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CANNES : Guila Clara KESSOUS : « Je porte l’élan de t…

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CANNES : Guila Clara KESSOUS : « Je porte l’élan de toutes celles qui cherchent à s’élever »

Le film « Woman on Rope », présenté en avant-première au Festival de Cannes, transforme l’escalade à la corde en puissante métaphore du combat des femmes.

Le Festival de Cannes devient la scène d’un langage inattendu et universel avec la présentation en avant-première mondiale du court-métrage « Woman on Rope ». Imaginé et incarné par Guila Clara Kessous, Artiste de l’UNESCO pour la Paix, et réalisé par Aurélia Khazan, le film utilise une performance physique pour raconter un combat séculaire : celui pour l’égalité des droits entre les femmes et les hommes. Tournée entre Paris, Genève et New York, cette œuvre se veut un manifeste visuel et poétique, destiné à résonner bien au-delà des cercles diplomatiques.

Une métaphore de l’ascension

Le concept de « Woman on Rope » repose sur une idée simple et forte : faire du geste sportif de la montée à la corde le récit d’une lutte collective. L’ascension verticale de Guila Clara Kessous est découpée en sept tableaux visuels. Chaque mouvement, chaque figure acrobatique et chaque respiration symbolise une étape de l’histoire des femmes, qu’il s’agisse d’une victoire arrachée de haute lutte ou d’une liberté nouvellement confisquée.

La narration n’est pas seulement corporelle. Le film tisse une polyphonie de voix féminines qui résonnent dans leurs langues d’origine, créant une portée universelle. L’ascension culmine avec un lâcher de colombes blanches, symbole d’une paix encore à conquérir et rappel que le sommet de l’égalité reste un objectif permanent. La corde devient ainsi la mémoire vivante d’un combat, et le corps son principal vecteur de narration.

Un manifeste ancré dans les réalités contemporaines

Le film s’inscrit pleinement dans les tensions de son époque. En 2026, la condition féminine à travers le monde présente un visage contrasté, fait de progrès législatifs dans certaines régions et de reculs brutaux dans d’autres. C’est cette dualité que « Woman on Rope » met en scène, sans manichéisme ni accusation. L’œuvre ne désigne pas d’ennemi, mais expose une réalité mondiale complexe.

En choisissant de filmer au siège de l’UNESCO à Paris, ainsi qu’à Genève et New York, hauts lieux de la diplomatie internationale, l’équipe du film ancre son propos dans les institutions qui façonnent le droit. Après sa présentation à Cannes, le court-métrage est d’ailleurs destiné à être projeté à l’ONU, au Sénat français et dans plusieurs autres enceintes diplomatiques, affirmant sa vocation de plaidoyer.

De la blessure d’enfance à l’œuvre-manifeste

À l’origine de ce projet se trouve un souvenir intime et personnel de Guila Clara Kessous : celui d’une petite fille moquée dans la cour de récréation car incapable de grimper à la corde. Des décennies plus tard, cette épreuve scolaire est devenue le langage d’un engagement artistique et diplomatique. Pour parvenir à incarner pleinement cette ascension, deux années d’un entraînement physique intensif ont été nécessaires, sous la direction des chorégraphes aériens de haut niveau Florence Delahaye et Gabriel Dehu.

Cette démarche totale, où l’artiste est à la fois sujet, interprète et musicienne du film, transforme la performance en une œuvre-manifeste. « Cette ascension n’a jamais été uniquement la mienne. En grimpant à la corde, j’ai compris que je portais, à ma mesure, l’élan de toutes celles qui cherchent à s’élever, dans le sport, dans la société, dans la vie », explique Guila Clara Kessous.

Une chronologie incarnée du combat féministe

Le film s’appuie sur des dates charnières qui ont marqué l’histoire des droits des femmes. Chaque étape de l’ascension fait écho à un moment clé, racontant une histoire faite d’élans et d’obstacles. Parmi les jalons évoqués, on retrouve la première convention pour les droits des femmes à Seneca Falls en 1848, le droit de vote accordé en Nouvelle-Zélande en 1893, l’émergence du Mouvement de Libération des Femmes en France en 1968, ou encore l’adoption de la Plateforme d’action de Beijing en 1995.

Le récit se poursuit avec des événements plus récents, comme la reconnaissance internationale du viol comme arme de guerre en République démocratique du Congo en 2000, la loi contre les violences faites aux femmes au Brésil en 2006, le discours royal ouvrant la voie à une réforme du Code de la famille au Maroc en 2022, mais aussi le durcissement de l’exclusion des femmes en Afghanistan en 2024. Le film se projette même jusqu’en 2026 avec le projet de résolution Femina Pax aux Nations Unies.

À terme, le projet a vocation à évoluer pour devenir une performance vivante, destinée à être jouée à proximité des pays où les droits des femmes sont les plus menacés. Le site officiel du film est accessible pour plus d’informations : www.womanonrope.com/fr.