AIX-EN-PROVENCE : Camp des Milles – Musique et mémoir…
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AIX-EN-PROVENCE : Camp des Milles – Musique et mémoire s’unissent contre l’oubli
Le Site-Mémorial du Camp des Milles et le Festival de Pâques s’associent pour une journée exceptionnelle de concerts et de tables rondes le 29 mars.
Le Site-Mémorial du Camp des Milles, à Aix-en-Provence, s’apprête à accueillir le dimanche 29 mars 2026 une journée inédite intitulée « Penser, ne pas oublier ». Organisé en partenariat avec le Festival de Pâques dans le cadre de son volet solidaire « Musique en partage », cet événement gratuit et ouvert à tous proposera un dialogue puissant entre mémoire, musique, réflexion et engagement citoyen, au sein même du seul grand camp français d’internement et de déportation encore intact.
L’ambition est de faire de l’art un vecteur de conscience. « Faire de la musique autre chose qu’un moment de beauté suspendue : lui redonner sa place de nécessité, de langage essentiel lorsque les mots deviennent insuffisants », souligne Dominique Bluzet, directeur exécutif du Festival de Pâques. « La musique ne vient pas ici adoucir l’Histoire ; elle vient l’affronter, l’interroger, la traverser ».
Des voix prestigieuses pour la réflexion
La journée sera rythmée par deux tables rondes de haut niveau, modérées par l’anthropologue des religions Alain Cabras. La première, à 10h00, interrogera « Ce que l’art transmet à la démocratie » avec l’écrivain et économiste Jacques Attali et le compositeur Bernard Foccroulle.
À 15h30, la seconde table ronde établira un « Dialogue entre engagement spirituel, responsabilité sociale et mémoire ». Elle réunira deux figures majeures du débat public : Delphine Horvilleur, rabbin et auteure, et Laurent Berger, ancien secrétaire général de la CFDT, aujourd’hui engagé au sein de l’Institut Mutualiste pour l’Environnement & la Solidarité du Crédit Mutuel Alliance Fédérale. L’objectif est de croiser les regards pour éclairer les fractures de notre temps et le rôle de la transmission.
La musique comme acte de résistance
En écho à ces débats, la musique résonnera avec une intensité particulière. Renaud Capuçon, directeur artistique du Festival, a conçu un programme centré sur des œuvres composées dans le camp de concentration de Terezín par Gideon Klein, Hans Krása, Erwin Schulhoff et Viktor Ullmann. « Elles portent en elles une charge symbolique qui me bouleverse profondément. Elles disent, avec une intensité saisissante, ce que peut être la création lorsqu’elle devient un acte de résistance, une affirmation de la dignité humaine face à la déshumanisation », explique Renaud Capuçon.
Ces pièces seront interprétées par le violoniste lui-même, accompagné de Paul Zientara (alto), Krzysztof Michalski (violoncelle) et du Quatuor Fidelio. La journée se conclura par deux moments musicaux forts : les Variations Goldberg de Bach, dans une transcription pour trio à cordes, et l’Hymne des Milles, composé en 1939 dans le camp par le musicien interné Max Schlesinger et repris pour l’occasion par Renaud Capuçon.
Un partenariat porteur de sens
Cette collaboration s’inscrit pleinement dans la mission du lieu. « Aujourd’hui, le Site-mémorial poursuit cette mission en faisant de la mémoire un outil d’éducation citoyenne et de lutte contre l’antisémitisme, les racismes et les extrémismes », rappelle Alain Chouraqui, président de la fondation du Camp des Milles – Mémoire et Éducation. Cet événement vise ainsi à utiliser l’art et l’histoire pour éclairer les mécanismes humains qui mènent au pire, mais aussi ceux qui permettent de résister.
La journée est en accès gratuit, mais la réservation est obligatoire à partir du 5 mars 2026 sur le site officiel du festival (festivalpaques.com). Des navettes seront mises à disposition depuis le Grand Théâtre de Provence à Aix-en-Provence. Pour prolonger la thématique, le public pourra assister le soir même au Grand Théâtre de Provence au Requiem de Verdi, œuvre surnommée après la guerre « Requiem de Terezin » pour avoir marqué l’histoire du camp.


