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AVIGNON : De l’arbre à la fabrication de l’huile

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AVIGNON : De l’arbre à la fabrication de l’huile

Côté pile, on connait la Provence des lavandes, les étés qui bruissent des cigales et du mistral dans les platanes, les voix qui se taisent dans les gradins le soir, à l’heure magique où retentissent les trois coups dans la Cour d’Honneur au Palais des Papes.

Côté face, on connait moins le Vaucluse en hiver, avec ses journées courtes, mais si lumineuses.

Alors qu’on se rassemble pour célébrer les vins primeurs des Côtes-du-Rhône, l’hiver s’annonce avec la douceur des olivades et la pression des premières huiles d’olive de Provence dans les moulins.

Puis, le 4 décembre, le blé de la Sainte Barbe est planté dans les coupelles, signalant le début des festivités calendales, avec les marchés aux santons, la préparation des 13 desserts ou la confection d’un nouveau décor pour la crèche familiale. Les villages perchés eux-mêmes prennent des allures de crèches provençales.

Enfin, les premiers mois de l’année voient les plus belles heures des marchés aux truffes de Carpentras et de Richerenches, et l’apparition des menus « tout truffes » sur les ardoises des restaurants. Les marchés du Vaucluse commercialisent 92 % des truffes vendues sur les marchés de France. Il n’est donc pas surprenant qu’on la surnomme ici « le diamant noir ».

Alors enfilez vos manteaux, gardez vos lunettes de soleil et venez vous émerveiller d’un hiver en Provence !

Indissociable des paysages de Provence, l’olivier est un arbre rustique, au feuillage persistant, qui peut devenir plusieurs fois centenaire.

Très abondant au début du siècle dernier on comptait jusqu’à 200 moulins en Vaucluse, cet arbre a durement souffert des gels de 1929, 1956 et 1986 qui ont provoqué la disparition de nombreuses oliveraies. « Arbre invaincu qui renaît de lui-même » (Sophocle), il est aujourd’hui l’objet de soins particuliers. De nouvelles plantations s’installent car la production actuelle ne suffit pas à répondre à la demande qui a doublé ces dix dernières années. Le Vaucluse était composé de 250 000 arbres. Lentement ce chiff re progresse, il approche les 300 000 arbres. Le groupement des oléiculteurs de Vaucluse (agribio) regroupe aujourd’hui 350 producteurs, 10 moulins à huile et 7 000 apporteurs.En Vaucluse, la variété dominante est « l’aglandau », appelée également « Verdale de Carpentras ». Sa cueillette commence en novembre. Elle produit une huile riche en arômes, au goût d’artichaut et d’amande. Elle bénéficie de l’appellation d’origine contrôlée (A.O.C. Huile d’olive de Provence et A.O.P. huile d’olive de Haute Provence). Cette A.O.C. concerne six communes du Vaucluse (Beaumont de Pertuis, Grambois, Peypin d’Aigues, Mirabeau, La Bastide des Jourdans, Vitrolles en Luberon).Il existe un grand nombre de variétés d’olives.

On distingue celles destinées uniquement à la fabrication de l’huile et les variétés à f ruits de table pouvant également être transformées en huile. La distinction entre olive verte et olive noire ne tient qu’à l’époque de leur cueillette, tous les f ruits finissant par devenir noir, mais certaines variétés sont plus savoureuses en vert. © Alain Hocquel© Alain Hocquel©T.O’brienDans le nord du département, on rencontrera également « la tanche », fruit plus rond et charnu, qui prend un aspect ridé à maturité et donne d’excellentes olives de table confites en noir. Elle bénéficie d’une appellation d’origine contrôlée (A.O.P. olives noires de Nyons) et 18 communes du Vaucluse sont concernées par ce label, gage de qualité. (Brantes, Buisson, Cairanne, Crestet, Entrechaux, Faucon, Malaucène (en partie), Puyméras, Rasteau, Roaix, St Marcellin les Vaison, St Romain en Viennois, St Roman de Mallegarde, Séguret, Vaison, Valréas, Villedieu, Visan).Enfin, 115 communes situées autour des massifs du Ventoux et du Luberon sont concernées par l’AOC « Huile d’olive de Provence ». Celle-ci se décline en deux dénominations, correspondant à deux savoir-faire :

– « l’huile d’olive de Provence », lorsque les olives sont récoltées précocement, vertes ou « tournantes » et transformées dans un délai de 2 jours maximum, avec, en résultat, une huile où le fruité et les aômes végétaux et herbacés dominent. L’ardence, (le piquant) et une légère amertume caractérisent ces huiles d’olive.

« l’huile d’olive de Provence olives maturées » Les olives passent par une phase de fermentation contrôlée, référence aux pratiques traditionnelles. Il en ressort unehuile aux arômes d’olive noire, de tapenade. L’amertume et l’ardence en sont bannies

SOURCE : Le Vaucluse en Hiver.