BRAZZAVILLE : Énergie – Les institutions financières…
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BRAZZAVILLE : Énergie – Les institutions financières africaines s’unissent pour soutenir la Mission 300
Les institutions financières africaines s’allient à Brazzaville pour mobiliser 250 Mds$ en faveur de la Mission 300 d’électrification.
Un appel majeur à l’action coordonnée a été lancé ce mardi à Brazzaville, en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (www.AfDB.org). De hauts responsables financiers du continent ont exhorté à débloquer les quelque 250 milliards de dollars d’actifs détenus par les institutions de financement du développement (IFD) africaines. L’objectif : soutenir massivement la « Mission 300 » (https://apo-opa.co/4aduhoQ), une initiative ambitieuse portée conjointement par la Banque africaine de développement et la Banque mondiale, qui vise à raccorder 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030.
Cet appel collectif a été formalisé lors d’un événement de haut niveau au Centre international de conférences de Kintélé, dont le thème était « Mobiliser les IFD et les capitaux africains pour soutenir la Mission 300 ».
Une annonce concrète de la BOAD
L’engagement s’est rapidement traduit par des actes. La Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) a été la première à annoncer une contribution financière directe pour lancer la dynamique.
« Au nom du président de la Banque Ouest Africaine de Développement, j’ai le plaisir d’annoncer un engagement de la BOAD à hauteur de 1,1 milliard de francs CFA (environ 1,7 million d’euros) en faveur de la Mission 300 », a déclaré Oumar Tembely, directeur de l’énergie et des ressources naturelles à la BOAD.
Cette annonce a été faite en présence de dirigeants de la Trade and Development Bank (TDB), d’Africa50, de l’African Guarantee Fund (AGF) et de Cygnum Capital, tous réunis pour jeter les bases d’une coalition des IFD africaines dédiée à ce projet continental.
Un défi collectif et une mobilisation nécessaire
L’ampleur de la tâche impose une collaboration sans précédent, comme l’a souligné le vice-président du Groupe de la Banque africaine de développement, Kevin Kariuki, en ouverture de la session.
« Aucune institution ne peut à elle seule atteindre l’objectif de la Mission 300 », a-t-il reconnu.
« Nous avons besoin que les capitaux africains travaillent de manière plus systématique pour le développement de l’Afrique. C’est pourquoi nous constituons une coalition des IFD africaines pour la Mission 300 », a-t-il ajouté.
Le coût total de la mission est estimé à 238 milliards de dollars pour les 30 pays de la première phase, dont la moitié devra provenir du secteur privé. Pour y parvenir, les mécanismes de financement mixte, à l’image du Fonds pour l’énergie durable en Afrique (SEFA), sont considérés comme des outils essentiels pour attirer les investisseurs privés et institutionnels.
Débloquer les capitaux dormants du continent
Au-delà des IFD, le potentiel financier du continent reste largement sous-exploité, comme l’a rappelé le directeur général d’African Guarantee Fund.
« Il y a 2 500 milliards de dollars qui dorment dans les bilans des banques commerciales africaines », a soutenu Constant N’zi. « La mission d’AGF est de débloquer ces capitaux pour financer l’économie ».
Les intervenants ont mis en avant la force des IFD : leur connaissance fine des marchés locaux, leur capacité à financer sur le long terme et leurs mandats alignés sur les priorités nationales. Toutefois, des freins persistent, tels qu’une coordination encore trop fragmentée et un accès insuffisant aux instruments d’atténuation des risques.
Vers une coalition structurée
La coalition « Mission 300 » vise précisément à lever ces contraintes structurelles. Elle fonctionnera comme un mécanisme de coordination agile au sein du Groupe de coordination des partenaires au développement, qui compte déjà 35 institutions. Cette démarche s’inscrit dans le cadre plus large de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), promue par la Banque africaine de développement.
Le soutien des acteurs clés est déjà acquis, comme l’a confirmé le président et directeur général du groupe TDB.
« La Mission 300 est une initiative à laquelle nous adhérons depuis le premier jour », a assuré Admassu Tadesse.
Les discussions de Brazzaville marquent une volonté affirmée des institutions financières africaines de jouer un rôle central dans le financement des infrastructures et de l’énergie sur le continent.
via Presse Agence.

