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AIX-EN-PROVENCE : Sécurité des soignants – L’Ét…

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AIX-EN-PROVENCE : Sécurité des soignants – L’État et la Région lancent un plan d’action face à la hausse des violences

Face à la hausse des violences, l’État, la Région et l’ARS lancent un plan régional pour protéger les soignants de Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Face à une augmentation préoccupante des agressions envers les professionnels de santé, les pouvoirs publics se mobilisent en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ce mardi, Jacques Witkowski, Préfet de région, le Président de la Région Sud et Yann Bubien, Directeur général de l’Agence Régionale de Santé (ARS), ont officiellement lancé un pacte régional pour la sécurité des soignants. La visite de la Maison de santé pluriprofessionnelle d’Aix Encagnane, en présence de la maire Sophie Joissains, a servi de cadre à la présentation de ce plan d’action commun, adopté en décembre 2025, qui vise à endiguer un phénomène qui fragilise l’ensemble du système de soins.

Un constat alarmant et des chiffres sous-estimés

Le plan répond à une situation critique. Selon l’Observatoire national des violences en santé (ONVS), 1 671 signalements ont été recensés dans la région en 2024, sur un total de près de 21 000 au niveau national. Ces chiffres, déjà élevés, ne représentent que la partie visible de l’iceberg. Les autorités estiment que de nombreux faits ne sont pas déclarés et que seules 30 % des agressions feraient l’objet d’un dépôt de plainte. Les Ordres professionnels constatent également une hausse des déclarations, avec 212 signalements auprès du Conseil régional de l’Ordre des médecins en 2023, soit une augmentation de 58 % par rapport à 2022.

« Les agressions, les menaces ou les intimidations visant les professionnels de santé ne sont pas acceptables : elles vont à l’encontre même de ce qu’est une relation de soins et de confiance », a souligné le Préfet Jacques Witkowski dans un éditorial accompagnant le plan.

Cette réalité impacte durement les soignants, pouvant remettre en cause leur engagement et leur vocation, et par extension, fragilise l’accès aux soins pour tous les citoyens.

Une stratégie globale articulée autour de six axes

Pour la première fois à l’échelle régionale, une stratégie globale est déployée pour tous les professionnels de santé, qu’ils exercent à l’hôpital, en cabinet libéral, en pharmacie ou à domicile. Le plan s’articule autour de six axes majeurs visant à prévenir, protéger, accompagner et garantir une réponse ferme des pouvoirs publics.

L’un des piliers est la politique de « zéro impunité ». Les protocoles départementaux seront renforcés pour faciliter le dépôt de plainte (dispositif « coupe-file »), mettre en place un référent sécurité au sein des forces de l’ordre et un numéro de téléphone dédié pour les soignants.

La sécurisation des lieux d’exercice est également une priorité. L’ARS mobilisera une enveloppe annuelle de 3 millions d’euros pour aider les hôpitaux à financer des équipements de sécurité (vidéosurveillance, contrôle d’accès, dispositifs d’alerte), en complément des 30 millions d’euros déjà investis depuis 2017. La Région Sud s’engage de son côté à financer jusqu’à 50 % des dépenses pour l’installation d’équipements de sécurité dans les Maisons régionales de santé.

Protéger les plus isolés et former pour l’avenir

Une attention particulière est portée aux professionnels les plus exposés. Le plan prévoit l’expérimentation de dispositifs d’alerte connectés pour les interventions à domicile, ainsi qu’un soutien à la création de guichets de garde sécurisés pour les pharmacies.

La formation constitue un autre volet essentiel. Des modules sur la gestion des situations à risque et des agressions seront intégrés dans les cursus de formation initiale des futurs soignants. La Région déploiera un plan de formation auprès des 19 000 étudiants des filières sanitaires et sociales. Des formations continues seront également financées par l’ARS pour les professionnels déjà en exercice. Enfin, une campagne de communication grand public sera lancée pour rappeler l’importance du respect dans la relation de soin.

« Personne ne rêve de devenir soignant pour être confronté à la violence. […] Nous ne pouvons nous y résigner », a rappelé Yann Bubien, directeur de l’ARS.

Il a conclu en insistant sur l’enjeu collectif : « Protéger leur santé, c’est protéger celle de tous les habitants de notre région. »

Photo Laure BALAIS (Région Sud) via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).