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BARCELONE : Henry PEYRET : « L’IA doit permettre de comprendre ce que ressent un territoire avant de décider »

Présente au MWC, la startup française Wassati dévoile une IA capable d’analyser les émotions des villes pour les municipales 2026.

Alors que le Mobile World Congress (MWC) bat son plein à Barcelone jusqu’au 5 mars, l’innovation ne se limite pas aux réseaux 5G ou aux derniers smartphones. Sur le pavillon Business France, la startup Wassati propose une approche singulière à l’aube des élections municipales de 2026 : un « bilan émotionnel territorial ». L’objectif est de combler le fossé grandissant entre l’action publique et le ressenti réel des habitants, souvent ignoré par les statistiques traditionnelles.

Une fracture démocratique silencieuse

Pour Henry Peyret, CEO et fondateur de Wassati, la crise démocratique locale dépasse la simple abstention. Elle s’enracine dans un sentiment diffus de ne plus être compris par les institutions. « Ce qui se joue là n’est pas un simple déficit de participation, mais une rupture plus profonde entre l’action publique et le vécu émotionnel des territoires », explique l’expert.

À l’approche des échéances électorales de 2026, les programmes s’alignent et les discours se multiplient, mais une question reste souvent sans réponse : que ressent réellement la ville ? Derrière les opinions affichées sur les réseaux sociaux, des colères silencieuses, des peurs latentes ou des fiertés locales influencent pourtant directement les comportements électoraux.

Toulon : le paradoxe d’une ville à deux visages

Pour illustrer cette fracture, l’entreprise s’appuie sur une analyse approfondie menée à Toulon. L’étude met en lumière un paradoxe frappant : d’un côté, une « Toulon qui gagne », portée par une croissance économique, 400 000 croisiéristes et un label de « Port du Futur » ; de l’autre, une « Toulon qui souffre », avec une note de satisfaction citoyenne plafonnant à 5,58/10 et un sentiment d’insécurité nocturne.

L’analyse émotionnelle a permis d’identifier quatre profils types de citoyens, ou « personas », dont les frustrations ne peuvent se résoudre par des mesures uniformes. Parmi eux, le « Gardien du Silence » illustre parfaitement ce décalage entre investissement public et vécu quotidien.

Témoignage : le malaise du « Gardien du Silence »

L’analyse de Wassati rapporte les propos bruts de ce profil type, souvent un résident historique ou un propriétaire investi, qui se sent peu à peu dépossédé de sa tranquillité :

« Je paie 1 800 € de taxe foncière, j’adore le Mourillon, mais impossible de dormir avant une heure du matin à cause des rodéos. Si ça continue, je vends ».

Ce témoignage révèle que le point de friction n’est pas uniquement le niveau sonore, mais le sentiment d’impunité et l’impression que la municipalité a abandonné le quartier une fois la nuit tombée.

Transformer la frustration en engagement

Face à ce constat, la réponse purement technique montre ses limites. Selon l’analyse présentée à Barcelone, lancer une énième application de signalement (coût estimé à 15 000 €) ne ferait que créer de la frustration si elle n’est pas suivie d’effets.

La solution préconisée par Wassati repose sur une « intelligence collective augmentée ». Pour le « Gardien du Silence », cela implique une réponse humaine et personnalisée, transformant un opposant potentiel en relais de légitimité pour l’action municipale. De même, pour le profil de la « Sentinelle du Littoral », inquiète de la pollution marine, l’enjeu est de canaliser son énergie bénévole via des challenges participatifs plutôt que de la laisser face à un sentiment d’inutilité.

Arras et la fierté patrimoniale

La méthodologie ne se limite pas au bassin méditerranéen. À Arras, le bilan émotionnel a mis en évidence un levier différent : un attachement patrimonial extrêmement puissant. Cependant, l’analyse a aussi révélé des frustrations persistantes concernant l’animation de la ville et les mobilités. En captant ces signaux faibles, la collectivité peut ajuster son tir avant que les tensions ne se cristallisent dans les urnes.

Vers un « ROI Citoyen »

L’ambition de Wassati (https://www.wassati.com) est d’introduire une nouvelle métrique : le Retour sur Investissement (ROI) Citoyen. Il ne s’agit pas d’un indicateur comptable, mais d’une mesure de la confiance. « Quand l’écart entre le coût réel d’un service et la satisfaction perçue est trop grand, la confiance s’érode, même si le service est objectivement bon », précise l’étude.

En utilisant l’intelligence artificielle non pas pour automatiser la réponse, mais pour décrypter les causes profondes des émotions (peurs, croyances, blessures invisibles), la startup espère fournir aux maires les clés d’une campagne 2026 apaisée et connectée au réel.

Plus d’informations sont disponibles sur la page LinkedIn de l’entreprise (https://www.linkedin.com/company/wassati/).