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ANNECY : Alexandre PETIT : « Il en va de la réputation de la France au niveau international »
À quelques jours du Sommet du G7 à Évian, le chef de la police de Haute-Savoie détaille un dispositif de sécurité hors normes et crucial.
Du 15 au 17 juin 2026, la France accueillera les dirigeants des plus grandes puissances mondiales à Évian-les-Bains pour le Sommet du G7. Depuis un an, la direction interdépartementale de la police nationale de Haute-Savoie (DIPN74) est sur le pied de guerre pour préparer la sécurisation de cet événement planétaire. Le commissaire général Alexandre Petit, directeur de la DIPN74, lève le voile sur un dispositif d’une ampleur exceptionnelle, confronté à des défis logistiques, territoriaux et sécuritaires majeurs.
Un défi logistique et territorial
La première complexité réside dans la géographie même du lieu. La région du Chablais, où se situe Évian, est un territoire enclavé entre la Suisse, le lac Léman et le massif montagneux. Cet isolement est accentué par l’éloignement d’Annecy, siège de la préfecture, à environ 1h30 de route, un délai qui devrait s’allonger considérablement avec les contrôles de sécurité mis en place dès le 11 juin.
À ces contraintes s’ajoute une difficulté logistique : la faible capacité d’hébergement en début de saison touristique. La circonscription de police du Léman, couvrant six communes dont Évian et Thonon-les-Bains, ne compte que 80 fonctionnaires pour une population de 60 000 habitants, qui peut grimper jusqu’à 90 000 en été. Avec ses 550 agents, la DIPN 74 a donc dû solliciter d’importants renforts venus de toute la France pour quadriller le secteur.
Un enjeu de réputation internationale
Pour le commissaire général, l’enjeu dépasse largement les frontières du département. Il s’agit d’un véritable test pour la capacité de la France à organiser des événements de cette envergure.
« Il s’agit d’un défi majeur pour la DIPN, puisque nous allons devoir sécuriser durant 3 jours des chefs d’État et de gouvernement de certaines des plus grandes puissances mondiales, dont le président des États-Unis d’Amérique qui compte parmi les personnalités les plus exposées au monde », souligne Alexandre Petit.
« L’enjeu dépasse largement la seule DIPN et même la police nationale, il en va de la réputation de la France au niveau international », insiste-t-il.
Dans un contexte international particulièrement tendu, le G7 attire de fortes oppositions et constitue une cible potentielle pour des actes de malveillance. La préparation, entamée il y a un an dès l’annonce du choix d’Évian par le Président de la République, a impliqué de multiples étapes : reconnaissances, définition des périmètres de sécurité, identification des missions, mobilisation des effectifs, planification logistique (armureries, hébergement, restauration) et adaptation constante de la manœuvre d’ordre public, notamment en prévision d’un contre-sommet.
Une mobilisation de toutes les spécialités
La quasi-totalité des effectifs de la DIPN74 est mobilisée, tous services confondus (sécurité publique, police judiciaire, renseignement territorial, police aux frontières). Ils sont épaulés par des renforts issus de toutes les filières et spécialités de la police nationale : unités de maintien de l’ordre, services de renseignement, déminage, police technique et scientifique, motards, spécialistes de la lutte anti-drone, brigades équestres ou encore unités nautiques.
Les missions sont variées et critiques : assurer la protection rapprochée des chefs d’État à l’Évian Resort et lors de leurs déplacements, sécuriser les sites sensibles comme les centres de presse ou les postes de commandement, contenir toute manifestation, tenir les frontières avec la Suisse et gérer l’ensemble des aspects judiciaires et du renseignement. La DIPN74 agit en véritable chef d’orchestre de ce dispositif, sous l’autorité de la préfète, avec le soutien de la direction zonale de la police nationale (DZPN).
L’expérience des JO 2024 et les spécificités locales
Si l’organisation des Jeux Olympiques de 2024 et du Sommet des Océans (UNOC) en 2025 a fourni de précieux enseignements, notamment en matière de gestion des effectifs, le G7 d’Évian présente des défis inédits. Selon Alexandre Petit, l’opposition y est plus virulente, avec des contestations « anti-militaristes, anti-nucléaires, anti-impérialistes ».
Le caractère frontalier de l’événement a également imposé des échanges « réguliers et soutenus avec les autorités suisses » à tous les niveaux. Enfin, la configuration des lieux, les capacités hôtelières limitées et les temps de trajet ont contraint les organisateurs à innover.
« À plusieurs égards nous avons dû « partir de zéro » », conclut le commissaire général.
Pour plus d’informations sur l’événement, le site de la présidence de la République est disponible
via Presse Agence.


