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BRUXELLES : Thierry MANSVELT : « La loi sur les mineurs, un…

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BRUXELLES : Thierry MANSVELT : « La loi sur les mineurs, un prétexte à une surveillance de masse »

L’expert judiciaire belge Thierry Mansvelt dénonce la loi française sur les mineurs, qui instaurerait une surveillance généralisée au nom de la protection de l’enfance.

La loi visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, votée en France le 21 juillet 2026, pourrait avoir des conséquences bien au-delà de la protection de l’enfance. Dans une tribune, Thierry Mansvelt, expert judiciaire belge en informatique, alerte sur ce qu’il qualifie de dérive vers un contrôle généralisé. Selon lui, si l’intention est louable, la méthode choisie sacrifie l’anonymat et la vie privée de tous les citoyens sur l’autel d’une sécurité illusoire et techniquement contournable.

Un mécanisme inévitable : identification, fichage, profilage

Le cœur du problème, selon l’expert, réside dans une question simple : comment vérifier l’âge d’un utilisateur ? La seule réponse est de l’identifier formellement. Cette obligation ne concernerait pas seulement les mineurs, mais l’ensemble des internautes. « Vous. Moi. Le retraité qui lit ses nouvelles le matin sur son téléphone. La femme qui cherche en silence des informations médicales à trois heures du matin […]. La victime de violence conjugale qui cherche de l’aide sans laisser de trace. Tous identifiés. Tous fichés. Définitivement », écrit Thierry Mansvelt.

Une fois l’identité réelle liée à un compte en ligne, le processus de profilage devient systématique. Chaque connexion, recherche, lecture et interaction est enregistrée, permettant de construire un portrait psychologique et comportemental d’une précision redoutable. Ces profils, d’une valeur commerciale immense, sont ensuite utilisés pour le ciblage publicitaire, l’influence politique et, potentiellement, une surveillance à grande échelle, surtout si la reconnaissance faciale y était un jour intégrée.

La faille des « tiers de confiance »

Face aux craintes sur la gestion des données, les autorités mettent en avant le recours à des « tiers de confiance » chargés de la vérification d’identité sans transmettre les informations aux plateformes. Une garantie jugée très insuffisante par l’expert. Fort de ses trente-cinq ans de carrière en cybersécurité, il rappelle une vérité fondamentale : « Rien n’est absolument sécurisé. […] Confier à un tiers la clé de l’identité numérique de toute une population, c’est créer une cible d’une valeur inestimable […] que toutes les formes de cybercriminalité et d’espionnage étatique vont s’employer à atteindre ». Le jour où un tel système serait compromis, l’identité numérique de millions de citoyens serait exposée.

À cela s’ajoute l’extraterritorialité des données. Une fois collectées, elles sont traitées aux États-Unis ou en Chine, échappant de fait au droit européen comme le RGPD. Pour les géants du numérique, les amendes européennes sont devenues un simple « coût opérationnel », sans effet dissuasif sur leurs pratiques.

L’exemple australien : une inefficacité documentée

L’Australie, qui a mis en place une loi similaire en décembre 2025 pour les moins de 16 ans, offre un précédent peu concluant. Six mois plus tard, le bilan est sévère : selon des études, dont une citée par le British Medical Journal, l’impact sur la navigation des adolescents reste marginal. Les jeunes contournent aisément l’interdiction grâce à des outils comme les VPN ou de faux comptes. En réaction, le gouvernement australien a doublé les amendes, admettant implicitement l’échec de la première approche. L’infrastructure de contrôle, elle, est bien en place et pérenne.

L’éducation, une alternative au contrôle généralisé

Pour Thierry Mansvelt, la solution ne réside pas dans une surveillance de masse, mais dans la responsabilisation et l’éducation. Il préconise un investissement massif dans l’éducation aux médias numériques dès l’école, rejoignant l’analyse de spécialistes comme Xavier Degraux. Il suggère que ce financement soit assuré par les géants de la Tech eux-mêmes, qui tirent profit de l’exposition des enfants à leurs services.

« Ce que l’on construit ici, sous couvert de protection de l’enfance, c’est l’infrastructure technique d’un contrôle généralisé de la population », prévient-il.

Une alerte sévère qui pose la question de l’équilibre entre sécurité et libertés fondamentales.

Thierry Mansvelt est expert judiciaire en informatique, télécommunications et propriété intellectuelle (n° Exp 2026892), enregistré au SPF Justice belge. Il a formellement interpellé le Parlement belge sur cette problématique dès mars 2026.

L’ensemble de son dossier est disponible sur son site internet : www.baei.be.

Thierry MANSVELT

Expert judiciaire en informatique, télécommunications et propriété intellectuelle sous le n° Exp 2026892

thm@baei.be

www.baei.be

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).