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ARLES : Stéphane PAGLIA : « Le contournement autoroutier est un enjeu national et européen »

Face au risque de blocage du dossier, le président de la CCI du Pays d’Arles et les acteurs économiques locaux alertent le gouvernement sur l’urgence de ce projet routier.

Le dossier du contournement autoroutier d’Arles, serpent de mer vieux de plus de vingt-cinq ans, connaît un nouveau rebondissement. Stéphane Paglia, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Pays d’Arles, a officiellement saisi le Ministre des Transports, Philippe Tabarot, le 7 mai 2026, pour réaffirmer le caractère vital de cette infrastructure et proposer une solution de financement pragmatique. Cette démarche, initiée auprès du Premier ministre, est co-signée par les principales organisations économiques du territoire, dont la CCI Provence-Alpes-Côte d’Azur, la CPME 13, l’Union Pour les Entreprises 13 et plusieurs associations de zones d’activités.

Un maillon manquant entre l’Italie et l’Espagne

Pour les signataires, l’enjeu dépasse largement les frontières de la Camargue. Il s’agit de combler une fracture de 26 kilomètres sur un axe stratégique pour les flux de marchandises européens. « Le contournement autoroutier d’Arles n’est pas un sujet local : c’est un enjeu national et européen. Il manque aujourd’hui 26 kilomètres pour assurer une continuité autoroutière stratégique entre l’Italie et l’Espagne », insiste Stéphane Paglia dans son courrier au ministre. Ce tronçon manquant est à l’origine de congestions importantes qui pénalisent la compétitivité logistique de tout l’arc méditerranéen et freinent le développement économique d’une région située à la croisée de l’axe rhodanien et de la zone industrialo-portuaire de Fos-Marseille. Le projet est aujourd’hui techniquement mature, fruit de plus de deux décennies d’études et de concertations.

Un avis défavorable qui crispe, un financement qui interroge

La mobilisation des acteurs économiques a été ravivée par l’avis défavorable rendu par la commission d’enquête publique le 28 février 2026. Une décision qui a « vivement surpris » les élus et les chefs d’entreprise, la jugeant « en décalage avec la réalité du dossier ». Selon la CCI, la commission n’a pas remis en cause l’utilité fondamentale du projet, mais a soulevé des interrogations sur ses modalités de financement, notamment le dispositif de péage envisagé. Les porteurs du projet appellent donc l’État à saisir le Conseil d’État pour obtenir la déclaration d’utilité publique dans les délais légaux, sans laquelle le dossier serait repoussé d’au moins une décennie.

La solution pragmatique : adosser le projet à la concession ESCOTA

Conscients que le financement est le véritable nœud du problème, Stéphane Paglia et les co-signataires avancent une solution concrète. Ils proposent de renoncer à une concession autonome et isolée, difficile à équilibrer pour un tronçon si court, au profit d’un adossement au réseau existant. « Nous proposons une solution pragmatique : adosser le contournement au futur renouvellement de la concession ESCOTA afin de sécuriser un modèle économiquement soutenable », explique le président de la CCI. Le renouvellement prochain de la concession exploitée par VINCI Autoroutes (via sa filiale ESCOTA) représente, selon eux, une « véritable fenêtre d’opportunité ». Intégrer la réalisation du contournement à ce périmètre plus large permettrait de sécuriser un montage financier robuste, de répartir l’effort économique dans le temps et de garantir la réalisation de l’ouvrage.

« Un test de crédibilité pour le pays »

Pour le monde économique, l’enlisement du dossier enverrait un signal désastreux. « À l’heure de la réindustrialisation et des grands enjeux logistiques, repousser encore ce projet de dix ans serait un très mauvais signal pour le territoire comme pour le pays », prévient Stéphane Paglia. Le contournement d’Arles est présenté comme un « véritable test de crédibilité » pour la capacité de la France à mener à bien ses infrastructures stratégiques. Les signataires concluent leur appel au gouvernement par une formule sans équivoque : « Ne pas réaliser le contournement autoroutier d’Arles serait un renoncement. Le réaliser serait une décision de responsabilité ». Plus d’informations sont disponibles sur le site de la CCI du Pays d’Arles (www.arles.cci.fr).