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BRAZZAVILLE : Financement du commerce – La BAD révèle…

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BRAZZAVILLE : Financement du commerce – La BAD révèle une résilience post-Covid et un bond de 89 % des échanges intra-africains

La Banque africaine de développement dévoile un rapport montrant la résilience financière du continent et la croissance record du commerce intra-africain.

La Banque africaine de développement (BAD – www.AfDB.org) a publié ce mercredi, lors de ses Assemblées annuelles à Brazzaville, en République du Congo, la cinquième édition de son Rapport sur le financement du commerce. L’étude, qui couvre la période 2020-2024, dresse un tableau encourageant de la résilience des institutions financières africaines après la crise sanitaire, malgré un contexte mondial instable. Le rapport met en lumière des progrès significatifs, notamment une augmentation spectaculaire du commerce entre les pays du continent.

Un déficit en baisse mais sous la menace des tensions mondiales

Le rapport 2025 révèle que la demande non satisfaite en matière de financement du commerce a diminué de près de 10 % entre 2019 et 2024. Cette amélioration est largement attribuée aux interventions massives des banques multilatérales de développement, des gouvernements et des agences de crédit à l’exportation, qui ont permis de maintenir les flux commerciaux. Sans ce soutien, le déficit annuel aurait pu dépasser les 100 milliards de dollars sur la période.

Cependant, Anthony Simpasa, directeur du Département de la politique macroéconomique, des prévisions et de la recherche du Groupe de la Banque africaine de développement, a mis en garde contre un optimisme excessif.

« La résurgence des tensions géopolitiques et les perturbations des chaînes d’approvisionnement et des flux commerciaux mondiaux pourraient anéantir les progrès réalisés depuis la pandémie en matière de réduction du déficit de financement du commerce », a prévenu M. Simpasa.

Il a ajouté qu’une baisse de l’appétit pour le risque des correspondants bancaires « pourrait creuser ce déficit pour le porter entre 86,6 et 102,6 milliards de dollars d’ici à 2027 », effaçant ainsi une décennie de progrès.

Les chiffres clés d’un paysage contrasté

L’analyse de la BAD offre une vue détaillée du financement du commerce africain. En 2024, le déficit, c’est-à-dire la demande non satisfaite, se situe entre 74 et 92 milliards de dollars. Si les banques commerciales restent des acteurs majeurs, leur part dans le financement du commerce total est passée de 40 % (période 2011-2019) à 23 % en moyenne entre 2020 et 2024.

Le chiffre le plus marquant reste la formidable croissance du commerce intra-africain. Celui-ci a représenté 34 % du commerce total financé par les banques sur la période 2020-2024, soit une hausse spectaculaire de 89 % par rapport aux niveaux d’avant la pandémie.

Le rapport identifie également les principaux freins. La pénurie de liquidités en devises étrangères est devenue l’obstacle numéro un pour 36 % des banques, contre 18 % avant 2020. Par ailleurs, la transition numérique reste lente : seules 28 % des banques interrogées ont adopté des plateformes numériques pour leurs opérations, principalement en raison des coûts élevés et d’infrastructures inadéquates.

Experts et pistes de solution : numérisation et soutien aux PME

Lors d’une table ronde, plusieurs experts ont réagi aux conclusions du rapport, insistant sur la nécessité d’innover. Admassu Tadesse, président du groupe Trade and Development Bank, a souligné les avancées prometteuses.

« Il convient de poursuivre sur cette voie par le biais de nouvelles initiatives systémiques, comme la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD) et des mesures connexes, comme la réduction des risques et des partenariats judicieux », a-t-il déclaré.

Didier Acouetey, conseiller principal pour le secteur privé auprès du président de la BAD, a abondé dans ce sens.

« La NAFAD nous offre, pour la première fois, un cadre continental cohérent pour combler le déficit de financement du commerce, non pas projet par projet, mais de manière systémique. C’est ce changement qui va tout transformer pour les PME africaines », a soutenu M. Acouetey.

Francisca Tatchouop Belobe, de la Commission de l’Union africaine, a plaidé pour une meilleure prise en charge des Petites et Moyennes Entreprises (PME), ce « maillon manquant » souvent trop grand pour la microfinance mais trop petit pour les banques d’affaires.

« Il est temps que les banques commerciales traitent le financement du commerce des PME comme un secteur d’activité à part entière et central, et non comme une activité secondaire », a-t-elle appelé.

Enfin, Mehdi Tanani, directeur régional pour l’Afrique centrale de Proparco, a conclu sur la vision d’avenir.

« L’Afrique ne comblera pas son déficit de financement du commerce en ajoutant des contraintes, mais en construisant un écosystème de financement du commerce plus résilient, plus numérique et plus durable », a affirmé M. Tanani.

Le rapport confirme que les institutions de financement du développement (IFD) ont joué un rôle crucial en facilitant environ 32 milliards de dollars de financement par an entre 2020 et 2024.

L’intégralité du rapport 2025 est disponible en ligne à l’adresse suivante : http://apo-opa.co/3S9kjP9

via Presse Agence.