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ABOU DHABI : Jean GURUNLIAN : « Tout système douanier qui n’est pas construit sur des grands modèles de langage disparaîtra »
Intervenant lors de la Conférence technologique de l’OMD, le fondateur du système ASYCUDA prédit la fin inéluctable des infrastructures douanières traditionnelles face à l’émergence de l’intelligence artificielle.
C’est un avertissement sans équivoque qu’a lancé Jean Gurunlian, figure historique du secteur douanier, ce mercredi 28 janvier 2026 aux Émirats arabes unis. Lors de la Conférence technologique de l’Organisation Mondiale des Douanes (OMD) à Abou Dhabi, le président du conseil d’administration de Webb Fontaine (https://WebbFontaine.com) a acté l’obsolescence des systèmes actuels.
Pour l’architecte originel du système ASYCUDA, déployé dans plus de 100 pays, le tournant technologique est radical.
« Aucun système douanier qui n’a pas été construit sur des LLM ne survivra », a déclaré Jean Gurunlian.
Selon lui, l’arrivée des grands modèles de langage (LLM) a rendu caduques les architectures héritées du passé.
L’incapacité des systèmes statiques.
Le constat repose sur l’accélération du temps commercial et réglementaire. Les systèmes douaniers traditionnels, basés sur des règles statiques et des cycles de développement longs, ne parviennent plus à suivre la cadence.
« Les systèmes douaniers qui ne peuvent pas s’adapter aux changements de lois, de réglementations ou d’exigences opérationnelles dans des délais très courts ne survivront tout simplement plus », a-t-il affirmé.
La rigidité des plateformes actuelles, qui nécessitent parfois des mois pour intégrer de nouvelles législations ou mises à jour tarifaires, représente désormais un risque majeur pour les administrations.
« Si un système met des années à s’ajuster, il est déjà trop tard », a précisé l’expert.
La douane comme outil géopolitique.
L’urgence de cette mutation technologique est exacerbée par le contexte géopolitique mondial. Les barrières douanières sont devenues des leviers d’influence immédiats.
« Les droits de douane et les barrières non tarifaires sont de plus en plus devenus des armes politiques. Ils peuvent changer du jour au lendemain, parfois sans avertissement », a souligné Jean Gurunlian.
Face à cette volatilité, seuls les systèmes dotés de LLM permettent une réaction quasi instantanée. Ces technologies peuvent interpréter, appliquer et rendre opérationnels ces changements en quelques secondes, là où l’intervention humaine et la reprogrammation classique échouent.
Une refonte structurelle nécessaire.
Pour le fondateur d’ASYCUDA, l’adaptabilité n’est plus une option mais une condition de survie.
Il appelle à une rupture nette avec les méthodes de conception antérieures, admettant même la vulnérabilité de ses propres créations passées : « Les systèmes, y compris ceux que j’ai créés, sont voués à devenir obsolètes. Si un système ne peut pas être amélioré en production, il ne devrait pas être déployé », a reconnu Jean Gurunlian.
L’expert met en garde les gouvernements contre l’investissement dans des systèmes statiques qui enfermeraient les institutions dans une incapacité à répondre aux chocs futurs. La solution ne réside pas dans une simple mise à jour, mais dans un changement de paradigme.
« Il ne s’agit pas d’ajouter de l’IA sur les plateformes existantes. Il s’agit de repenser les systèmes douaniers depuis la base », a-t-il conclu.