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ALIXAN : Vincent LEGRAND : « Les monogestes ne permettront…

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ALIXAN : Vincent LEGRAND : « Les monogestes ne permettront pas d’atteindre la performance énergétique »

À Alixan, dans la Drôme, l’entreprise Dorémi alerte sur la réouverture de MaPrimeRénov’ avec un budget qui compromet les rénovations d’ampleur.

Après des semaines de flottement budgétaire, le Gouvernement et l’Agence Nationale de l’Habitat (ANAH) ont annoncé la réouverture imminente du dispositif MaPrimeRénov’. Cependant, pour les acteurs de la rénovation énergétique performante comme l’entreprise solidaire Dorémi, cette reprise se fait dans des conditions qui fragilisent la filière et risquent de laisser de nombreux ménages sur le carreau.

Un parcours semé d’embûches

L’année 2024 avait marqué une évolution majeure des aides avec la création du parcours « rénovation d’ampleur », soutenu par un accompagnement obligatoire (Mon Accompagnateur Rénov’) et des subventions significatives. Ce dispositif a rapidement trouvé son public, notamment auprès des ménages les plus modestes. Selon l’ANAH, la dynamique était telle qu’en mai 2025, avec 80 000 dossiers déjà déposés, l’objectif de 200 000 rénovations d’ampleur pour l’année semblait pour la première fois atteignable.

Cependant, cette dynamique a été brisée par une série de décisions : une première suspension des guichets en juin 2025, une réouverture en octobre avec des critères dégradés, puis un nouvel arrêt au 1er janvier 2026. Pour les professionnels du secteur, cette instabilité a non seulement fragilisé les entreprises et les accompagnateurs, mais a également semé le doute chez les particuliers. Paradoxalement, les aides pour les « monogestes » (changement d’un seul équipement), jugées moins efficaces, n’ont subi aucune interruption.

Des critères dégradés et un budget raboté

La nouvelle version de MaPrimeRénov’ qui s’apprête à rouvrir se base sur les critères revus à la baisse de septembre 2025. Si l’orientation vers les logements les plus énergivores (classes E, F et G) et les ménages modestes est jugée cohérente, les montants des aides suscitent une vive inquiétude. Les plafonds de dépenses sont fixés à 30 000 € HT pour un gain de deux classes énergétiques et 40 000 € HT pour un gain de trois classes ou plus.

Selon Dorémi, cela représente une division par deux, au minimum, des subventions par rapport à 2024, réduisant drastiquement la capacité des ménages à engager des travaux réellement performants. Le point le plus alarmant reste le quota fixé à 52 000 dossiers pour les rénovations d’ampleur de maisons individuelles. Sachant que 45 000 dossiers déposés en 2025 sont toujours en attente, il ne resterait une capacité que pour 7 000 nouveaux projets en 2026 pour plus de 17 millions de maisons concernées en France.

La rénovation performante, une solution éprouvée

Face à ce constat, Dorémi, entreprise de l’Économie Sociale et Solidaire, rappelle que des solutions efficaces existent et ont fait leurs preuves. Dans le cadre du programme CEE Facilaréno2, l’entreprise a démontré, suivis de consommation à l’appui, que les rénovations qu’elle accompagne dépassent les exigences du label Bâtiment Basse Consommation (BBC-Rénovation). Plus de 40 % de ces chantiers ont bénéficié à des ménages modestes ou très modestes.

« La rénovation performante conduit à travailler sur 6 postes de travaux et sur leurs interfaces, avec une vision globale, pour colmater les fuites du bâtiment, qui voit sa facture de chauffage passer de plus de 3 500 € à moins de 800 € par an, dans une maison devenue saine et très confortable. À l’inverse, les monogestes de travaux ne permettront pas d’atteindre la performance – comme installer une pompe à chaleur dans une passoire, monogestes encore largement soutenus par les aides nationales, paradoxalement bien plus que la rénovation d’ampleur accompagnée », explique Vincent Legrand, président de Dorémi.

Un enjeu social, économique et environnemental

Avec des millions de « passoires thermiques » en France et une précarité énergétique croissante, la rénovation performante s’impose comme un levier essentiel. Elle répond à un triple enjeu : environnemental, en réduisant les émissions de gaz à effet de serre ; social, en améliorant le confort et le pouvoir d’achat des habitants ; et économique, en soutenant des emplois locaux non délocalisables. L’entreprise Dorémi (https://www.renovation-doremi.com), engagée depuis 2017, continue de former les professionnels du bâtiment pour garantir des rénovations de qualité et durables, accessibles à tous.