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BRAZZAVILLE : NJ AYUK : « L’avenir énergétique de l’Afrique se construira en libérant le potentiel des actifs existants »
En République du Congo, des opérateurs indépendants comme Ammat Global Resources redonnent vie à d’anciens gisements offshore.
Loin d’un déclin annoncé, les bassins pétroliers matures de la République du Congo connaissent une seconde jeunesse. Alors que les grandes compagnies internationales se tournent vers l’exploration en eaux profondes, des opérateurs indépendants, plus agiles, saisissent l’opportunité de revitaliser des gisements existants. L’exemple de l’entreprise Ammat Global Resources sur les champs de Loango et Zatchi illustre cette nouvelle stratégie, démontrant que l’optimisation d’actifs matures est une clé de la croissance de la production à court terme.
Une stratégie d’optimisation payante
Plutôt que d’investir dans des campagnes d’exploration coûteuses, Ammat Global Resources a choisi de se concentrer sur une réhabilitation technique rigoureuse des infrastructures existantes. Cette approche s’est traduite par le déploiement de programmes de reconditionnement ciblés et l’amélioration des techniques de gestion des réservoirs. Concrètement, des systèmes de pompage obsolètes ont été remplacés par des pompes électriques submersibles modernes, améliorant l’efficacité de l’extraction et stabilisant la production des puits vieillissants.
Parallèlement, la modernisation des infrastructures sous-marines a permis de réduire les goulots d’étranglement et de garantir un flux plus constant et fiable. L’ensemble de ces interventions techniques a permis une augmentation spectaculaire de 75 % de la capacité de production, faisant passer le volume combiné de ces champs d’environ 4 000 à 7 000 barils par jour (bpj). Ce succès opérationnel s’aligne parfaitement avec les objectifs de production ambitieux fixés par la République du Congo pour consolider sa position de producteur énergétique majeur dans la région.
Efficacité énergétique et durabilité
Au-delà de l’augmentation des volumes, cette nouvelle approche intègre des préoccupations de durabilité et d’efficacité. Sur le site de Loango, le gaz associé, autrefois brûlé en torchère, est désormais capturé et utilisé pour alimenter des turbogénérateurs sur place. Cette valorisation du gaz permet non seulement de réduire la dépendance au diesel, mais aussi de limiter considérablement le torchage et de diminuer l’intensité des émissions de carbone du site. Cette transition vers une meilleure utilisation des ressources améliore également la rentabilité globale des actifs.
Un nouveau paradigme pour l’énergie africaine
Cette initiative locale s’inscrit dans une tendance continentale plus large, où les actifs offshore matures, souvent cédés par les grandes compagnies internationales, deviennent des opportunités pour des entreprises africaines. Ces indépendants peuvent acquérir des champs déjà en production à des coûts d’entrée plus faibles et en augmenter rapidement la valeur par des interventions techniques ciblées.
« L’avenir énergétique de l’Afrique ne reposera pas uniquement sur de nouvelles découvertes dans les bassins pionniers », déclare NJ Ayuk, président exécutif de la Chambre africaine de l’énergie (African Energy Chamber). « Il se construira en libérant tout le potentiel des actifs existants – grâce à l’innovation, à l’efficacité et à la participation audacieuse des indépendants africains qui comprennent que les champs matures ne sont pas des passifs, mais des opportunités qui ne demandent qu’à être optimisées ».
L’expérience d’Ammat au Congo le confirme : la croissance du secteur pétrolier et gazier en Afrique ne dépendra plus seulement de l’exploration de nouvelles frontières. Elle sera de plus en plus tirée par la capacité à gérer et optimiser avec intelligence les vastes ressources déjà existantes.
via Press Agence.


