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AIX-EN-PROVENCE : Géothermie profonde – Le programme GEOSCAN révèle un fort potentiel autour de l’étang de Berre

L’ADEME et le BRGM dévoilent les résultats de GEOSCAN, confirmant un potentiel majeur pour la géothermie profonde autour de l’étang de Berre.

Dans un contexte de transition énergétique où la production de chaleur représente plus de 43 % de la consommation finale en France, la géothermie s’affirme comme une alternative stratégique aux énergies fossiles. L’État, via l’Agence de la transition écologique (ADEME) et le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), en partenariat avec la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Département des Bouches-du-Rhône et la Métropole Aix-Marseille-Provence, a présenté ce 30 juin 2026 les conclusions du programme GEOSCAN Arc. Cette étude d’envergure révèle des perspectives prometteuses pour l’exploitation de la chaleur du sous-sol sur le pourtour de l’étang de Berre.

Une « échographie » du sous-sol sur 1 500 km²

Lancé début 2024, le programme GEOSCAN Arc visait à cartographier avec précision le potentiel géothermique d’un vaste territoire de près de 1 500 km² s’étendant d’Arles à Aix-en-Provence et de Miramas à Martigues. Jusqu’alors, le manque de connaissance détaillée du synclinal de l’Arc, un bassin géologique centré sur l’étang de Berre, freinait l’engagement des collectivités et des industriels dans des projets de forage.

Pour lever ces incertitudes, une campagne d’acquisition de données géophysiques inédite a été menée en octobre 2024. Sur plus de 300 km de parcours à travers 29 communes, des camions vibreurs ont émis des ondes acoustiques pour sonder les couches profondes, complétés par une barge pour l’exploration sous l’étang. Cette technique, similaire à une échographie médicale, a permis au BRGM (https://www.brgm.fr/) de construire un modèle géologique 3D détaillé, identifiant les structures, les failles et les réservoirs potentiels.

Des cibles prometteuses identifiées à grande profondeur

Les résultats de l’étude ont permis de caractériser deux cibles géologiques majeures, confirmant leur potentiel pour la géothermie profonde.

La cible principale, les calcaires du Crétacé inférieur (appelés « l’Urgonien de Provence »), a été localisée avec une fiabilité accrue. Près de Vitrolles, ce réservoir se situerait à moins de 2 000 mètres de profondeur, avec des températures estimées entre 50 °C et 70 °C. Dans le secteur de Plan-de-Campagne, à environ 2 500 mètres, les températures pourraient atteindre 55 °C à 85 °C.

La seconde cible, les calcaires du Jurassique supérieur, plus profonde, présente également un intérêt notable, notamment au sud-ouest d’Aix-en-Provence. À moins de 2 500 mètres, les températures pourraient y être comparables, de 55 °C à 85 °C. Ces données affinées offrent une base solide pour cibler les futurs forages et optimiser les chances de succès.

Un levier stratégique pour la décarbonation du territoire

Cette avancée scientifique constitue une étape décisive pour le développement d’une filière énergétique locale, renouvelable et à coût maîtrisé. La géothermie profonde permet d’alimenter des réseaux de chaleur urbains ou des sites industriels en chauffage et en eau chaude sanitaire, réduisant ainsi la dépendance aux énergies fossiles.

L’ensemble des données et des cartes de favorabilité issues de GEOSCAN Arc sont progressivement mises à la disposition des acteurs publics et privés sur le portail national des géothermies (https://www.geothermies.fr). Cette transparence vise à stimuler l’émergence de projets concrets, en réduisant significativement les risques techniques et financiers liés à l’exploration.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du plan national lancé en février 2023 par le gouvernement, qui ambitionne de multiplier par deux à trois le nombre de projets de géothermie profonde d’ici 2030. Actuellement, la France compte 73 opérations de ce type, chauffant déjà l’équivalent d’un million de personnes et produisant 2,28 TWh d’énergie thermique. Le pourtour de l’étang de Berre pourrait bientôt contribuer de manière significative à cet effort national de décarbonation.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).