BORDEAUX : Solidarité – RamDam Social convertit la co…
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BORDEAUX : Solidarité – RamDam Social convertit la consommation du quotidien en aide concrète
La start-up bordelaise RamDam Social transforme les courses habituelles en geste solidaire, finançant des dons aux associations via des produits made in France.
Dans un contexte économique où la précarité ne cesse de croître, faire ses courses devient un levier d’action sociale. C’est le pari réussi de RamDam Social, une entreprise fondée à Bordeaux en 2023, qui propose de redonner du sens à la consommation de masse. Le principe est d’une simplicité désarmante : pour chaque produit acheté, un don matériel concret est financé au profit d’une personne dans le besoin.
Une réponse face à l’urgence sociale
Les chiffres sont alarmants. Selon les données relayées par l’entreprise, près d’un Français sur cinq déclare être en situation de précarité. En 2025, 31 % de la population affirmait rencontrer des difficultés financières pour se procurer une alimentation saine assurant trois repas par jour. Face à ce constat, l’écart entre l’intention d’aider et le passage à l’acte reste souvent lié à des contraintes logistiques ou financières.
RamDam Social entend combler ce fossé en intégrant la solidarité directement dans les rayons des supermarchés. « Ramdam Social représente le pont dont nous avons besoin entre le monde associatif, les industriels, les distributeurs et les consommateurs », analyse Annaïk Payen, Responsable des Relations Entreprise chez Dons Solidaires.
Un mécanisme de don transparent
Le modèle économique repose sur un engagement clair : l’entreprise reverse 7 % de son chiffre d’affaires à ses associations partenaires. Contrairement aux modèles de charité classiques, il ne s’agit pas ici de demander un effort supplémentaire au consommateur, mais de transformer un achat routinier en aide directe.
Les résultats, deux ans après le lancement opérationnel en février 2024, sont significatifs. Plus de 1 500 000 dons ont été financés, avec un rythme actuel dépassant un don toutes les 20 secondes. Ces contributions prennent des formes variées selon la nature du produit acheté : repas pour étudiants, protections périodiques ou kits d’hygiène.
Des partenariats associatifs solides
Pour assurer la distribution de ces aides, la structure s’appuie sur des acteurs historiques de la solidarité. Le Samu Social, les Banques Alimentaires, le Secours Populaire ou encore Linkee bénéficient de ce soutien.
« Depuis février 2024, grâce à Ramdam Social, nous avons pu distribuer près de 650 000 en-cas, ce qui nous a permis de créer encore plus de lien avec les personnes démunies. Ce partenariat d’un nouveau genre est un moyen simple et concret, pour les consommateurs, de lutter contre la grande précarité », témoigne Vanessa Benoit, directrice générale du Samusocial de Paris.
Le choix du « Made in France » et de la qualité
Loin de se contenter d’être un vecteur de dons, la marque soigne son offre produit en privilégiant le tissu économique local et les circuits courts. Les références sont élaborées par des PME françaises reconnues pour leur savoir-faire.
Les chips, par exemple, sont produites par Chipizh, une PME installée à Guérande (Loire-Atlantique), utilisant des pommes de terre bretonnes et du sel local. Côté biscuits apéritifs, c’est la biscuiterie familiale Lou Bio, basée à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence), qui est à la manœuvre. Les plats cuisinés proviennent de la Conserverie Davin à Carpentras (Vaucluse).
Cette exigence s’étend aux produits d’hygiène. Les protections périodiques sont fabriquées par Cellulose de Brocéliande en Bretagne, tandis que les gels lavants sont conçus par les laboratoires BioSeasons à Vichy.
Lutter contre toutes les précarités
L’action de RamDam Social cible quatre piliers majeurs : la précarité alimentaire, hygiénique, étudiante et infantile. L’offre de produits est segmentée pour répondre à ces besoins spécifiques. L’achat de plats préparés finance par exemple des portions de fruits et légumes pour les étudiants via l’association Linkee, tandis que la vente de produits d’hygiène permet d’offrir des douches chaudes ou des protections intimes.
La précarité menstruelle, qui touche une femme sur trois en France, fait l’objet d’une attention particulière avec le financement de journées de protection pour celles qui n’ont pas les moyens de s’en procurer.
Une vision entrepreneuriale engagée
Derrière cette initiative se trouvent Julie Boureau, ancienne d’Innocent et Happyvore, et Luc-Olivier Pieret, passé par Too Good To Go. Avec une équipe d’une quinzaine de personnes, ils ont réussi à implanter leurs produits dans plus de 4 000 points de vente à travers l’Hexagone, incluant des enseignes majeures comme Carrefour, Monoprix ou Franprix.
Leur ambition est de faire de l’entreprise un levier de changement social, prouvant que performance économique et impact solidaire ne sont pas incompatibles dans le paysage de la grande distribution.