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ARLES : Festival OFF – L’art du crocodile pour…

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ARLES : Festival OFF – L’art du crocodile pour interroger la crise écologique et spirituelle

La galerie Christophe Person réunit les artistes Arnold Fokam et Nyaba Léon Ouédraogo pour une exposition sur le crocodile, entre mythe et urgence climatique.

À l’occasion de sa première participation au Festival OFF d’Arles, la galerie Christophe Person présentera l’exposition « Crocodiles – Spiritualité, rites et survie à l’ère de l’Anthropocène ». Du 6 juillet au 5 septembre 2026, les œuvres du Camerounais Arnold Fokam et du Burkinabé Nyaba Léon Ouédraogo dialogueront au sein du nouvel Espace Printemps, un lieu collectif inauguré cette année. Les deux artistes partagent une fascination commune pour l’eau, explorant sa dimension vitale, sacrée et mémorielle face aux défis écologiques contemporains.

L’eau, territoire de mémoire en péril

L’exposition s’articule autour de la tension entre le caractère sacré de l’eau et sa fragilité grandissante. Élément porteur de mythes et refuge des esprits, l’eau voit ses territoires se réduire : les fleuves s’amenuisent, les lacs s’assèchent, emportant avec eux les mondes invisibles et les croyances ancestrales. C’est dans cet interstice, entre mémoire spirituelle et disparition matérielle, que les travaux des deux artistes prennent tout leur sens, interrogeant la survie des rites à l’heure où les écosystèmes s’effondrent.

Arnold Fokam et le mythe de Mami Wata

Inspiré par les masques cimiers crocodile du peuple Ijaw, Arnold Fokam réinterprète la figure de Mami Wata, une puissante divinité aquatique africaine. Sa série « Processions », débutée en 2023 lors d’une résidence artistique au bord du fleuve Congo, convoque cette déesse à la fois protectrice et redoutable pour sonder les violences infligées aux milieux aquatiques. Mêlant peinture, sculpture, performance et photographie, son travail utilise la figure mythologique comme un prisme pour lire la crise écologique actuelle et questionner le rapport de l’homme aux esprits de l’eau.

Nyaba Léon Ouédraogo et les gardiens sacrés de Bazoulé

En contrepoint, le regard documentaire et poétique de Nyaba Léon Ouédraogo nous transporte au Burkina Faso, sur les rives du lac de Bazoulé. Ce site abrite près de 280 crocodiles considérés comme sacrés par les communautés locales, qui leur vouent un profond respect à travers des offrandes et des rituels funéraires solennels. Ce lien ancestral est aujourd’hui menacé par le dérèglement climatique qui frappe durement le pays. À travers sa série « Crocodiles », l’artiste pose une question cruciale : que devient un peuple quand disparaissent les gardiens sacrés de ses eaux ? Ses œuvres témoignent de l’impact de l’assèchement du lac sur ce patrimoine spirituel vivant et sa transmission.

Deux artistes internationalement reconnus

Le travail de ces deux artistes a déjà reçu de nombreuses distinctions. Nyaba Léon Ouédraogo a notamment été primé par l’Union Européenne aux 9èmes Rencontres de la Photographie de Bamako en 2011, finaliste du prestigieux prix Pictet en 2010 et 2016, et lauréat des Résidences photographiques du Musée du Quai Branly en 2013.

Arnold Fokam est lauréat du prix Goethe Découverte 2020, du Prix Découverte des Ateliers SAHM et du Prix Barthélémy TOGO en 2023. Ses œuvres figurent déjà dans des collections privées et publiques de premier plan, comme celles du Goethe Institut et du Centre d’Art Contemporain Doual’art.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).