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ABIDJAN : Mike SALAWOU : « Nos concitoyens nous attendent pour circuler sur ce corridor »

La CEDEAO et la Banque africaine de développement ont réuni le conseil d’administration de l’ALCoMA pour lancer l’autoroute régionale de 1028 km.

C’est une étape majeure qui vient d’être franchie pour l’intégration économique de l’Afrique de l’Ouest. Les 19 et 20 février 2026, la capitale économique ivoirienne a accueilli une session stratégique d’orientation destinée aux membres du nouveau Conseil d’administration de l’Autorité de gestion du corridor Abidjan-Lagos (ALCoMA). Organisée conjointement par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et le Groupe de la Banque africaine de développement (www.AfDB.org), cette rencontre marque le début opérationnel d’un chantier titanesque.

Ce projet d’autoroute supranationale, s’étirant sur 1 028 kilomètres, a pour ambition de relier cinq pays de la sous-région : la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Nigeria. L’objectif affiché est clair : transformer cet axe routier en un véritable moteur économique et industriel à l’horizon 2030.

Une prise de fonction stratégique

Le nouveau Conseil d’administration, composé de dix membres, avait été officiellement installé et avait prêté serment en décembre 2025. Cette session de février visait donc à familiariser ces administrateurs avec les dossiers techniques et juridiques complexes inhérents à une infrastructure de cette envergure. Durant deux jours, les participants ont passé en revue le Traité relatif au corridor, document fondateur qui définit le statut supranational de l’ouvrage et la vision commune des chefs d’État concernés.

Les discussions ont également porté sur les aspects cruciaux de la facilitation du commerce et des transports. Au-delà du bitume, le projet englobe des initiatives de développement spatial, incluant la logistique, les chaînes de valeur et la création de pôles économiques d’ancrage tout au long du tracé.

Un cadre institutionnel à consolider

La session a permis d’aborder le cadre institutionnel régissant l’ALCoMA. Les administrateurs ont procédé à un premier examen des textes réglementaires, notamment le règlement intérieur et la charte de l’institution. Le processus de recrutement de l’équipe dirigeante, incluant le futur directeur général et le personnel technique, a également été mis à l’étude pour garantir une gestion efficace de l’organisme.

Pour Chris Appiah, chef de la délégation de la CEDEAO, ce projet dépasse la simple construction routière. « Il faut ne ménager aucun effort pour que ce projet devienne une réalité dans un proche avenir. Une autoroute sans frontière va propulser le développement de toute la région », a déclaré Chris Appiah, directeur des transports de la CEDEAO. Il a insisté sur l’approche intégrée du corridor économique, mêlant infrastructures et développement social.

L’engagement financier des partenaires

Le Groupe de la Banque africaine de développement, partenaire clé du projet, a réaffirmé son soutien indéfectible. L’institution, qui agit en tant qu’arrangeur principal mandaté, travaille de concert avec la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) pour mobiliser les financements nécessaires.

Mike Salawou, figure centrale du département des Infrastructures et du Développement urbain à la BAD, a salué les progrès accomplis. « Nos concitoyens nous attendent pour circuler sur ce corridor, pour mener leurs activités socio-économiques et faciliter les échanges commerciaux au niveau de notre sous-région », a souligné Mike Salawou, directeur à la Banque africaine de développement.

Le Groupe de la Banque a déjà joué un rôle pionnier en apportant une assistance technique et une enveloppe de 25 millions de dollars américains pour la phase de préparation, aujourd’hui quasiment achevée.

L’exemple du quatrième pont d’Abidjan

En marge des travaux, les délégations ont effectué une visite de terrain symbolique sur le site du quatrième pont d’Abidjan (https://apo-opa.co/4aP3kY3). Cet ouvrage d’art illustre l’impact concret des grands projets d’infrastructure sur la mobilité urbaine. En reliant la commune populaire de Yopougon — forte de deux millions d’habitants — au reste de la ville, ce pont a considérablement désengorgé la métropole.

La réalisation de ce quatrième pont a nécessité une mobilisation financière importante de la part de la Banque africaine de développement, à hauteur de 600 millions d’euros environ. D’autres bailleurs internationaux ont participé à ce tour de table, comme l’Agence japonaise pour la coopération internationale (JICA) avec 103 millions d’euros, et le Fonds pour l’environnement mondial avec 6,4 millions d’euros. Cet exemple de réussite sert désormais de référence pour la mise en œuvre du vaste corridor Abidjan-Lagos.