BORDEAUX : Jumping International 2024, les nouvelles listes…
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BORDEAUX : Jumping International 2024, les nouvelles listes des présélectionnés olympiques dévoilées
Le Jumping International de Bordeaux, en cette année olympique, constituera le premier rassemblement de l’équipe de France de saut d’obstacles et de concours complet.
L’occasion pour le staff technique de faire un premier point non seulement sportif, mais également logistique dans la perspective de Paris 2024. Les techniciens fédéraux nous expliquent ici le processus qui conduira aux trois sélections. Un dossier complet avec les listes des préslectionnés olympiques mises à jour que la FFE vient de dévoiler.
SAUT D’OBSTACLES
Sophie Dubourg : « Deux éléments fondamentaux sur lequel nous sommes vigilants : le mental du cavalier et le physique du cheval ».
Interview à deux voix où Sophie Dubourg, directrice technique nationale (la DTN pour les intimes) et Henk Nooren, entraineur national du saut d’obstacles nous expliquent notamment la feuille de route qui, de Bordeaux, mènera les quatre cavaliers « élus » jusqu’au Parc du Château de Versailles en août prochain.
Grégory Cottard vainqueur du Grand Prix 5* de Bordeaux en février dernier avec Cocaïne du Val fait partie de la longue liste du CSO, mais avec Bibici. © Artiste Associé
Au-delà de votre rôle d’entraineur ou de DTN, quel est votre regard sur le Jumping International de Bordeaux ?
Henk Nooren : Bordeaux est l’un des plus importants et plus beaux jumping « cinq étoiles » de France…
Sophie Dubourg : Au-delà de l’évènement sportif de très haut niveau, c’est un lieu de rencontres institutionnelles ou avec des collectifs comme les propriétaires de chevaux. Grâce à la loge fédérale dont nous disposons, nous pouvons faire beaucoup de réceptif et de lobbying. Et c’est d’autant plus important en cette année olympique où nous pourrons rassembler tous les propriétaires et cavaliers de la longue liste ce qui permettra un premier cadrage de l’organisation des Jeux. Cette date de début février tombe à pic car nous disposerons alors d’informations logistiques et organisationnelles.
Même s’il s’agit d’un indoor, le sol sera le même qu’à Versailles, la concurrence sera élevée – en général les meilleurs cavaliers du monde sont à Bordeaux : est-ce que vous commencerez à observer et à prendre en compte les performances des cavaliers français ?
HN : C’est vrai qu’en Europe, on saute presque partout sur le même sol. C’est très important pour nous d’observer le comportement et les résultats de chaque couple sur les concours cinq étoiles comme Bordeaux.
SD : À Bordeaux, notamment, le plateau, la concurrence sont tellement élevés que cela nous permet de bien nous situer en début de saison.
La jument Beau de Laubry Z qui vient de remporter avec superbe l’étape de la Coupe du monde Longines FEI de Stuttgart avec Kevin Staut, vient ainsi d’intégrer la liste des préselectionnés olympiques pour le saut d’obstacles. ©FEI/Leanjo de Koster
Quelle est la feuille de route exacte jusqu’à Versailles, sur quels concours et sur quels critères la longue liste se raccourcira et quand et où sera annoncée la sélection finale ?
SD : C’est une liste d’une grosse douzaine de couples, certains cavaliers avec plusieurs chevaux. Toutes les étapes de la LNN et tous les Grand Prix 5* de référence serviront de support à la sélection finale qui sera nominée le 23 juin après Rotterdam et définitive avec les quatre noms que nous devrons remettre au Comité olympique le 28 juin. Car il faut souligner à nouveau que le format des J.O a changé avec une manche par jour avec trois couples par équipe, sans drop-score donc avec la possibilité d’utiliser le quatrième couple en cas de défaillance. La contreperformance, quelle qu’elle soit, n’est donc plus autorisée. Ensuite, dans ce processus de sélection on tient compte de la santé des chevaux qui sont scrupuleusement suivis ainsi que la stabilité émotionnelle du cavalier, la gestion du stress, la cohésion au sein de l’équipe. Donc deux éléments fondamentaux sur lequel nous sommes vigilants : le mental du cavalier et le physique du cheval qui implique également son propre mental. Ainsi, la liste va se resserrer au fil des compétitions. Pour l’aspect du mental, nous avons mis en place un programme, pour les cavaliers qui adhèrent, avec un coach de pointe, Richard Ouvrard qui a connu beaucoup de succès dans d’autres sports.
Longue liste CSO, 14 couples : Francois-Xavier Boudant avec Brazyl du Mezel, Roger-Yves Bost avec Cassius Clay VDV Z et Delph de Denat*HDC, Grégory Cottard avec Bibici, Simon Delestre avec Cayman Jolly Jumper, Dexter Fontenis Z et Amelusina, Marc Dilasser avec Arioto du Gèvres, Julien Épaillard avec Donatello d’Auge et Dubaï du Cèdre, Pénélope Leprévost avec Bingo del Tondou, Olivier Perreau avec Dorai d’Aiguilly et Iglesias DV, Kevin Staut avec Beau de Laubry Z.
CONCOURS COMPLET
Thierry Touzaint : « pour nous aussi, le Jumping International de Bordeaux lance la saison ».
Thierry Touzaint est plus qu’un simple entraineur national de concours complet : il a le complet dans le sang. Lui-même brillant cavalier international dans les années 80 aux côtés de son frère Jean-Yves, il est l’oncle de l’un des meilleurs atouts de l’équipe de France, Nicolas, le fils de Jean-Yves, qui a achevé sa saison 2023 sur une flamboyante victoire à Boekelo. Cela fait maintenant trente ans ans que Thierry dirige l’équipe de France avec une parenthèse entre 2010 et 2012. Vingt-sept « mandats » couronnés de vingt-cinq médailles dont deux fois l’or olympique (individuel avec Nicolas en 2004 et par équipe à Rio en 2016). Sans oublier ses propres médailles dont l’or olympique par équipe aux Jeux de remplacement de Fontainebleau en 1980.
Karim Laghouag, vainqueur du Devoucoux indoor en 2023 et champion olympique en 2016, fait partie de la longue liste olympique de concours complet (non pas avec Punch de l’Esque, cela va de soi, mais avec Triton Fontaine et Embrun de Reno) © Arstiste Associé
Serez-vous à Bordeaux pour notamment suivre le Devoucoux Indoor Derby ?
Thierry Touzaint : Oui, comme tous les ans car il s’agit un peu du lancement de la saison, c’est le premier concours de la saison, c’est un rendez-vous important très prisé des cavaliers, notamment des Français.
Le complet français a terminé la saison sur une excellent note à Boekelo avec un double titre dont la victoire individuelle de votre neveu, la France a accroché une médaille de bronze au Championnat d’Europe au haras du Pin… de bon augure pour Paris 2024 : est-ce que l’objectif est clairement d’y faire mieux que le bronze de Tokyo ?
TT : Clairement… si on peut. Pour l’instant, il s’agit de se préparer au mieux, faire en sorte que chevaux et cavaliers soient au meilleur d’eux-mêmes pour en tirer la meilleure performance possible, mais nous ne serons pas seuls dans cette bataille. Effectivement, c’est de bon augure d’avoir ainsi terminé la saison et d’ailleurs, ce résultat est à l’image de l’ensemble de la saison : sur les cinq Coupes des nations que nous avons disputées, nous en avons remporté quatre, c’est encourageant. Les victoires appellent les victoires, et ce sont des piqûres de rappel pour marquer le terrain vis-à-vis de tous, adversaires et juges, et monter ainsi à l’approche des J.O que la France est plutôt en forme. Après, face aux Britanniques, c’est toujours compliqué, mais le nouveau format olympique, sans joker, lisse un peu plus les chances et peut jouer en notre faveur. Mais c’est clair que nous visons le podium. Et on va tout faire pour que la couleur de la médaille soit l’or ou l’argent.
Quelle est la feuille de route exacte jusqu’à Versailles, sur quels concours et sur quels critères la longue liste se raccourcira et quand et où sera annoncée la sélection finale ?
TT : Nous nous préparons essentiellement sur le circuit du Grand National où nous maîtrisons bien nos pistes ce qui nous permet de préparer des parcours intéressants et instructifs pour nos chevaux en variant les difficultés. Nous avons également des chevaux qui ont besoin de se requalifier ce qui implique quelques sorties en internationaux 4* courts, ou longs pour certains, comme très certainement Kronenberg (aux Pays-Bas) ou Saumur qui sont assez tôt dans la saison pour avoir les chevaux frais pour les J.O. Il n’y a pas de droit à l’erreur : si la sélection définitive comprend quatre couples, seul trois pourront prendre le départ sans drop-score. C’est un peu… particulier comme formule, il n’y qu’aux Jeux olympiques que l’on voit ça et cela met une pression supplémentaire. J’annoncerai la sélection au lendemain du concours complet de Vittel qui se termine le 23 juin après un check vétérinaire.
Longue liste concours complet, 15 couples : Thomas Carlile avec Darmagnac de Béliard, Sébastien Cavaillon avec Ellipso de la Vigne, Luc Château avec Bastia de l’Ebat, Karim Laghouag avec Triton Fontaine et Embrun de Reno, Stéphane Landois avec Chaman Dumontceau, Gireg Le Coz avec Aisprit de la loge, Camille Lejeune avec Dame Decœur Tardonne, Maxime Livio avec Api du Libaire, Benjamin Massié avec Édition Fonroy, Gaspard Maksud avec Zaragoza, Astier Nicolas avec Alertamalib’Or et Babylon de Gamma, Nicolas Touzaint avec Absolut Gold*HDC et Diabolo Menthe.
DRESSAGE
Jean Morel : « Une stratégie inédite »
Pas de compétition de dressage à Bordeaux, mais la discipline sera bien présente avec la « Battle de dressage » ainsi qu’avec Pauline Basquin qui participera de son côté au gala du Cadre noir Au Cœur du Manège et qui fait également partie de la liste de l’entraîneur national, Jean Morel, qui nous dévoile les objectifs pour Paris 2024 et la philosophie de sa méthode de sélection.
L’écuyer Pauline Basquin, qui participera au gala du Cadre noir jeudi soir à Bordeaux, fait partie de la longue liste olympique de dressage avec Sertorius de Lima Z*IFCE. ©R&B Presse / P.Renauldon
« L’objectif pour Paris 2024 est déjà de passer au deuxième tour et placer nos cavaliers parmi les trente qualifiés pour le Grand Prix spécial et ainsi courir la finale par équipe et si on finit sixième, on sera très content et si on fait mieux… c’est le bonheur, on ne sait jamais, sur un malentendu ! Je présenterai la sélection le 28 juin avec cinq noms : les trois compétiteurs, un remplaçant qui rentrera sur le site et un qui restera à l’extérieur. Cette sélection tiendra compte des performances, bien sûr, mais pas seulement. C’est toute une alchimie : il s’agit de Jeux olympiques et c’est moralement très difficile, c’est une compétition avant tout par équipe et les cavaliers doivent répondre aux consignes car c’est impératif de ne pas prendre de risques sur le Grand Prix et produire une performance homogène car il suffit qu’un cheval fasse une contreperformance ou qu’un cavalier tente un truc parce qu’il pense qu’il pourra faire quelque-chose en individuel et ce seront tous les espoirs de l’équipe qui seront ruinés. Cela n’aura rien à voir avec tout ce qui s’est passé jusqu’alors, même les Coupes des nations que nous aurons faites avant. C’est une stratégie complètement inédite. Pour faire partie de cette équipe, les cavaliers devront impérativement adhérer à cette vision ».
Longue liste dressage, 5 couples : Alexandre Ayache avec Jolene, Morgan Brabençon Mestre avec Habana Libre, Pauline Basquin avec Sertorius de Rima Z*Ifce, Corentin Pottier avec Gotilas du Feuillard et Arnaud Serre avec James Bond de Massa,
Para dressage, 5 couples : Lisa Cez avec Stallone de Hus, Alexia Pittier avec Sultan 768, Anne-Frédérique avec Quaterboy, Vladimir Vinchon avec Pégase Mayenne, Chiara Zenati avec Swing Royal*Ifce.
INFORMATIONS PRATIQUES
Réservations : www.jumping-bordeaux.com