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AIX-EN-PROVENCE : Culture – Le regard intime de Paul McCartney sur la Beatlemania dévoilé au Musée Granet
Le musée Granet accueillera dès le 4 juillet une exposition événement regroupant 250 photographies prises par l’ex-Beatles, documentant de l’intérieur l’ascension fulgurante du groupe légendaire.
C’est une plongée inédite dans l’intimité des « Fab Four » que proposera le musée Granet d’Aix-en-Provence à partir de cet été. Intitulée *Paul McCartney Photographe 1963-64: Eyes of the Storm*, l’exposition retrace une période charnière de l’histoire de la musique, vue à travers l’objectif personnel de l’un de ses principaux protagonistes. Du 4 juillet 2026 au 3 janvier 2027, le public pourra découvrir comment quatre jeunes garçons de Liverpool sont devenus, en l’espace de quelques mois, les icônes d’une génération.
Une archive personnelle inestimable.
L’exposition s’appuie sur une redécouverte majeure survenue en 2020 : près d’un millier de photographies dormaient dans les archives de Paul McCartney. Pris avec un appareil 35 mm, ces clichés offrent un contrechamp unique sur la Beatlemania. Loin des photos de presse officielles, ces images capturent l’instant vécu, les coulisses, l’ennui des chambres d’hôtel et l’effervescence des tournées. « À l’époque, on n’avait pas le droit à la paresse. Il fallait prendre la bonne photo, composer soi-même l’image dans son cadre sans se dire qu’au pire on pourrait toujours la rogner après-coup », explique Paul McCartney.
Passionné de photographie depuis l’enfance, initié par son frère avec un Kodak Brownie familial, le musicien documente avec acuité ce tourbillon médiatique. Les 250 clichés sélectionnés pour l’événement, déployés sur 700 m² d’espace muséal, témoignent d’une esthétique propre aux années 60, saisie parfois à la volée, parfois avec un cadrage rigoureux.
De Liverpool à la conquête de l’Amérique.
Le parcours chronologique de l’exposition transporte le visiteur de la fin de l’année 1963, entre Liverpool et Londres, jusqu’à l’explosion internationale du groupe. Les clichés immortalisent le passage à Paris, où ils partagent l’affiche de l’Olympia avec Sylvie Vartan, avant le grand saut vers les États-Unis en février 1964.
Pour ces jeunes Britanniques, nés pendant la Seconde Guerre mondiale, l’Amérique représente alors un eldorado culturel et le symbole de la modernité. « L’Amérique fut sans conteste le gros lot : c’était le berceau d’une grande partie, voire de toute la musique qu’on aimait », se souvient l’artiste. Leur passage au *Ed Sullivan Show*, visionné par 73 millions de téléspectateurs, scellera leur statut de stars planétaires.
L’œil du cyclone.
Au-delà du document historique, l’exposition révèle la perspective singulière de ceux qui se trouvaient au centre de l’attention mondiale. Le titre de l’exposition, *Eyes of the Storm* (L’œil du cyclone), résume cette position paradoxale : au calme relatif du centre, tandis que le monde autour s’agite frénétiquement. « C’était une période complètement dingue pour nous, on vivait des tas de trucs incroyables », raconte Paul McCartney.
Ces images permettent de redécouvrir une société aujourd’hui disparue, aperçue à travers une vitre de train ou une lunette arrière de voiture, alors que le groupe redéfinissait la notion même de célébrité à l’ère moderne. Pour le musicien, se replonger dans ces archives est une expérience positive : « La vue de ces photos ne me procure pas tant un sentiment de perte que de joie rétrospective (…) En fait chaque cliché fait remonter des souvenirs ».
Un événement inscrit dans le Grand Arles Express.
Organisée par Paul McCartney avec MPL Communications Limited et la National Portrait Gallery de Londres, cette exposition s’inscrit également dans le cadre du Grand Arles Express, la programmation hors les murs des Rencontres d’Arles. Elle participera ainsi aux célébrations des 200 ans de la photographie, offrant aux visiteurs du sud de la France un témoignage artistique et historique de premier plan.

