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AIX-EN-PROVENCE : Protoxyde d’azote – La loi RI…

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AIX-EN-PROVENCE : Protoxyde d’azote – La loi RIPOST en débat, une entreprise alerte sur l’absence d’outil de dépistage

Alors que la loi RIPOST arrive à l’Assemblée, l’entreprise aixoise Olythe dénonce l’absence d’un outil de dépistage pour la conduite sous protoxyde d’azote.

La lutte contre l’usage détourné du protoxyde d’azote, ou « gaz hilarant », franchit une étape décisive ce 6 juillet avec l’arrivée en séance publique du projet de loi RIPOST à l’Assemblée nationale. Si le texte, déjà adopté par le Sénat le 26 mai, durcit considérablement les sanctions contre la consommation, la vente et surtout la conduite sous l’emprise de cette substance, il souffre d’une lacune majeure selon des experts du secteur : l’absence de tout moyen de contrôle objectif. La société aixoise Olythe, spécialisée dans l’analyse de l’air expiré, alerte sur le risque de voter une loi inapplicable sur le terrain.

Un délit constaté « à l’œil nu »

Soutenu par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez comme un « choc d’autorité », le volet sur le protoxyde d’azote prévoit des peines sévères : jusqu’à trois ans de prison et 9 000 euros d’amende pour un conducteur contrôlé sous son emprise. Cependant, dans sa rédaction actuelle, l’article L. 237‑1 du code de la route propose de réprimer cette infraction de manière « manifeste ». Ce principe, calqué sur celui de l’ivresse publique, reviendrait à laisser aux forces de l’ordre le soin d’apprécier l’état d’un conducteur sur la base de critères visuels et subjectifs.

Cette approche inquiète Olythe, qui y voit une source de fragilité juridique. Le Conseil d’État lui-même avait pointé un risque d’arbitraire, un avis relayé par plusieurs sénateurs. Un amendement visant à introduire une constatation par dépistage a d’ailleurs été rejeté lors de la lecture au Sénat.

« On légifère sur l’essentiel, l’interdiction de conduire sous protoxyde d’azote, mais on refuse l’outil qui permettrait de la faire respecter sans contestation possible. Sans dépistage objectif, on demande à un gendarme de deviner ce qu’un test pourrait prouver en une minute », déplore Guillaume Nesa, cofondateur d’Olythe.

La détection, une solution déjà éprouvée

L’argument souvent avancé d’une impossibilité technique de dépister le N₂O est aujourd’hui contredit par plusieurs travaux scientifiques. Contrairement à une idée répandue, la molécule reste mesurable dans l’air expiré bien après l’inhalation. Une étude publiée dans Forensic Science International (Jiménez et al., 2025) a démontré que le gaz est détectable jusqu’à 90 minutes après consommation. Plus encore, des résultats préliminaires d’une étude de l’université d’Aarhus (Danemark) évoquent une fenêtre de détection allant jusqu’à quatre heures, une durée compatible avec les besoins des contrôles routiers.

Forte de ce constat, Olythe a développé une solution concrète : l’OCIN₂O, un dispositif portable de détection du protoxyde d’azote, dont le fonctionnement est similaire à celui d’un éthylotest. Grâce à une technologie de spectroscopie infrarouge non dispersive (NDIR), l’appareil cible spécifiquement la molécule de N₂O et fournit un résultat en une minute.

Un dispositif primé et testé à l’international

Loin d’être un simple prototype, l’OCIN₂O a déjà été expérimenté avec des retours positifs par des forces de l’ordre en Belgique et au Danemark. Des évaluations sont également en cours à Dublin et au Royaume-Uni. Cette innovation a été récompensée au Concours Lépine 2026, où elle a reçu le Prix du ministère de l’Intérieur et le Prix de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI).

« C’est un échantillon simple à prélever, facile à utiliser pour les forces de l’ordre, et surtout adapté à une substance qui disparaît vite de l’organisme », explique Guillaume Nesa.

Pour l’entreprise, le débat en séance publique est l’occasion de doter la loi d’un outil qui garantirait son efficacité et sa sécurité juridique.

« Voter une interdiction sans donner aux forces de l’ordre un outil de dépistage objectif revient à fragiliser la loi dès sa naissance. Nous appelons les députés à revenir, en séance, sur l’appréciation purement visuelle de la consommation de protoxyde d’azote », conclut le cofondateur d’Olythe.

À propos d’Olythe

Fondée en 2013, Olythe est une entreprise française innovante spécialisée dans l’analyse de l’air expiré. Basée à Aix-en-Provence, elle conçoit et fabrique en France des solutions de détection de gaz précises et modulables.

Pionnière dans l’usage de la spectroscopie infrarouge miniaturisée, Olythe a développé des technologies brevetées intégrées dans des produits comme l’éthylotest connecté OCIGO et, plus récemment, le détecteur de protoxyde d’azote OCIN₂O.

L’entreprise propose des solutions sur mesure pour de nombreuses applications professionnelles, au service de la sécurité et de la santé. Plus d’informations sont disponibles sur son site internet : https://www.olythe.io/

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).