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BÉZIERS : Corrida – Le COLBAC dénonce la « vision réa…

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BÉZIERS : Corrida – Le COLBAC dénonce la « vision réactionnaire » de Robert Ménard

L’association anti-corrida COLBAC fustige la vision « dépassée » de Robert Ménard, qui prendra la tête de l’Union des Villes Taurines de France.

La nomination annoncée de Robert Ménard à la présidence de l’Union des Villes Taurines de France (UVTF), effective le 2 juin prochain, a déclenché une vive réaction du Comité de Liaison Biterrois pour l’Abolition de la Corrida (COLBAC). Dans un communiqué publié ce lundi, l’association dénonce une vision de la société qu’elle juge « réactionnaire et dépassée », en réponse à un entretien accordé par le maire de Béziers au quotidien *Midi Libre* le 8 mai dernier.

Une opposition frontale au nom du progrès moral

Pour le COLBAC, la défense de la corrida par Robert Ménard s’inscrit dans un combat d’arrière-garde. « Robert Ménard se prétend défenseur de la liberté culturelle, mais il combat surtout ce qui dérange les habitudes du passé, de SON passé », affirme l’association. Elle établit un parallèle historique, estimant que « chaque progrès humain a eu ses adversaires : ceux qui refusaient la science, les droits nouveaux, l’émancipation, la compassion envers les plus faibles ».

Le comité biterrois accuse le futur président de l’UVTF d’utiliser les concepts de « culture », « identité » ou « coutume » pour masquer un « refus d’évoluer ». Selon le COLBAC, la véritable avancée civilisationnelle réside dans la capacité d’une société à remettre en cause sa propre violence. « La civilisation avance lorsque l’homme remet en question la violence, la cruauté et les injustices qu’il considérait autrefois comme normales », peut-on lire dans le communiqué. L’association conclut en affirmant que Robert Ménard « tente de retenir un monde qui change malgré lui », à l’heure où les connaissances sur la sensibilité animale progressent.

Ménard défend la « diversité culturelle » et la liberté

Dans son entretien à *Midi Libre* (disponible ici : https://www.midilibre.fr/2026/05/08/il-faut-depoussierer-notre-communication-et-arreter-lentre-soi-13358934.php), Robert Ménard assume sa position, non pas au nom de la tradition, mais de la liberté. « Le sujet est le droit à la différence et la liberté pour conserver une diversité culturelle. La « tribu » des aficionados mérite d’être protégée », a-t-il déclaré, ajoutant qu’« on peut défendre la tauromachie sans l’aimer ».

Conscient du caractère impopulaire de son engagement – « cela braque 75 % des Français » –, il l’assume comme un « combat difficile » contre « l’uniformisation du monde, de la pensée et du goût ». Le maire de Béziers adopte un discours qu’il veut plus nuancé que celui de ses prédécesseurs : « Je reconnais que la corrida pose des problèmes et que le toro peut souffrir. C’est une tradition rude qui peut interpeller ».

« Dépoussiérer » l’image et moderniser la pratique

Le nouveau président de l’UVTF entend mener plusieurs chantiers. Le premier est celui de la communication, qu’il souhaite « dépoussiérer » pour sortir de « l’entre-soi » et « s’adresser aux gens qui n’aiment pas la corrida pour la défendre ». Il prévoit également de s’attaquer au dossier fiscal, notamment l’inégalité de la TVA entre les arènes privées, taxées à 20 %, et celles en régie publique. Il reste cependant pessimiste sur ses chances de succès, craignant qu’aucun ministre ne prenne « le risque politique de réduire la TVA sur la corrida ».

Enfin, Robert Ménard se montre ouvert à une évolution du règlement taurin, jugeant les spectacles actuels « trop longs ». Il suggère d’organiser des corridas avec quatre taureaux au lieu de six, ce qui permettrait de s’adapter aux nouvelles attentes du public, notamment des jeunes, et de réduire le prix des places. « Il n’y a pas de tabous et le règlement peut évoluer. Il n’est pas sacré », a-t-il affirmé.

Le COLBAC, un engagement pour l’abolition

Face à cette stratégie, le COLBAC réaffirme sa mission. Née à Béziers en 1993, l’association œuvre pour l’abolition de la corrida, notamment dans le Biterrois, par des actions d’information, de sensibilisation et d’interpellation des pouvoirs publics, toujours dans un cadre légal et non-violent. Elle entend continuer à « porter une autre vision de la société : une société capable de remettre en cause les pratiques culturelles cruelles héritées du passé », considérant que « c’est cela, le progrès de la civilisation ». Plus d’informations sont disponibles sur le site de l’association (https://www.colbac.info).