierre angulaire du projet. La narration, la mise en scène, le rythme et la continuité visuelle sont entièrement définis en amont par les équipes créatives. Une prévisualisation complète du film est même établie avant que l’intelligence artificielle n’intervienne pour la génération des images finales.
Cette approche garantit que l’IA reste un outil au service d’une intention artistique, et non l’inverse. Elle permet de réduire les contraintes techniques et financières sans déposséder les auteurs, les réalisateurs ou les acteurs de leur rôle central. La chaîne des droits d’auteur est par ailleurs intégralement respectée, un point crucial dans les débats actuels.
Vers un producteur et un cinéma transformés
À Cannes, Jean Mach participe activement aux discussions sur l’avenir des métiers du cinéma au sein de l’espace Cannes Next, dédié à l’innovation. Il y évoque l’émergence possible d’un « producteur augmenté », capable de porter des projets plus ambitieux avec des moyens de production repensés.
Les enjeux sont multiples : définir de nouveaux modèles économiques pour le cinéma indépendant, encadrer juridiquement l’usage de l’IA pour protéger les droits et l’image des acteurs, et assurer une juste rémunération de tous les talents impliqués. En définitive, le cinéma augmenté pourrait bien être la réponse pour ouvrir un secteur traditionnellement fermé à une nouvelle génération de créateurs, leur donnant les moyens de transformer leurs visions en films.


